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1915


François Garnier à Clément

Alliées de 1915 Les offensives

Devant l’échec du « grignotage », Joffre décide de lancer des offensives de grande envergure en Artois et en Champagne afin de provoquer la rupture de front.

L’offensive d’Artois

L’offensive lancée par l’armée d’Urbal le 9 mai 1915 en Artois est le symbole même d’une attaque gâchée.
Après quatre heures de bombardement intense, quatre corps d’armée se lancent à l’assaut au nord d’Arras.
Le succès est important et les hommes de Pétain se retrouvent en terrain libre, sans aucun obstacle devant eux. Mais ils sont isolés en avant et les réserves, qui auraient permis d’exploiter la victoire, sont gardées trop loin en arrière par le haut commandement.
Les Allemands font accourir des renforts et la bataille s’enlise.
En une semaine, les pertes françaises atteignent les 17.000 tués, 60.000 blessés, 20.000 disparus.
Lorsque l’offensive s’éteint, le 17 juin l’avance n’a pas dépassé 3 Km de profondeur.


Louis à Henriette

Louis à Aurélie

La grande offensive de Champagne

L’offensive du 25 septembre 1915 en Champagne est la plus puissante lancée par les armées françaises depuis la bataille de la Marne, un effort d’autant plus important tant qu’il est accompagné d’une autre attaque d’envergure en Artois.
La préparation d’artillerie est sans commune mesure avec ce qui s’est fait jusqu’alors :900 canons lourds sont présents en Champagne,700 en Artois.
Le bombardement préliminaire dure 75 heures, pendant lesquelles 3 millions d’obus lourds sont tirés.
Le 28 septembre, la deuxième ligne allemande est atteinte mais résiste.
Elle fit tuer en pure perte des milliers d’hommes. Les troupes de cavalerie sont lancée contre une deuxième ligne intacte ; il se forme devant les barbelés un embouteillage gigantesque sur lequel l’artillerie allemande ouvre le feu.
Devant ce désastre, le Général de Castelnau suspend l’offensive, mais Joffre lui ordonne de la reprendre le 6 octobre 1915.
Cette fois encore, la préparation d’artillerie est massive, avec des pièces à tir courbes idéales pour tirer dans les tranchées.
La deuxième position allemande est rompue à plusieurs reprises, mais les allemands parviennent à colmater les brèches.
L’offensive s’éteint sans qu’aucune victoire décisive n’ait été remportée.

Extrait - Atlas de la Première Guerre Mondiale – Yves Buffetaut


Clément - l’abri que j’ai construit en Champagne

Clément - au centre

Clément

Clément - en haut à gauche

Clément - à gauche en haut

Louis à gauche

Louis

Louis

La musique du 47 ème et le service santé

Henriette - mère de Louis - Louis

 

Carte de Clément à Henriette
18 janvier 1915

Cher sœur,

Ce matin nous avons vu partir une forte escadrille d’aéroplane française du coté de Clissons et tout à l’heure une escadrille de Boches vient de survolée Chalons.
Ils ont été violemment bombardés par nos canons.
Nous voyons des obus éclater auprès d’eux, mais nous n’en avons pas vu descendre.
Ils sont toujours au dessus de Chalons sans doute ils doivent bombarder la ville ou la gare.
Des camarades qui rentrent en ce moment disent qu’on en voit encore quatre survoler la ville.
Bons baisers et à bientôt

 

Carte de Louis à Aurélie
20 janvier 1915

Chère cousine,

En même temps à Henriette, je t’envoie une carte, comme cela il n’y aura pas de jalouse.
Seulement je te répéterai ce que je t’ai déjà dit.Secoue un peu ton immense paresse et écris moi un petit mot de temps en temps, cela me fera plaisir.
Allons au revoir et sans rancune, je t’envoi mes meilleurs baisers.
Ton cousin tout dévoué.

 

Carte de Louis à Aurélie
 2 février 1915

Chère cousine,

Je ne vois pas grand nouveau à t’apprendre encore aujourd’hui.
Depuis dimanche le temps à changé nous avons de la neige et maintenant c’est de la pluie, heureusement que nous n’avons plus à patauger dans les tranchées, car il ne doit pas y faire bon tous ces jours ci.
Ton cousin qui t’embrasse très affectueusement.


Clément - Musique du 117ème à Courmelois (juin 1915)


De gauche à droite
lieutenant Darie et le colonel Bisardu 117ème - capitaine Hugo

Coin de tranchée devant Tuisy - au fond la ligne blanche est boche

Un boyau couvert

Guetteur au créneau

Blockhaus du capitaine de compagnie de mitrailleuses

Le capitaine et son lieutenant

 

Carte de Clément à ses parents
19 février 1915

Chers parents,

Je comptais vous écrire une longue lettre aujourd’hui, mais le détachement de copains vient d’arriver, j’ai vu Jean ……..,il va au 1er bataillon, Maupuy aussi vous comprenez que nous allons causer cette après midi aussi je remets ma lettre à demain et je termine en vous souhaitant le bonjour à vous.
Votre fils qui vous aime de tout cœur

 

Carte de Louis aux Parents Lemerle
février  1915

Chers oncle et tante,

Je voulais vous écrire hier, mais nous avons donné notre 1er Concert à Warlus (4 km d’ici) toute la journée a été prise ou à peu près à monter le programme et a l’exécuter car nous ne nous attendions pas a commencer les Concerts si tôt.
Tout va bien et je suis toujours en bonne santé.
Au revoir et mes meilleurs baisers, votre neveu qui vous aime.

 

Carte de Clément à Aurélie
février 1915

Si tu as le temps d’ici, tu vas passer de tristes journées condamnées aujourd’hui dimanche à rester à la maison. Nous autres cela ne nous empêche pas de faire comme les agents de se balader tranquillement sur la ligne.

 

Carte de Clément à ses parents
18 avril 1915

Bonjour et bonne santé.
Bons baisers à tous.


Aurélie - dernier rang extrême droite


Aurélie à Clément

 

Carte d’Yvonne (cousine) à Clément
28 avril 1915

117ème Régiment d’infanterie.
Secteur Postal n° 69

Cher Clément,

Tu ne connais pas le petit coin que t’envoie aujourd’hui ? (Mouzillon – Loire-Inférieure).
Peut être le connaîtras tu un jour et y passeras tu quelques joyeux moments !
Tu devines que je fais un court séjour dans ma future famille et en profite pour t’envoyer de là un affectueux souvenir.
Ton pied est il guéri ? Cours maintenant comme les lièvres de Martigné qui doivent s’en donner a cœur joie cette année ; mais je suis sure que tu te promets de leur faire payer avant l’année prochaine.
Cette année tu vas te contenter des Boches n’est ce pas ?
Mais quel désagréable gibier !
Continue tu a être gai ! C’est un signe et une cause de santé !
Tous t’embrassent tous bien affectueusement, j’ai promis de faire la commission.

 

Carte de Louis à Henriette
4 mai 1915

Chère Cousine,

Je viens comme je l’avais promis te remercier de tes cartes de Nantes, j’ai reçu hier vos lettres du 29 et du 30 avec le mandat et aujourd’hui celle du 1er mai.
Maintenant que le courant est rétabli je vais continuer à vous écrire tous les jours pour que vous n’ayez  pas à vous inquiéter sur mon sort.
Bons baisers à toi et à toute la famille.

 

Carte de François Gasnier (oncle) à Clément
6 juin 1915

Mon cher Clément,

Enchanté d’avoir reçu de tes nouvelles et surtout que tu t’en es tiré à bon compte après ces terribles batailles que j’ai espoir que cela finira bientôt et que nous puissions nous retrouver à Martigné après la guerre, écrit moi de temps en temps cela me fera plaisir, ton oncle qui t’embrasse.


Un ami à Clément


Clément - 1er rang - 4ème à partir de la droite


Prisonniers boches transportant des blessés en septembre 1915

Les musiciens du 117ème dans une tranchée en attendant l’attaque - septembre 1915

Les musiciens dans la même tranchée

Le Bois la Raquette - septembre octobre 1915

 

Carte d’Aurélie à Clément
17 juin 1915

Cher Clément,

Un petit bonjour à la hâte ce matin. Quel dommage qu tu n’aies pas où ramasser une barrique de cidre : ton père en a acheté du très bon hier à 18h.
Les journaux de la région parlent de faire boire du cidre à nos soldats, mais je ne sais pas s’ils trouveront un bon moyen pour l’expédier.
Bons baisers, bon courage, je t’aime de tout mon cœur.

 

Carte de Madeleine à Clément
8 août  1915

Mon cher Clément,

Toujours paresseux a écrire depuis quinze jours. Je n’ai pas trouvé un instant pour te répondre et te remercier de tes souhaits mais je m’en acquitte aujourd’hui,excuse mon retard.
Je t’avais écrit la veille que j’ai reçu ta carte.
Je ne t’oublie pas, encore une fois merci et bons baisers.
Papa est un peu mieux

 

Carte d’Yvonne à Clément
17 septembre 1915

La permission est arrivée, bon souvenir et à quand ton tour ?

 

Carte de Clément à ses parents
12 octobre 1915

Aujourd’hui, je vous envoi qu’un petit mot, mais en revanche des cartes postales.
Je ne me suis pas encore payé le luxe d’aller voir ces pays, mais cela viendra bien (St Palais – Côte d’Argent).
Hier nous sommes allé à  Morange  manger des huitres dans le parc même.
Morange est plus loin de la côte qu’ici mais l’eau vient par une sortie de canal.
Bons baisers à tous, Bonne santé

 

Clément à Henriette
27 octobre 1915

Enfin les voila les fameuses photos, elles se sont fait assez attendre.Vous pouvez juger que je n’avais pas encore trop mauvaise mine, ou plutôt déjà ce jour j’étais bien mieux.
A ma droite se sont les deux autres musiciens blessés en même temps que moi.
Celui du milieu c’est Dupré, un parisien et l’autre petit c’est le social Baubé de Renazé, j’ai reçu aujourd’hui un colossal courrier.Pourtant que deux lettres de vous .
L’une du 24 contenant un petit billet et l’autre de 26, il me manque donc celle du 25 ce sera sans doute pour demain, j’ai avec cela des nouvelles de Richaud, de Lecoq, de Le Chat du Mans, d’un musicien évacué à Angers, d’un autre évacué à Bagnière de Bigorre, voyez que cela ne manquait pas.
J’aurais voulu écrire longuement aujourd’hui mais comme nous allons partir à la gare de……………. Ceux qui partent. Je ne vais pas pouvoir en mettre bien long.
Pourtant je veux vous remercier et vous complimenter papa pour avoir dégoté un furet et je ferai remarquer en même temps … (suite ?)

 

Carte de Clément à ses parents
octobre 1915

Chers parents, je vous écris seulement quelques mots aujourd’hui d’abord pour vous rassurer sur mon état qui est très bon et pour vous donner mon adresse.
Je suis à Bayonne à l’hôpital Militaire.
Le train d’avant a été à Biarritz, une partie du mien a été à Tarbes et une autre à Pau.
Mon état n’est pas grave, c’est un éclat d’obus qui m’est entré par les reins et est sorti par le bas de la fesse gauche. Je l’ai retrouvé hier au soir dans mes souliers.
Je le garde précieusement.
Ecrivez moi le plus possible et envoyé moi un peu d’argent mais pas en mandat, j’en ai encore je ne pense le changer. J’ai encore de l’argent mais j’aime mieux an avoir un peu en réserve.
Bons baisers à tous et peut être à bientôt.
Votre fils qui vous embrasse.

 

Carte d’un camarade à Clément
17 octobre 1915

Cher camarade,je te remercie beaucoup de ta carte, j’espère que tu es en bonne voie de guérison et que tu ne souffre pas trop.
Je suis toujours le même, inutile de te dire ce que je pense, pour l’instant.
La santé est bonne et nous sommes toujours dans le même endroit.
Je t’assure que cela me ferait un grand soulagement de n’être plus sous les marmites,  qu’elle souffrances j’ai enduré depuis le 25.
Je te souhaite un bon rétablissement et meilleure santé, te serre cordialement la main

 

Carte de Clément à Louis
27 octobre 1915

Je t’envoi aujourd’hui ma tête ainsi que celle de deux camarades enterré en même temps que moi et qui sont encore à l’hôpital avec moi.
Comme tu le vois malgré l’imperfection de la photo je n’ai pas trop mauvaise mine bien au contraire, et je compte dans les quelques jours que je vais passer à Martigné, me refaire encore mieux la fraise.
Il y a un départ aujourd’hui mais je n’ensuis pas encore, ce sera la semaine prochaine probablement.
J’ai reçu ce matin des nouvelles de Richard qui me dit que tout est calme par chez nous. J’ai aussi le bonjour à te souhaiter de Joseph Lecoq avec qui je communique toujours.
Bon voyage et bonne chance.
Ton cousin qui pense toujours à toi.

 

 

Carte de Clément à ses parents
19 octobre 1915

Je n’avais pas eu de nouvelles hier, mais revanche aujourd’hui j’ai double ration.
Rien d’intéressant sauf que c’est demain la foire à Breuillet, peut être le pays sera-t’- il un peu plus mouvementé.
Votre fils qui vous embrasse affectueusement.
PS : J’avais pensé qu’il y avait un train le soir à partir de Nantes, et les 15 kilomètres ne n’effraye guère à faire à pied.
Nous en reparlerons ces jours ci.

 

Carte de Lucien de Goisnan (copain) à Clément
19 octobre 1915

117ème  Infanterie Hôpital auxiliaire n° 109
Breuillet
Charente Maritime

Cher copain,

Je reçois à l’instant ton aimable carte qui m’a bien fait plaisir en te sachant hors de cette terrible guerre.
Je suis en bonne santé et crois que la semaine prochaine, je serai au pays pour quelques jours, car déjà mes blessures sont guéries.Alors mon vieux Clément bon courage et espérant  se revoir au pays pour le plus longtemps possible.
Bonne et cordiale poignée de main.

 

Carte d’Henry  Chevalier à Clément
22 octobre 1915

Cher ami,

J’ai reçu ta carte aujourd’hui et je suis très heureux de te savoir en assez bonne santé ainsi que Baubé,pour moi le santé est bonne et ce matin il y avait la visite générale alors je pensais partir,mais le docteur n’a pas voulu et il m’a dit qu’il me gardait,je t’assure que je suis fâché,alors maintenant j’en ai pour  quinze jours au moins,ou alors il se trouvera autre chose.
Pour le moment je ne vois pas de nouveau à te dire, mais ce que je te demande ainsi qu’a Baubé, c’est de m’écrire souvent.
Bon ami qui te serre cordialement la main ainsi qu’a ce vieux Baubé.

 

 
Clément père et fils

47ème Régiment d’infanterie

Le 9 mai, le 2ème bataillon (Commandant Le Guern) attaque en première ligne.
Dès le départ, il subit de lourdes pertes, ne progresse pas.
Le 1er bataillon reprend l’attaque dans l’après-midi.La 4ème compagnie est magnifique,elle ne réussit pas.Le Commandant Moreau,le Capitaine Dubois,le Lieutenant Baudoin,Le fourrier Touffet,les Sergents Simonneau et Lainé,le Médecin-auxiliaire Rival se font remarquer.
Du 13 au 25 mai,le Régiment très éprouvé est mis au repos ; le 26, il est amé à Sainte-Catherine, le 27 il occupe le secteur de Roclincourt, le 30 il appuie une attaque d’un Régiment voisin, la 11ème Compagnie a une brillante conduite.
Mis au repos du 2 au 5 juin, il reprend les tranchées dans la nuit de 5 au 6 pour attaquer le Labyritnthe, ce qu’il fait le 6.Après d’héroïques efforts, le Commandant Le Guern et son 2ème bataillon enlèvent le « Triangle »contre lequel toutes les attaques précédentes s’étaient brisées ; le Capitaine Daré y plante un drapeau et y est mortellement blessé.
Le Commandant Le Guern est atteint, la plupart des Officiers tombent.
Le 2ème bataillon est relevé le 7 par le 3ème  (Commandant Dufaure De Cistres) qui attaque le 8 le fortin dit « la salle des fêtes »après un assaut héroïque et qui s’y maintient malgré les contre-attaques, des bombardement du plus gros calibre et l’explosion d’une mine.Au cours de la progression, le Sergent Gastard tue à lui seul 12 allemands.
Le bataillon a capturé de nombreux prisonniers et un important matériel, mais les pertes sont très lourdes ; le Commandant Dufaure  De Citres est tué avec beaucoup d’officiers et de soldats.
Le Régiment est relevé. Il arrive à Etrun le 10, y reçoit le 12 un gros renfort et remonte aussitôt  en secteur.
Le 13 juin, le 10ème et 11ème compagnies s’emparent, sous un feu vif de mitrailleuses, de la 1ère ligne ennemie ;leur attaque sue la seconde ligne est décimée ;le 14, à la grenade,la 11ème compagnie s’empare d’une barricade fortement défendue ;le 15 ;le 3ème bataillon est mis en réserve et le 16,à midi,les deux autres bataillons attaquent,la charge sonnée au clairons.
Les mitrailleuses fauchent la 1ère vague,la 2ème ,dans un assaut furieux la dépasse ;un réseau intact l’arrête.Elle s’accroche au terrain.A 16 heures,la 9ème compagnie livre un 3ème assaut,s’empare d’une tranchée,s’y maintient deux heures et l’abandonne que lorsqu’elle est sans officier et sans munitions.
L’aspirant Van Gaver, qui la commande est tué.A 20 heures,les 10ème ,11ème et 6ème en réserve, dans un 4ème assaut,s’emparent de la tranchée.
Ils ne peuvent s’y maintenir.Les pertes sont très graves.Le commandant Moreau et le Capitaine  De Marolles sont tués.
Au cours de ces journées,parmi des centaines de sacrifices obscurs et de dévouements héroïques, se signalent.les Capitaines Joseph,Le Masson,Blanc,les Lieutenants Le Guennic,Le Vasseur,Corbel,les Adjudants Jegu, Noury, Pontruchet, Hubert, les Aspirants Le Guern, Elie, les Sergents Le Corre, Morinière, Pinson, Piodevin, Le Fourrier Deshayes, les caporaux Hingouet,Ruellen, Le Basset, le clairon Levrier, les Soldats Le Tort, Lebon, Delahaye, Le Quellenec, Le Quellenec, Le Floch, Le Henaff.
Relevé le Régiment se repose à Etrun du 18 au 22 juin.
Le 23 il est remis en ligne.La 10ème compagnie s’empare d’une barricade que l’ennemi s’efforce en vain de lui reprendre.Le 29 au cours de la relève, le Lieutenant-Colonel Morris est blessé mortellement.
Le 30,le régiment est mis au repos à Etrun ;il reçoit le 1er juillet le Lieutenant-Colonel Buhler, un renfort de 600 hommes,et il revient en ligne le 6 juillet.
Le 10 juillet,le 1er bataillon attaque sans réussir .Le 12 au moment où le 3ème  bataillon va attaquer, l’ennemi nous prévient et se jette sue nos lignes.
Il est reçu rudement, n’obtient aucun résultat et ses débris refluent en désordre dans ses positions.
Le 14 juillet le régiment est relevé.Il passe au repos, à Hauteville, deux semaines et emmené en camion à Amiens, s’embarque le 30 à Longeau, débarque le 31 à Révigny.
Il rets à l’instruction du 1er au 12 août à Laheycourt-Auzecourt,et le 13,il se dirige vers le front de l’Argonne (partie ouest).
Le 19 août, le 47ème occupe le secteur de Servon, il l’organise en vue d’une attaque.

Carte de « Ducliere » à Clément
26 octobre 1915

Cher ami,

J’ai bien reçu ta petite carte, sur laquelle tu me dis que tu m’écrirais plus longuement les jours suivants, depuis lundi 18, que j’ai reçu ta carte, j’attends ta lettre,le matin ne recevant rien, je me dis, ça sera pour ce soir, et le soir encore rien, ça sera pour demain matin, enfin, je comprend que tu m’as envoyé une petite carte aussitôt ma dernière lettre reçu pour me remercier de ma photo et aussi pour savoir ma nouvelle profession, la voila,  (….texte en sténo….), je ne t’en met pas plus long, si tu connais la sténographie tu pourras déchiffrer cela !
Sinon, je te le dirais de vives voies à Martigné, vers la fin de la semaine je crois, car ta sœur, Henriette a apporté tes souliers à réparer, me disant que tu comptais t’enrevenir vers la fin de la semaine, donc à bientôt le plaisir de se revoir et de trinquer ensemble car tu sais ma bouteille est toujours à coté.
Ton ami qui te sert cordialement la main.

 

Carte de Léon Decamp à Clément
28 octobre 1915

Garde du drapeau
117ème d’Infanterie
CHR- 69

Mon vieux Lemerle,

Remerciement pour carte collective du milieu de ce mois, suis heureux de te savoir en voie de guérison – Bonne continuation et agréable convalescence – Toujours pareil au Régiment sommes dans période de marche,pour avoir un peu de repos.
Cordiale poignée de main.

 

Carte de ………. à  Clément
29 octobre 1915

Suis bien, mais peu touché, pas tout a fait esquinté.
C’est bien étonnant que je sois vivant, pour recommencer malheureusement !
Bonne poignée de main.

 

Carte d’ Alexandre Glédel à Clément  (père)
29 octobre 1915

Je ne voudrais pas laisser cette fin d’année que personne ne regrette sans vous présenter mes vœux les plus sincères pour le retour pour l’année 1916 de votre fils, à qui je souhaite de revenir indemne.
Recevez mes meilleures amitiés.

PS : lorsque vous écrirez à votre fils souhaitez lui un bon jour de ma part.

 

117ème  Régiment  d’infanterie

Au début de 1915, le 117ème est en Champagne, ou il livre de rudes combats au nord de Perthes (21 février, 9 mars).
Ses trois bataillons, successivement engagés, s’accrochent au terrain, qu’ils défendent contre les contre- attaques allemandes sans cesse renouvelées.
Après ces quinze jours de bataille et avoir pris part à la meurtrière lutte de mines de Souain (12 au 15 mars), le 117ème est relevé, non pas seulement pour être mis au repos, mais encore parce qu’on le destine à coopérer à une importante opération pour laquelle le Haut Commandement prépare des unités choisies parmi les meilleures.
Dans ce but, le régiment est maintenu à l’entraînement au Sud Est de Reims jusqu’au 25 septembre, jour où il se range parmi les troupes qui vont exécuter l’offensive de Champagne (septembre – octobre).
Il suit d’abord comme premier soutien des troupes d’attaque et défend le terrain conquis.
Puis il passe en première ligne et, le 6 octobre, s’élance magnifiquement sur les lignes de l’Epine de Védégrange.
Il se heurte dans un assaut meurtrier à de sérieuses défenses, et, malgré de fortes pertes, défend la position pendant 15 jours.
Après cet effort prolongé le 117ème est ramené vers l’arrière, pour être reconstitué.
Nous allons le retrouver en ligne dès les premiers jours de 1916.

Notice historique – perso.wanadoo.fr/chtimiste/batailles1418/divers/historique 117.htm

Carte de Gustave Lemerle (oncle) à Clément
29 octobre 1915

Mon cher neveu,

Nous avons eu de tes nouvelles par la carte que Madeleine a reçu ce matin, nous sommes heureux de constater que tu vas de mieux en mieux et une hâte que tu sois bientôt………
Nous t’attendons avec impatience, tu nous donneras des détails.
Tout le monde se joint à moi pour te souhaiter une bonne santé et à bientôt.

Ps : Ecris nous au plutôt pour nous annoncer ton arrivée, avons vu  Aurélie ces jours ci.

 

Carte de Clément à Henriette
octobre 1915

A Mademoiselle Henriette qui dans sa lettre du 24, elle devait être bien pressée,j’ai eu beau la lire deux ou trois fois je ne comprenais pas bien.
Il est fortement question de furet, chiens, lapins, vus ou tués je ne sais pas bien.
Elle m’expliquera ça dans une dizaine de jours.
L’idée est très très bonne que papa vienne m’attendre à Chateaubriand.
Je vous télégraphierai de Nantes, et sûrement n’ayez crainte,il n’y a pas loin de Martigné – 15 kilomètres c’est vite fait.
Expliquez moi donc ce qu’il en est de la chasse,ont peut chasser avec des chiens et un furet ?
Pour aujourd’hui je ne vous envoie que ces deux photos, j’en enverrai une ces jours ci à Aurélie, qu’elle patiente 26 heures, je vais envoyer une à Louis tout à l’heure.
Le Bonjour à tous.

 

Carte d’Alexandre Glédel à Clément
29 octobre 1915

Reçois de ton oncle actuellement métallurgiste (Rouen) ses meilleurs vœux de nouvelle année et qui sont si je ne me trompe pas le prochain retour de son petit frère et de Louis Charron.
Je t’embrasse de tout cœur – Ton oncle qui pense souvent à vous tous.

 

Clément Lemerle - 20 novembre 1915 au 2 décembre 1915 -Dépôt

Clément Lemerle  -  3 décembre  1915 au 14 juillet 1918     -Armées

Lettre de Clément à sa sœur Henriette
15 juillet 1915

Je comptais écrire très longuement mais ce matin messe en musique, épluchage de pommes, soupe et tout à l’heure concert pendant la fête nautique sur le canal et match de foot, et pourtant il est temps que je t’envoi mes meilleurs vœux pour qu’ils arrivent à temps voulu.
Bonne fête, Bonne santé, Bon courage et merci mille fois de ton amabilité pour moi.
Oui cher Henriette comme je t’envoi des remerciements et combien je devrais être reconnaissant.
Mais maintenant je n’ai pas d’autre moyen que de te remercier sans cesse.
Les quelques fleurs que je joins à ma lettre sont bien peu de chose.
Elles sont du front, c’est tout, ce midi encore elles ont entendu siffler les obus qui s’en allait s’abattre sur Villers et Derzy. Nous ne recevons rien depuis un moment.
C’est toujours très calme. Ce midi encore nous avions un prisonnier à Courneley, il s’est fait chauffer cette nuit.
Il était des plus heureux et comme il causait un peu français il ne se gênait pas pour nous raconter des blagues.
J’ai reçu la lettre de papa ou il me raconte brièvement son voyage à Nantes et me parle de l’arrestation de Philippe.
Je m’attends ces jours ci à recevoir le développement. Il me demande l’adresse de mon fournisseur  de plume. Et bien c’est moi j’en suis marchand depuis trois mois. En ayant eu un gros stock.
Je suis contraint de l’écouler et heureusement il est presque fini.
Mais j’aurai pu en mettre une neuve c’est un oubli de ma part. Et j’en ai toujours, il faut me pardonner.
J’aurai voulu avoir quelque chose à t’envoyer mais, mais à peine si je pourrai livrer la commande d’Aurélie, je n’ai encore rien.
Je suis obligé d’arrêter il est l’heure. J’aurais pourtant rempli facilement mon papier car je me sens en veine de prose.
Embrasse tout le monde pour moi, Bonne fête, Bonne santé.
Un frère qui t’aime et qui t’embrasse et qui pense à toi.

 


Marie, une de Marie Josèphe Perrois
future femme de Clément

Marie Josèphe Perrois à un oncle

Une amie à Marie Josèphe Perrois

Une amie à Marie Josèphe Perrois


Une amie à Marie Josèphe Perrois


Une amie à Marie Josèphe Perrois

Le gros Marcel - Basse - classe 1908

Jacques Liebault dit le gros Jacques
ou le sanglier de Bruilon - chef d’escouade de la 4ème

Bidault Fernand fort mangeur
En pince pour les artichauts

Laurent dit le Poussu ennemi héréditaire
de la Rosière - contrebasse Mi classe 11

Pêcheur dit Nénesse - bugle classe 1911

Marceau Blin chef de la 1ère escouade
Contrebasse - classe 11

Almire Moreau - futur maire d ’Ambière

Mathias Woll - dit le controleur
trombonne - classe 1908 - tué à Verdun 2 août 1916

Marcel Poulain - dit « la pouliche »
Musicien d’ordinaire parti faire des obus à Panam

Boursier - ordonnance du chef

Papin dit la Milesse - alto classe 11

Paulain dit « ptit Jean »
Classe 1913 - trompette

Guillemot dit « Manus » commissionné
Gas de che nord - clarinette solo

Rateron dit «la gonzesse » classe 11

Heker Henri

Lochet - tambour dit « le traitre » ou « l’amant de Sarah » parti faire des obus

Lavenhard - ancien musicien, archiviste devenu infirmier, rentré par demande comme soldat à la 7ème compagnie.
Ingénieur ayant présenté appareil pour tir sur aéro

Meignan dit « Sémaphore » ou « adjudant courant d’air » flûte - classe 11

Baubé dit «  la Bouble » trombonne
classe 10

Monnier dit « la soupe » saxo tenor
classe 10

Dupré dit « Tabarin » flûte classe 13

Louis Mauffroy classe 1909

Mille

Georges Roth dit « Rigolo »
contrebasse Si  classe 12

Martin -  cycliste brancardier du 2ème Bat

Monsieur Douglas ou Mrs Nègre de la garde du drapeau

 

Lettre de Louis à Henriette
11 juillet 1915

Il y a quelques jours je songeais que peut être j’aurais le plaisir d’aller te porter mes vœux à Martigné, c’était vouloir marcher un peu trop vite, et comme il fait en somme meilleur vivre d’espoir que de souvenir je suis tout à fait résigné à attendre encore une quinzaine le moment de ce bienheureux voyage.
Seulement il me reste à t’écrire ce que je ne pourrai te dire de vive voix,et c’est pour cette belle occasion que je sort aujourd’hui mon porte-plume à l’eau ; tu l’étrennes, aussi ne fais pas attention aux pâtés et bavures dont je vais consteller ma lettre.
Bonne et heureuse fête ma chère Henriette, bonne et excellente santé.
Je te souhaite beaucoup de patience tant que durera cette malheureuse guerre, et souhaite surtout qu’après nous nous retrouvions tous joyeux et très bien portant.
C’est le principal de mes vœux ; et je demanderai au Bon Dieu, comme tu le feras toi-même j’en suis sur qu’il soit le premier exaucé.
J’aurais voulu t’offrir comme cadeau de fête un objet qui fut en même temps un souvenir de la Campagne, mais je ne possède rien en ce moment ci qui vaille le peine d’être envoyé ; je vais tacher dans mes allées et venues de trouver ce que je cherche, et j’irai moi-même te le porter bientôt.
AH ? puisque j’en suis à parler de ce fameux voyage, je vais te donner à ce sujet les derniers canards lancés ici.
Le Régiment va être relevé demain ou après-demain pour aller prendre un repos de 8 jours puis il reviendra passer une semaine aux tranchées, et alors ce sera un long repos de vingt jours, avec des permissions à la clé.
Par exemple, ce qui me chiffonne, c’est que ces permissions sont parait il, réduite à 4 jours ;sais tu que je n’aurai pas de temps a pérorer si je veux vous raconter toutes mes aventures en 2 fois 48 heures ;enfin en marchant vite,j’espère y arriver quand même,quitte a attraper un petit mal de gorge, dont j’aurai toujours le temps de me guérir une fois de retour au front.
J’étais hier aux tranchées et j’y retournerai ce soir pour la dernière fois.
Comme la 11ème Compagnie se trouvais très éloignée de nos sapes et que nous ne pouvions nous absenter longtemps le travail pouvant se présenter d’u n moment à l’autre, il m’a été impossible d’aller prendre des renseignements sur Pehuet ; peut être aurais je plus de chance demain, en tout cas je ferai tout mon possible pour savoir quelque chose.
Il va falloir que je demande à Clément vers quelle date il compte avoir sa permission ; quelle chance et quel plaisir pour nous deux si nous pouvions nous rencontrer à Martigné ; cette fois je crois que vous pourriez vous boucher les oreilles, car s’il a le verbe aussi haut que moi maintenant, à nous deux nous serions capable de vous rendre sourds.
Par exemple nous pourrions faire un concours pour le nombre et l’originalité de nos aventures ; certes pour les aventures tragique il serait à peu près certain de remporter le 1er prix, mais pour les histoires comiques, je crois que mon sac est mieux garni que le sien, et c’est alors que vous pourriez vous payer une crise de fou rire, jamais vous ne vous imagineriez qu’on pus passer de pareils moments à la guerre.
Mais je ne peux pas en dire plus long, de crainte de vous rendre difficile et le jour venu de m’exécuter de ne pas être à la hauteur de mes promesses.
D’ailleurs les pages se remplissent peu à peu et je ne voudrais pas te quitter sans revenir au sujet qui doit faire le fond de ma lettre je veux dire ta fête.
Je t’ai présenté mes vœux, il me reste à te dire toute ma reconnaissance pour la régularité que tu as mise à me donner chaque jour de vos nouvelles à tous.
Sans doute il y a bien du plaisir à venir causer un peu avec les absents, mais c’est aussi une corvée et je ne saurais trop te remercier de t’en être si bien acquitté jusqu’ici.
J’espère que tu continueras, ta régularité a été et restera le plus sur garant de la mienne, à qui elle sert de modèle et d’encouragement.
Allons, ma chère Henriette, au revoir et à bientôt.
Crois à la sincérité de mes vœux et à mon affection.
Ton cousin qui t’envoi ses meilleurs baisers ainsi qu’a toute la famille.

 

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