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1917

ARRAS ET LE CHEMIN DES DAMES

Après les grandes désillusions des offensives de 1915 et les tueries de Verdun et de la Somme, tous les espoirs de la France, aussi bien de la population civile que des soldats, reposent sur l’offensive du général Nivelle.

Mars 1917 : le replis allemand :

Après ses succès à Verdun à la fin de l’année 1916, le Général Nivelle devient Généralissime des Armées françaises.
Il croit pouvoir réaliser une percée décisive sur le front Ouest  en mettant en pratique la même tactique qu’a Verdun mais sur une vaste échelle.
Mais cette stratégie risque d’avorter car les Allemands, en mars, se replient volontairement,  sur la ligne Hindenburg, en abandonnant un terrain important.
Nivelle refuse de croire les aviateurs qui annoncent cette retraite.

L’offensive du Chemin des Dames.

Le 16 avril 1917, le Général Nivelle lance à l’assaut 26 divisions d’infanterie, avec de nombreuses réserves, soutenues par 2780 pièces d’artillerie lourde et 1700 canons de 75 mm.
«  A six heures, la bataille est engagée ; A sept heures, elle était perdue ».
Aucun effet de surprise n’a joué.Le jour de l’offensive, le temps est détestable, avec de la pluie et de la neige fondue.
L’échec de Nivelle est total : certes 22.000 soldats allemands ont été capturés, mais au prix de 30.000 tués et de 80.000 blessés.


Clément

Campagne Clément


Inconnus

Depuis l’échec d’avril 1917, les Alliers ont poursuivi leurs offensives durant l’été et l’automne, avec des succès mitigés : attaques locales menées par le Général Pétain, couronnées de succès, mais sans influence sur le cours de la guerre, offensive britannique de grande envergure à Ypres, qui s’est terminée dans la boue en octobre 1917, sans avoir obtenu la rupture du front.

Extrait – Atlas de la Première guerre Mondiale – Yves Buffetau


Henriette à Louis

Louis charron :

Cité à l’ordre du Régiment le 29 Septembre 1917,N° 698- Brancardier d’élite s’est distingué partout par sa bravoure et son dévouement dans la période du 15 juillet au 13 août, le 9 septembre et les jours suivant dans la relève des blessés et des morts du Régiment sous les bombardements les plus violents.

Carte d’Henriette à Louis,
août 1917

Je viens te remercier de la petite breloque que j’ai reçue hier matin, elle est très gentille et m’a fait bien plaisir.
Je t’écris sur une épreuve de moi, j’ai fait cet agrandissement ce matin et je te l’envoi de suite.
Ce n’est pas merveilleux mais aussi c’est mon premier essai.
Et les permissions sont ce pour la semaine prochaine ?
Nous allons compter les jours maintenant. Je n’ai pas besoin de te recommander d’apporter ton appareil.
Bons baisers et à bientôt, ta cousine affectionnée.
PS : J’ai adressé en même temps qu’a toi un agrandissement de la Meuse à Mr Brige, s’il te paye une bouteille tu peux la boire de bon cœur à ma santé.

 

Carte d’un copain à Louis
août 1917

Voici déjà deux jours de perm, il pleut tous les jours.
Je n’en ai que cinq.

 

Carte de Louis à sa mère
6 décembre 1917

J’ai reçu ce soir la longue lettre des tantes du 1er.
Je m’étonne que vous soyez encore sans nouvelles de Clément car, il n’y a pas de doute, il n’est plus en Allemagne actuellement, j’ai causé à beaucoup de prisonniers et d’après eux, il ne doit plus guère en rester de l’autre coté du Rhin.
Il est vrai, la lettre est du 1er et nous sommes au 6, aussi vous avez eu le temps d’avoir des nouvelles depuis.
Ici pas grand chose de neuf.
Nous avons fait répétition toute journée dans la salle de l’harmonie civile et demain nous allons commencer les concerts.
Mes meilleurs baisers.

 


Louis aux parents Lemerle

Carte de Clément à son père

 

Carte de Louis aux parents de Clément
16 décembre 1917

Cher Oncle et chère Tante,

J’ai été bien inspiré de demander ma permission pour Mulhouse ça ma permis de voir daux jolies villes, comme vous pouvez en juger par les quelques cartes que j’en ai rapportées.
C’est une occasion unique car jamais sans doute je ne reverrai ce coin du monde, aussi je suis enchanté d’avoir pu y passer une journée.
Je vous embrasse.

 

Carte de Clément à son père
27 décembre 1917

Mon cher papa,

Je t’envoi sur cette petite carte mes meilleurs vœux de bonne et heureuse année, je crois que mes espoirs de la Saint Clément se confirment.
1918 me verra rentrer définitivement et ce ne sera pas trop tôt, car j’imagine bien mal que tu as pendant que moi des journées entières je fais de la musique, mais il gèle, mais ce n’est pas dur comme travail, je serai plus utile près de toi et plus heureux…………, je ne crois pas que ce sera long maintenant, ça sent le moisi.
Je ne te demande pas le critique de ma carte car vraiment elle est trop moche, je regrette de ne pas avoir eu le temps d’une faire une autre mieux.
Bons baisers, bonne année et bon courage, ton fils qui t’aime.

 

47ème  Régiment d’infanterie

Repli Allemand

Le 16 mars, au soir, le 2ème bataillon vient dans la parc de Tilloloy, tout le Régiment s’y retrouve à l’aube du 17 ; il s’avance, à la suite du 2ème R.I atteint Verpillières à 10h.1/2, et , dans l’après-midi, le 3ème bataillon franchit l’Avre.
Le 18, le Régiment devient avant-garde de la division ;le 3ème bataillon (Commandant Lebas) atteint Ollogne et Ercheu où il reçoit quelques obus, puis le canal du Nord, où il établit une passerelle et qu’il franchit homme par homme, dans l’eau, sous le feu des batteries proches.
A la tombée de la nuit, les avant-postes sont placés à l’est de d’Esniery-Hallon, laissé en flammes par l’ennemi.
Les autres bataillons sont en réserve à l’ouest de ce village et y bivouaquent.
Le 19 mars, le 2ème bataillon (Capitaine Bihoreau) précédé par quelques reconnaissances de cavalerie, est en tête d’avant-garde.
Malgré les mitrailleuses servies çà et là par l’ennemi, il atteint Sommette-Eaucourt, franchit le canal latéral à Ham, la Somme à Estouilly.
A la tombée de la nuit les avant-postes sont établis sur la ligne Dury, Rue d’Alva, Ollezy.
Le 20, le 3ème bataillon occupe Tugny et Pont malgré des feux d’artillerie et de mitrailleuses ; le 1er bataillon est arrêté devant Saint-Simon ; le 2ème parvient à s’établir au carrefour nord d’Happencourt, à la suite d’un beau mouvement de la 6ème compagnie (Lieutenant Guérin, Sous-Lieutenant Corbel, Sergent Rouault).
Le 21 mars, le Régiment s’organise dans ses positions, il est relevé dans la journée, et sur des routes détruites, à travers un pays dévasté, il revient le 24 à Hangest en Santerre, le 25, à Ainval Septoutre, où il se repose jusqu’au 30.
Le 31 mars, il se remet en route, atteint le 6 avril la région de Nanteuil-le Audouin puis par Vauchamps, le sud-ouest d’Epernay (Saint-Martin-d’Ablois) qu’il atteint le 14, et où il revient le 18 après avoir été alerté les 16 et 17 dans le région de Cuchery, Bastieux, Belval.
De là il marche par Avize-sur-Pocancy, Vaudemanges, et le 24, il relève le 95ème R.I dans le secteur de bois de la Grille, à l’ouest et près du mont Cornillet.

Combats des Monts de Champagne.

Du 25 au 29 avril, le régiment se prépare à une attaque, sous un bombardement vif.
Le 30, il doit s’emparer du bois de la Grille et de la tranchée Léopoldhaehe.
Il est violemment bombardé avant 12h40, heure de l’assaut.
A ce moment le 3ième bataillon (Commandant Lebas) attaque superbement. Les mitrailleuses et les contre-attaques l’arrêtent. Il s’organise sur le terrain conquis. Le Commandant Lebas et la plupart des officiers sont tués ou blessés. Dans la nuit, la violence de l’artillerie ennemie redouble ; l’ennemi contre-attaque le premier mai dans la soirée, appuyé de lance-flammes ; il est repoussé. Les Capitaines Valteau et Boucher, les Sous-Lieutenants Ferraris, Picot, Lefaucheur, Bordet, le Caporal Clairon Lelay, le Caporal Lepvrier, les Soldats Desse, Mahé, Lemoel, se conduisent remarquablement.
Dans la nuit du 2 au 3 mai, le 1ier bataillon (Commandant Pinon) relève le 3ième. Le Colonel Buhler a décidé d’enlever un à un les fortins ennemis qui ont étés repérés pendant l’action et par les reconnaissances multiples qui ont étés faites ; celles du Sergent Henry, en particulier, donne des renseignements précieux.
Le 4 mai, une violente préparation d’artillerie lourde et de tranchée commence l’action sur le fortin n°2. Elle continue sur le 5. Le soir, à 20 heures, la 3ième compagnie (Lieutenant Domingo) enlève le fortin, avec un bel élan. Le sous-lieutenant de la Granville les Sergents Aoucille et Percevault, le Clairon Schwickert se distinguent. Le terrain conquis est organisé. Dans la nuit du 6 au 7, le 2ième bataillon (Capitaine Stiegler) relève le 1er, il subit une violente réaction de l’ennemi. Cependant, dans la journée du 8, il s’empare du fortin n°3. Le 9 mai, la 6ième compagnie (Capitaine Guérin) attaque à 20 heures le fortin n°4. Elle combat toute la nuit. A la pointe du jour, le fortin est en notre pouvoir. Le Capitaine Stiegler, le Sous-Lieutenant Thébault, l’Adjudant Hauvêpre, le Sergent Hue, se font remarquer.
L’ennemi ayant perdu ses meilleurs observatoires réagit moins les 1à et 11 mai. Dans la nuit du 11 au 12, le 3ième bataillon (Commandant Lebas) revient en 1ière ligne. Il y est attaqué dans les nuits des 12 et 13, résiste victorieusement et capture des prisonniers ; se distinguent : le Capitaine Valteau ; le Sous-Lieutenant Matrot, les Adjudants Chauvel et Robert, les Sergents Lefeuvre, Chapel, Orain, le Soldat Leclerc.
Du 14 au 25 mai, l’ennemi bombarde sans attaquer. Le régiment est cité à l’ordre du corps d’armée, la 6ième compagnie à l’ordre de l’armée.
Les 25 et 26 mai, les bataillons de 1ière ligne (alors 1ier et  2ième ) sont relevés par le 325ième R.I..
Le régiment revient cantonner à Pocancy, Saint –Mard les Rouffy. Il reçoit des renforts, reprend l’instruction et le 15 juin il est enlevé en camion ; il arrive à Verdun dans la nuit.
Jusqu’au 12 juillet, le Régiment participe à des travaux d’organisation en vue d’une attaque : le 14, il monte en ligne au nord de la Côte du Poivre et il continue ses travaux, repousse un coup de main le 27, subit des harcèlements par l’artillerie et des bombardements vifs et soudains.
Un violent orage dans la nuit du 29 au 30 anéantit une partie des travaux. Le mauvais temps continue et le régiment peine à entretenir les tranchés qu’il occupe. Dans la nuit du 18 au 19 août le 47ième est transporté en camions à Seigneules, Erize-Saint Dizier, La Vallée, laissant pour l’attaque une compagnie et demie de mitrailleuses qui rejoint le 23.

117ème  Régiment
1917

1917 trouve le 117ème sur le Somme (janvier févier), où au milieu des intempéries, il se livre avec énergie à un travail d’organisation dans lequel in est passé maître, et qu’il va exécuter dans le secteur de Apremont - Bois Brûlé, (mars – avril).
C’est là que le régiment est envoyé dans la région du Casque (mai), où par des combats qui durent tout le mois, il assure la possession du terrain enlevé : achève la conquête des crêtes des monts de la Champagne, d’où l’ennemi nous observe et nous menace, repousse définitivement toutes les contre-attaques des Allemands.
Peu de temps après, le 117ème est, pour ces combats, cité à l’ordre du Corps d’armée (11 juillet 1917) dans les termes suivants :

« Sous l’ardente impulsion de son chef, le colonel Pageot, a mené de front pendant 25 jours (2 – 26 mai 1917) l’organisation méthodique d’une importante position récemment enlevée, et une lutte rapprochée, incessante et tenace. Malgré les fatigues et les pertes, a pris l’offensive le 20 mai, enlevé d’un seul élan, en dépit d’une résistance acharnée,la totalité de l’objectif qui lui était assigné, s’y est organisé et maintenu au cours des journées suivantes devant de violentes contre- attaques et une réaction d’artillerie croissante »

Après sa belle victoire, le 117ème ne se repose pas sur ses lauriers, car après nous le retrouvons en contact étroit avec l’ennemi dans le secteur agité du Mont Cornillet (juin – juillet),d’où il est rappelé, à l’ouest de Reims, dans celui des Marquises (août – décembre), où il se signale par une opération locale importante exécuté au Saillant Vidalet, et qui vaut à la 2ème compagnie et à la 3ème section de la 1ère ,cette belle citation à l’ordre de l’armée (4 novembre 1917) :

« Unités d’élite, qui , sous la vigoureuse et intelligente impulsion du Lieutenant Capitan, Commandant la 2ème compagnie, et du sous-lieutenant Bouvier,ont,le 24 octobre 1917, pénétré dans la position ennemie particulièrement forte et défendue par des troupes d’élite, ont infligé à l’adversaire des pertes sensibles et ont réussi, malgré une résistance opiniâtre, à atteindre tous leurs objectifs, détruisant de nombreux abris, et ramenant 15 prisonniers »

En novembre, le Colonel Pageot, appelé au poste d’attaché militaire à l’ambassade de France à Berne, est remplacé par le Lieutenant Colonel Vergnon, qui conduira à la victoire.

Notice historique :perso.wanadoo.fr/chtimiste/batailles 1418/divers/historique 117.htm

Les offensives du Général Lundendorff

Depuis l’échec d’avril 1917, les Alliers ont poursuivi leur offensives durant l’été et l’automne, avec des succès mitigés : attaques locales menées par le général Pétain, couronnées de succès, mais sans influence sur le cours de la guerre, offensive britannique de grande envergure à Ypres, qui s’est terminée dans la boue en octobre 1917, sans avoir obtenu la rupture du front.

Extrait : Atlas de la Première guerre Mondiale – Yves Buffetaut

47ème  Régiment d’infanterie

Le  30 août, le Régiment est ramené en camions à Verdun, et poussé le 1er septembre au nord-est de la Cote 344.
Il y subit des bombardements continus, en partie par des obus toxiques.
Le 9 septembre, à la faveur d’un épais brouillard, l’ennemi attaque à l’aube.
Le 2ème bataillon (Commandant Stiegler), et le 3ème bataillon (Capitaine Boucher) contre – attaquent aussitôt.
A 8 heures à gauche, à 10 heures à droite, la situation est rétablie.
Des prisonniers restent dans nos mains, mais le 3ème bataillon est très éprouvé.
Les Sous-Lieutenants Monnier, Mariais, Bastier, Le Moing, Doret et Pestel, l’Adjudant Lachaud, les Aspirants Chaudeyrac, Groth, les Sergents Lefeuvre, Hamonet, Omnès, Henriou, Le Fourrier Menard, le Caporal Lelay, les Soldats Gicquel, Le Bail, Menier, Ronceray, se font remarquer.
Le secteur se calme peu à peu, puis, vers la fin du mois, se ranime.
Le 2 octobre, à la fin d’une nuit étonnamment calme, à 3h.20, l’ennemi déclenche sur nos positions un feu d’une violence inouïe .
A 3h.30, il attaque. Le Commandant Stiegler organise immédiatement une contre – attaque ; à 6 heures, la situation est rétablie, mais nos pertes sont sévères.
Le brave Capitaine Guérin est blessé. Le Capitaine Blanc, le Lieutenant Jan, les Adjudants Hue et Legarlantezec, les Sergents Bonnefoy et Lesaulx, le Soldat Bienassis, font preuve de décision et de belle énergie
Les bombardements continuent, puis s’apaisent le 5.
Dans la nuit du 5 au 6 octobre, à 2 heures, l’ennemi effectue une nouvelle attaque, appuyée de lance- flammes.
Le 1er bataillon (Commandant Voilot) qui la reçoit la repousse par deux contre-attaques, au cours desquelles on remarque les Lieutenants Renard et Blet, le sous-lieutenant Thion, les Sergents Le Blevenec, Brenon, Baudet, les Caporaux Renard et Crochet, le Clairon Doret, le Soldat Mahé.
Les affaires des 9 septembre, 2 et 6 octobre, voient au Régiment une citation à l’ordre de l’armée.
Les jours suivants, le calme renaît mais la pluie comble de boue tranchées et boyaux, la situation devient très pénible.
Les 16 et 17 les bataillons sont successivement relevés, les 18 et 19 le régiment s’embarque en camions à Glorieux, et il est emmené à Heiltz-l’ Evêque, Outrepont, Jussecourt, où il se repose jusqu’au 6 novembre.
Le 6 novembre le 47ème est transporté à Dieue ; dans la nuit du 7 au 8 il entre en ligne en face de la Woêvre  (Bonzee,Haudiomont).
La situation est calme. Le 30, avec 60 hommes, parmi lesquels le sergent Allain, les soldats Brousse, Peltier, Perrin, Lecorre, le capitaine Lordereau  pénètre dans les lignes ennemies et y capture un prisonnier après avoir tué les occupants d’un poste.
Le régiment reste là en décembre 1917 et janvier 1918, patrouillant, subissant peu de pertes, sous un froid rigoureux.
Le 1er février, il s’étend vers le sud jusqu’à la Côte des Hures.
Du 28 févier au 2 mars, il est relevé et employé à des travaux de la 2ème position, d’abord sur la rive droite de la Meuse puis vers les Bois-Bourrus, sur la rive gauche.
Du 22 au 24 mars, il relève dans le secteur des Chambrettes et au bois le Chaume le 9ème Zouave.
Les évènements obligent à étendre le front, de sorte que le 27, un bataillon occupe tout l’espace entre le bois des Fossés et le bois des Caurières.

 

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