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1914


Saint Malo ou s’installerons les Lemerle en 1920


Carte de Clément à Aurélie
Au premier plan Clément tenant une marmite


Clément


Clément à Aurélie

     
Carte dessinée par Clément à Louis

Les plans militaires et les armées européennes.

A peine la guerre de 1870 est elle terminée que les états-majors français et allemand pensaient à l’inévitable revanche et préparaient des plans offensifs et défensifs.

Le plan allemand

Le plan Schlieffen prend en compte une donnée stratégique de 1ière importance : en cas de guerre sur deux fronts, il sera nécessaire à l'Allemagne de vaincre la France d’abord, avant de se retourner contre la Russie. La durée de la mobilisation russe estimée à six semaines, impose une victoire éclair sur le front ouest.
Tactiquement, Schlieffen prévoit une invasion de la Belgique et du Luxembourg(pays neutres) par une aile droite allemande littéralement  hypertrophiée : 53 divisions active, sans compter les formations de réserve et de remplacement, alors que l’aile gauche ne compte que 8 divisions, chargées de tenir l’Alsace.
Cette aile droite doit s’enfoncer loin en Belgique avant de se rabattre sur le nord de la France et d’envelopper Paris par l’ouest pour prendre à revers toutes les armées françaises.
Le plan est audacieux et risqué.

Extrait atlas de la 1ière guerre mondiale- Yves Buffetaud.

Carte  de Clément à Louis   (voir carte)
1914

Musicien- Caserne de la Victoire
St Malo

La barbe

 

Carte de Clément à  sa mère
 Février  1914

Chère mère,

Nous sommes allés en marche cette après-midi, pendant la marche un type de ma chambre a été obligé de décaler, il était enrhumé depuis un moment, et a été obligé de rentrer au quartier accompagné d’un caporal.
Nous avons fait environ 23 kilomètres le sac complet, je n’étais pas fatigué du tout et comptais faire un petit tour en ville ce soir.
En arrivant dans la chambre, Boum, le Commandant Major et son aide étaient là à nous attendre pour tous nous examiner, puis comme récompense ils nous consignent pour 10 ou 12 jours.
M….de , voilà le mot qu’a tous nous a échappé.
Et l’on va l’être sérieusement car le type toussait au moins depuis quinze jours et portait en lui le germe de la rougeole . Comme je vous écris ces mots les infirmiers viennent désinfecter le coin de la chambre où il restait et des copains emportent son lit et paquetage pour qu’il soit désinfecté.
Le matin aussi nous avions prédit quelque chose de pas ordinaire.
Dès le 13 février, un vendredi .Ce n’a pas manqué. Tu vois d’ici l’amusement de rester pendant une dizaine de jours dans le chambre, ou la cantine encore à laquelle nous n’avons plus droit, mais le plus terrible c’est que s’il y a des permes ce mardi gras, nous risquons de nous taper, enfin faut pas s’en faire comme ont dit, se ne sert à rien mais c’est embètant tout de même d’être 12 jours sans sortir.
Si ce que vous me disiez  l’autre jour que les consignés  n’avaient pas le droit d’écrire avait été vraie, vous auriez été bien surpris, mais heureusement il n’en est rien et vous recevrez toujours autant de mes nouvelles car j’en aurai bien le temps.
Quand nous sommes rentré de la marche notre malade était déjà à l’hôpital.
Je ne demande plus qu’une chose c’est de l’attraper, mais je ne chercherai pas bien au contraire mais si elle venait ma foi tant pis.
J’en vois un ce soir qui revient de faire huit jours d’hôpital, qui fiche le camp demain pour une convalescence  de 18 jours. C’est chic.
Je suis obligé d’écrire sur ces cartes faute de papier, c’est la même collection que celle à grand-mère.
Tu vois que ce monument  surmonté de la statue  du général Chanzy, tout en grandeur naturelle n’est pas trop mal.
Voila les copains qui prennent la garde demain qui se mettent a astiquer sur la table et je ne vais pouvoir écrire.
Je vous enverrai de nouvelles dimanche; Ecrivez moi, cela me désennuiera .
Si vous avez quelque chose de pas mal à lire envoyez le moi aussi.
Je termine en vous embrassant tous, mais pas trop fort, car si j’avais le germe de la rougeole  vous risqueriez de l’attraper, la chambre qui passe par la notre va être consignée.
Ne vous tracassez pas, et bientôt d’autres nouvelle

 

Carte de Clément à Aurélie

Chère sœur,

Je suis définitivement habitué depuis que j’ai vu ce matin les bleus arriver, je me prenais déjà pour un Piérrot. Aussi je fais de l’exercice sérieusement, aujourd’hui j’ai manœuvré toute la journée. Hier j’étais au mess des sous off,c'est-à-dire faire la vaisselle, puis essuyé plus de 200 assiettes, 50 bols,10 soupières et d’avantages de plats et cela répété deux fois, hier midi j’ai eu fini à 1 heure, et l’on me dit de remonter dans ma chambre en attendant l’exercice, je monte donc me coucher ou sur mon lit je m’endors, tout à coup grand potin dans l’escalier, je me relève c’était les autres qui revenaient de marche, il était 8h20, j’avais dormi toute l’après midi sans être dérangé.

Embrasse toute la famille pour moi

La stratégie offensive

L’armée française dispose de 44 divisions d’infanterie et de 10 divisions de cavalerie active, mais la mobilisation des divisions de réserve et des territoriaux porte les effectifs à 3.580.000 hommes.
Dès que la concentration des troupes aux frontières sera effectuée, celles-ci passeront à l’offensive.

La 1ère armée doit entrer en Alsace pour y fixer des forces allemandes.
La 2ème armée doit avant tout protéger Nancy.
La mission de la 3ème armée  est d’arrêter toute offensive en provenance de Metz.
La 4ème armée, tenue en deuxième ligne peut intervenir en soutien soit de la 2ème armée, soit de la 3ème armée.
La 5ème armée a un rôle  essentiel: se porter en Belgique pour faire face à une éventuelle violation de la neutralité belge.
Elle serait accompagnée par la 3ème et 4ème armée et couverte par le corps de cavalerie.
Ceci prouve que Joffre a bien pressenti la manœuvre allemande.
Mais il s’est trompé sur le poids de l’aile droite allemande.

Extrait Atlas de la première Guerre Mondiale- Yves Buffetaut

Carte de Louis à sa mère
26 février 1914

Saint Malo                                                              

Chère mère, deux mots seulement, car je suis consigné et n’ai pas de papier à lettre. Je ne pourrai m’en aller dimanche, car nous faisons des marches d’épreuve demain, samedi, lundi et mardi.
D’ailleurs, comme je te l’ai dit j’ai attrapé de la consigne ce matin (4 jours) pour un motif stupide.
Un musicien est allé ce matin à l’infirmerie se faire soigner un pied.Le chef lui colle huit jours de salle pour ne pas avoir demandé de permission, et comme je suis de semaine, je trinque aussi pour l’avoir laissé sortir.
Mais je m’en moque, ça me permettra de me coucher un peu plus tôt pendant les marches, et je serai moins fatigué.
Je suis allé chercher mon colis mardi l’après-midi, j’y ai trouvé de très bonnes choses et vous en remercie, tous en vous faisant mes compliments sur vos talents culinaires.
Je vous écrirai plus longuement dimanche prochain.
Mille baisers à toi et à toute la famille.

 

Carte de F Couaron à Louis
1914

Musicien au 47ème au Champ Coetquidan
Ille- et- Vilaine

Bonjour à toute la maison.

 

Carte de Clément à Madame veuve Charron (mère de Louis)
1914

Pas de permission

 

Sarajevo et les déclarations de guerre

Le 28 juin 1914, l’héritier de la couronne autrichienne, l’archiduc François-Ferdinand, est assassiné à Sarajevo.
En à peine un mois, l’Europe bascule dans la guerre et avec elle le monde entier, en raison de l’étendue des empires.

La mobilisation générale en France

Devant les risques de guerre, la France mobilise le 1er Août 1914.
Le Président Poincaré annonce : »la mobilisation n’est pas la guerre ».
L’Etat- Major redoute une forte proportion de réfractaires, estimée à 13%, en raison du poids des mouvements anarchistes et de l’assassinat de Jaurès.
Mais on recense moins de 1,5% de déserteurs: la mobilisation se déroule mieux que prévu.
Une sorte d’état d’euphorie entraîne tout sur son passage.

Extrait Atlas de la Première Guerre Mondiale-Yves Buffetaut.

Carte de Clément à Aurélie
5 mai 1914

Merci beaucoup à Henriette de sa lettre et de ses timbres, seulement dit lui que la prochaine fois elle fera bien de les mettre dans du papier de soie, tous deux étaient collés pour de bon.
J’ai été plus d’une heure à les décoller mais j’ai enlevé passablement de papier à ma lettre mais j’ai réussi au bout d’un moment à reconstituer les phrases et j’ai vu les nouvelles de la musique.
C’est épatant du moins ça va le devenir, nous reste à savoir ce que cela durera, des solistes semblable ce sera vraiment épatant. Je t’envoi à toi aussi une carte mais tu es pour cela à l’amende d’une lettre en rab naturellement.
Nous mouillons pas mal depuis 2 jours surtout hier au soir, mais à ma place l’eau n’est pas tombée dans la tente.
Nous n’allons pas avoir de contact d’ici quelques jours, le fils du Colonel étant mort ce matin, il avait 17 ans.
A bientôt des nouvelles, bonjour à tous, ton frère qui t’embrasse


Clément - deuxième rang - troisième en partant de la droite

Les avancées Allemandes – Le plan Schlieffen

Lorsque l’armée allemande pénètre en Belgique le commandement français n’est pas surpris, mais il se trompe complètement sur la puissance de l’aile droite allemande.
Les Belges, qui croient encore à la solidité des nombreux forts qui bordent la frontière allemande, notamment à Namur et à Liège, vont vite constater que l’artillerie lourde allemande écrase les fortifications les plus solides.

Joffre, quant à lui, pense que l’étirement des lignes allemandes va lui permettre de répéter la bataille d’Austerlitz et de frapper l’ennemi au centre pour le couper en deux.
La présence des corps de réserve allemand va en décider autrement.

La bataille des frontières

La bataille des frontières, qui se livre du 17 au 24  août 1914 est un désastre pour l’armée française.
Les Français attaquent donc en moins grand nombre. Leur infériorité dans le domaine tactique est plus criante encore: la doctrine à la mode dans l’état-major est l’offensive à outrance, prônée par le Colonel de Grandmaison.
Mais lorsque des milliers de soldats au pantalon rouge sont fauchés par des mitrailleuses et l’artillerie lourde, ce n’est plus d’impudence qu’il s’agit, mais de suicide.
Joffre ordonne un repli généralisé.
Les Britanniques  au Cateau et les Français à Guise mènent deux actions retardatrices qui permettent un repli en bon ordre des armées alliées.

Extrait –Atlas de la première guerre Mondiale –Yves Buffetaut

 

Clément Lemerle-8 Août 1914 Aux Armées

Louis Charron – 6 Août 1914 Aux Armées

Carte de Joséphine à Marie Josèphe Perrois  (future épouse de Clément)
22 septembre 1914

Chère Marie,

Je me demande si tu as reçu la lettre et la carte que je t’ai envoyée, car je n’ai encore rien reçu de toi qui m’avais promis de me donner une réponse aussitôt que tu aurais reçu de mes nouvelles.
Je me porte bien pour le moment et j’espère que tu es de même.
Réponds-moi aussitôt que tu auras reçu cette carte afin que je sache de tes nouvelles, je ne rentrerai à St Lazare,car il y a 72 blessés dans notre pensionnat.
Souhaite le bonjour de ma part à tes parents.
Ton amie qui t’aime et qui pense toujours à toi.


Clément à Henriette

 

Clément Lemerle - 31 Août 1914 - Blessé plaie par éclats d’obus dans les reins – Montigny.

La  Bataille de la Marne

La bataille de la Marne est souvent appelée le « miracle de la Marne » tant il est vrai qu’une victoire française semblait impossible.

La 1ère Armée allemande en difficulté

Lorsque la 6ème armée du Général Maunoury, lancée par Galliéni contre le flanc de la 1ère armée allemande, passe à l’offensive, elle cause une vive inquiétude au général von Kluck, qui craint d’être pris à revers.
L’avance française est limitée, mais la 1ère armée, pour y faire face, est forcée d’abandonnée l’axe de son avance vers le Sud-est.
Dans le même temps, les autres armées allemande continuent la poursuite des troupes françaises, de telle sorte que solution de ………. discontinuité ………. apparaît dans le dispositif allemand :une brèche s’est ouverte.
Pour que les alliés puissent en profiter, encore faut-il qu’ils parviennent à se rétablir sur la Marne pour repartir vers le nord.
La tâche est difficile, car la pression allemande est énorme.
Elle n’a pourtant plus le même poids qu’au début du mois en Belgique, car les armées allemandes se trouvent à présent très loin de leur ligne de départ.

La Victoire alliée de la Marne

La contre-offensive générale du 6 septembre est difficile à mettre en place: il n’est pas aisé à une armée en retraite de faire volte-face.
La 5ème armée s’engouffre dans la brèche de 50 kilomètres ouverte entre les 1ère et 2ème armées allemandes.
Devant la menace, le général von Bulow, qui commande le 2ème armée, arrête aussi ses troupes.
Pour quelle se transforme en déroute, il faudrait que la poursuite soit menée avec vigueur et rapidité. Mais les troupes françaises ont énormément souffert depuis le mois d’août et la victoire de la Marne a elle aussi été très coûteuse en vies humaines.
Le repli allemand s’effectue donc en ordre.

Extrait –Atlas de la Première guerre Mondiale –Yves Buffetaut


Un ami à Clément

Carte de Louis à sa mère
30 septembre 1914

Nous ne sommes plus maintenant autours de Reims.On nous a fait passer à l’aile gauche, près d’Amiens. C’est là où nous allons revoir les Prussiens et les balayer peut être définitivement.

Mille bons baisers à tous

 

Carte de Maria Carisson à Marie Josèphe Perrois
septembre  1914

Ma chère Marie Josèphe,

Deux mots seulement pour vous demander des nouvelles de vos parents qui sans doute doivent être à la guerre.
Pour moi, j’ai deux cousins qui y sont depuis le commencement. Jusqu’ici, ils ont été préservés des balles prussiennes, il faut espérer qu’ils le seront jusqu'à la fin.

Retournez vous à St Lazare, moi je ne retourne pas. Les vacances vont se prolonger assez longtemps sans doute puisque St Lazare est rempli de blessés.
Au revoir chère amie je vous quitte avec l’espoir de recevoir bientôt de vos nouvelles, Votre amie affectionnée

 

La Course à la mer.

La bataille de la Marne marque le principal tournant de la guerre, mais n’a rien de décisif.
Si les armées allemandes ont été arrêtées et battues, elles ne sont aucunement détruites et se replient en bon ordre pour s’établir derrière l’Aisne.

Là, elles s’enterrent dans un réseau de tranchées.
Les assauts alliés ne parviennent nulle part à rompre ce système défensif et le front se fige rapidement de Verdun à Soissons.
Il reste un peu plus mobile dans l’Est, où la pression allemande reste forte.

La Belgique, champ de bataille de l’automne 1914.

En août 1914, la petite armée belge n’a pu tenir longtemps face aux forces allemandes.
Anvers tombe le 9 octobre.
Les allemands tentent alors de rompre le front allié à Ypres et à Dixmude.
Pendant près d’un mois, ils se ruent à l’assaut des lignes franco-britannique, dans ce qu’on appelle la « Melée des Flandres ». Le paroxysme de la bataille se situe durant la première quinzaine de novembre et, plus d’une fois, le front allié menace de s’effondrer.
Mais les pertes allemandes sont telles qu’ils renoncent finalement.

Extrait- Atlas de la Première Guerre Mondiale -Yves Buffetaut

 

Clément Lemerle-9 octobre 1914- 30 octobre 1914 Dépôt.

Carte de Clément à ses Parents
1914

Je suis toujours en bonne santé et espère que vous devez être de même ainsi que grand-mère qui je veux l’espérer doit être dans une bonne voie de guérison.
Moi je n’ai pas encore pu passer la visite et ne sais ce que je vais faire. Si je ne vous écris pas de lettre ces jours-ci c’est que je ne m’en sens pas la capacité en ce moment.
Je n’ai pas encore pu toucher mes lettres à l’hôpital mais je ne désespère pas de les toucher.
Bons baisers, bon courage et une bonne santé, et à demain d’autre nouvelles.
Votre fils qui vous embrasse bien affectueusement


Louis à sa mère

 

Clément Lemerle-31 octobre 1914-19 novembre 1915 Aux Armées.

La stabilisation du front.

Lorsque le premier hiver de guerre débute, la France a sauvé l’essentiel: elle a échappé à la défaite, elle a partout contenu l’adversaire.
Les pertes humaines sont terrifiantes :plus de 300.000 tués et 600.000 blessés, prisonniers et disparus , soit 900.000 hommes hors de combat dans l’armée française, alors que l’armée allemande se bat sur plusieurs fronts, a perdu moins de 750.000 hommes.

Le premier hiver de guerre.

Les pertes terribles obligent à refondre les unités et la débauche en munitions a entraîné une grave pénurie d’obus.
Ceci ne semble pas gêner le commandement français qui lance encore en décembre 1914 une série d’attaques, notamment dans la Somme.
Joffre multiplie donc les attaques locales : en Alsace au Linge et au Vieil-Armand, en Lorraine à Bois-le Prêtre, aux Eparges, à Vauquois et en Argonne, mais aussi dans l’Aisne, dans l’Oise et la Somme, à Notre-Dame-de-Lorette en Artois, etc.
Partout les gains territoriaux sont dérisoires et les pertes effrayantes.

Extrait- Atlas de le Première Guerre Mondiale-Yves Buffetaut.


Clément - debout extrême gauche


Clément à son père

Carte de Clément à ses parents
25 octobre 1914

Chère mère,

A mon arrivée à la gare de……….hier au soir j’ai vu Monsieur Julys et Monsieur Dubel ainsi que Monsieur et Madame Rousseau qui m’attendaient.
Nous causions trop il parait car 10h29 sont passées et lorsque j’ai été pour prendre le train il y avait 5 minutes qu’il était parti.
J’ai passé la nuit chez eux et ce matin j’ai pris le train de 4h13 qui m’a descendu au Mans à 9h1/2.
A la caserne ont ne m’a fait aucune observation.
J’écris à Monsieur Rousseau en même temps qu’à vous pour le remercier.
Demain je vous écris plus longuement.
Bons baisers à tous et bonne santé

 

Carte de Clément à ses parents
novembre 1914

Chers Parents,

Nous sommes toujours au même endroit, nous sommes à peu près tranquille pour moi au moins.
Je me ……...très souvent et prends quelques médicaments qui ne font pas grand effets à ma constipation.
J’ai toujours quelques …….mais je pense que ça va passer.

Nous allons je pense avoir du repos d’ici une quinzaine.Le 136ème y est en ce moment mais ce qui serait encore plus chic, si la demande de Monsieur Deschand et Caillaum était acceptée.
Demande d’être retiré dans un fort ou la garde des prisonniers.
Vous pouvez si vous le voulez m’envoyer des petits paquets.
Ils viennent très bien. Pour vos lettres je n’en ai pas encore reçu.
Bon baisers à tous, votre fils qui vous aime.
Je vous écrirai plus longuement demain

 

Carte d’une amie à Marie Josèphe Perrois
13 novembre 1914

Cher amie,

Je t’écris ces quelques mots pour vous donner de mes nouvelles qui sont très bonnes en ce moment.
Le jeune de mes frères est tombé malade. Il a eu une pneumonie et en même temps beaucoup de fièvres mais en ce moment il va un peu mieux.
L’aîné est toujours à la guerre.
Pour le moment il est en bonne santé.J’ai toujours votre porte plume chez nous, j’espère qu’après la guerre, vous viendrez le chercher, votre amie qui vous aime

 

Carte d’Hélène, une amie de Marie Josèphe Perrois
24 novembre 1914

Cher amie,

Je suis inquiète de vos nouvelles, il y a longtemps que j’en ai eu, vous ne devez sans doute pas avoir le temps.Votre père ne doit pas être parti au feu, vous me l’auriez dit, heureusement s’il est resté au dépôt.
Je vous embrasse tendrement en attendant de vos nouvelles, votre ami sincère.


Clément à Madame Charron


Clément à ses parents

 

Historique du 47ème Régiment D’Infanterie

Mobilisé à Saint Malo, le 47ème quitte le 7 août 1914 sa garnison sous le commandement du Lieutenant-Colonel Poncet Des Nouailles.
Il débarque à Vouziers le 9 au Chene Populeux. Le 1er août, vers 15 heures, le 1er bataillon est détaché comme soutien de la cavalerie d’exploration; ce bataillon arrive le 12 à Bouillon et en repart le 16 pour rejoindre le régiment.
Les 2ème et 3ème arrivent le 13 à Sedan, y restent jusqu’au 15 ; le 16, le Régiment est regroupé à Mézières.
Par Cul-des- Sarts,Bruly-le-Couvin, fraire, il atteint Hanzine, Hanzinelle dans la nuit du 20 au 21 août, vers 18heures, il marche sur Thamines Auvelais où les premiers éléments du 10ème Corps disputent victorieusement aux avant-gardes ennemies les passages de la Sambre.
Il bivouaque, à minuit, aux abords de Vitrival.

Bataille de Charlerois

Le 22 août à 24 heures, le régiment se met en marche dans l’ordre: 3ème, 2ème, 1er Bataillon; il traverse Le Roux marche sur Falisolles et les bois à l’ouest que l’ennemi tient fortement.
A 8 heures, tout le Régiment est engagé.
L’attaque progresse malgré des pertes sévères.
Le Capitaine Renucci et le Lieutenant  Pallez sont tués.
A 10 heures le Régiment atteint ses objectifs.
A 11 heures sur ordre sur ordre supérieur, il se replie aux lisières nord des petits bois eu nord de Le Roux. Il tient ses nouvelles positions jusqu’à 17 heures, et, sur nouvel ordre, se replie vers Devant-les-Bois.
Le 23 août, le Régiment évolue, en réserve, dans la région Mettet, Corroy, Oret; le soir il prend les avant-postes au nord d’Oret et le long de la route Oret-Biesme.
Le 24, à 5 heures, l’ennemi attaque violemment sur tout le front .
A 8 heures, la retraite par échelons, en combattant, commence par Florennes, Hemptinne, Samagne, Samiolle, Daussois. A partir de Daussois, le Régiment, sans combat, continue sa marche rassemblée; il passe à Cerfontaine, sans s’arrêter durant le nuit, atteint Chimay le 25 à 8 heures.
Il bivouaque quelques heures à Saint-Rémy avant la nuit sur la route d’Hirson, et prend les avant-postes le 26 dans la trouée d’Anor, aux villages de Montrepuis, Neuve-Maison, Ohis, Effy.

Bataille de Guise

Le 27, il reprend la marche à Vervins, puis se dirige vers l’ouest.
Le 28, il cantonne à Lemée, les Bouleaux ; le 29, dès l’aube sur Guise par Sains-Richaumont, puisieur.
A Audigny, il relève des éléments de 3ème Corps aux avant-postes, prend contact avec l’ennemi à 7h30 et, à 8 heures reçoit l’attaque de l’infanterie allemande.
Le Régiment est placé dans l’angle formé par la voie ferrée et la route Guise-Marle, le 3ème bataillon entre cette route et Audigny, le 1er à sa droite, le 2ème en attente dans Audigny.

A 9 heures, l’ennemi progresse, menace le flanc gauche; ordre est donné de se replier sur une crête à mi-chemin entre Audigny et Puisieux, où le Régiment sera appuyé, à sa gauche, par le 2ème qui débouche.
A peine installé, le Régiment est lancé au pas de charge sur Audigny; accueilli par une fusillade puissante et de nombreuses mitrailleuses, il subit des pertes sévères, et se replie, le 1er bataillon (Commandant Moreau) se signale par sa belle conduite.
A 10 heures, la retraite est générale; elle s’effectue vers Sains-Richaumont.
A 17 heures, les éléments du Régiment ressemblés vers Housset participent à une attaque du 1er  Corps sur Sains-Richaumont .Le 3ème bataillon s’y distingue, son chef, le Commandant Pique est blessé.
Le 30 août, le combat continue favorablement. A 17 heures la retraite reprend. Dans la nuit, le Régiment atteint Voyenne; le 1er septembre, Hermonville-Marzilly; le 2, Rosnay ; le 3 Mardeuil près d’Epernay ; le 4, Etoges ; le 5, Sezanne.

Bataille de la Marne

Le 6 septembre, le Régiment attaque Villeneuve-les-Charleville, qu’il enlève; il s’y maintient le 7. Le 8, il s’avance, traverse Charleville, le-Bout-du-Val, et en combattant marche sur le Toult. Le 1er bataillon y entre à 23 heures et occupe les passages du Petit-Morin.
Les 2 autres bataillons restent sur le plateau près de la ferme Pommerose.
Le 9, vers 9 heures, le Colonel Poncet Des Nouailles et son adjoint le Capitaine Lieutard, sont tués du même coup.
Le Chef de Bataillon Moreau prend le commandement du Régiment.
Le Plateau de Pommerose est violemment canonné toute la journée. A 18 heures le Régiment franchit  le Petit-Morin, il atteint Bannay dans la nuit.
Le 10 septembre, il s’avance par Champaubert, Etoges, Bergères-les Vertus,où il fait des prisonniers; le 11, il rentre à Epernay; le 12, par Ay, Louvois, Craon-des-Ludes, il poursuit l’ennemi, et se dirige sur Sillery (1er bataillon), Puisieux (2ème et 3ème Bataillons); il atteint à la nuit les passages de la Vesle.
Le 13, il franchit cette rivière et est arrêté sur le canal.
Le 14, la 8ème compagnie attaque en vain la ferme Alger. Le Régiment se renforce sur ses positions. Il y reste le 15.
Le 16, le Commandant Vermot, prend le commandement du Régiment.
Une reconnaissance pénètre dans le fort de Pompelle mais en est rejetée.Le 17 septembre, le 47ème est retiré de la ligne de feu, puis engagé au nord-ouest de Reims, à la Neuvillette, où les renforts arrivés de la veille combattent comme les anciens. Il est ramené à Germigny où il couche jusqu’au 24, étant mis chaque jour en réserve à la butte de Prouilly, à 6 kilomètres plus au nord.

Bataille d’Arras

Il en part, le 25 septembre et par Coulonges, silly-la-Poterie, Duvy, atteint Verberie le 28.
Le 29, il s’embarque en chemin de fer, arrive dans l’après-midi à Marcelcave (Somme) et, à la nuit, au cantonnement de Montigny.
Le 30, par une marche de nuit, il atteint Mailly-Maillet, et, le lendemain, par Hannescamp arrive à Boisleux-au-Mont. Il en débouche dans la soirée en formation de combat, traverse Boiry-Becquerelle dans la nuit, et atteint son objectif.
Le 2 octobre, il est envoyé sur Mercatel. A la tombée de la nuit, il attaque Neuville-Vitasse, le 3ème bataillon (Commandant Pique) en tête. Il en atteint les abords; le 1er bataillon renforce le 3ème, la situation se maintient jusqu’au lendemain soir. A la nuit, les allemands attaquent, le combat continue toute le nuit.
Le 4, à l’aube, la violence de l’attaque s’accroît.Le Commandant Pique est blessé de nouveau.
A 8 heures, les restes des 1ers et 3ème bataillons se replient. Le 2ème bataillon (Commandant Braconnier) les protège de ses feux, fauche les vagues ennemies.
Le 5, par suite du repli des troupes à la droite du 47ème l’attaque ennemie reprend et menace d’envelopper le régiment. A 9h30, l’ordre de se replier lui arrive, il est exécuté à 11 heures.
Les 1er et 2ème bataillons sont face au sud-est à cheval sur la route Arras-Bapaume, les survivants du 3ème bataillon sont envoyés entre Archicourt et Agny pour organiser une ligne de repli éventuelle sur la voie ferrée.
Au cours de ces derniers combats, le Capitaine Richard et les Sous-Lieutenants Lemasson et Perrault, l’Adjudant-Chef Roupnel, l’Adjudant Vasseur, le Sergent Lefeuvre, le Soldat Briand, se distinguent.
La situation se calme, quoique le contact de l’ennemi soit immédiat, mais le 6 au matin, la Régiment reçoit l’ordre de se replier sur Agny, repli qui s’effectue par échelons, au prix de lourdes pertes. Le Commandant Vermot est blessé. Le Commandant Moreau reprend le commandement du Régiment qui reste le long de la voie ferrée, à la hauteur d’Agny, sous un vif bombardement jusqu’au 8 octobre.
Ce jour-là il s’étend jusqu’à Achicourt, abandonne Agny et organise par le sape la progression vers Beaurains.
Après deux mois de marche sans arrêt et de combats ardents, la vie de tranchée commence.
Gloire à tous ceux qui, sans défaillir participèrent à ces journées héroïques.
Le 18 octobre, le Lt –Colonel Morris prend le commandement du Régiment. Le 2 novembre, le 1er bataillon (Commandant Moreau) est envoyé dans un secteur voisin pour reprendre la briqueterie de Beaurains. Il attaque magnifiquement, subit de lourdes pertes, ne peut l’emporter et est cité à l’ordre de la division pour ce fait d’armes: le Médecin Aide-Major De La Haye s’y fait remarquer par son dévouement; l’Adjudant-Chef Boucher, le Caporal Harlet par leur bravoure.
Le 25 novembre, les 2ème et 3ème bataillons passent dans le secteur de Chantecler au nord d’Arras, le 1er restant dans celui d’Achicourt.
Le 18 décembre, le 2ème bataillon (Commandant Braconnier) attaque Saint-Laurent-les-Blangy, après l’attaque menée par le 2ème d’infanterie.
La réaction de l’ennemi est très vive les 19 et 20 décembre.
Le bataillon Moreau est engagé à son tour le 20.Les pertes sont sérieuses. Le Lieutenant Baudoin, le Sous-Lieutenant Groth, les Sergents Mériaud et Le Moulier, le Caporal Leroux se distinguent.
Jusqu’au 21 avril 1915, le 47ème reste en secteur, mène une rude existence dans la boue de l’Artois et en contact direct de l’ennemi.A cette date, il est placé en réserve à Berneville, d’où il revient au début de mai pour occuper un secteur au nord de la route Bailleul-Arras et participer entre Chantecler et Saint-Laurent à la bataille de mai.

St Servan  Imprimerie J.Haize

 

117ème  REGIMENT   D’INFANTERIE   -  PERIODE 1914

Dès les premiers jours d’août, le 117ème quitte Le Mans sous les ordres du Colonel  Jullien, il débarque en Woere.
Le 21 août, il entre en Belgique et, tout de suite, il est lancé dans la mêlée.
Il prend une part héroïque à la bataille de Charleroi par le combat qu’il livre à Virton (22 août 1914), fournissant un assaut qui dure toute la journée sous le feu des mitrailleuses,et arrachant un cri d’admiration au Général Boelle,Commandant le 4 éme Corps d’Armée :
« il convient de citer, et d’une façon générale, le 117ème d’infanterie qui, toute la journée a été engagé et qui, vers 7 heures du soir, après un hourrah auquel rien ne résistait, a abordé les retranchements ennemis »
Malgré ce succès local et tant d’autres, c’est la retraite.Le 117ème couvre la division et passe la Meuse à Dun, après avoir livré des combats d’arrière-garde à Lamorteau, Harnoncourt,Breheville.
Mais voici l’ordre de tenir et de se faire tuer sans reculer.
Le Régiment sait l’exécuter.
Il s’installe à Montigny, (31 août 1914).Les 2ème, 3ème, 6ème et 7ème compagnie,qui occupent le village en feu, résistent pied à pied et se font hacher sur place. Cependant la retraite a continuée, rendue possible par de pareils sacrifices, et cette retraite va se terminer pa la magnifique victoire de la Marne.
Le 117ème prend part à la bataille dans les rangs de l’Armée Maunoury, et bientôt se lance à la poursuite de l’ennemi qui recule enfin.L’ Aisne est passée ; l’envahisseur, arrivé sur ses positions s’arrête.
Le 117ème veut avancer encore et libérer encore, et malgré tout, un peu plus de la terre de France.
L’ennemi occupe Carlepont (16, 17, 18 septembre), 7 fois le Régiment l’attaque,7 fois le village change de maître.
Sous une pluie incessante, dénué de tout, le 117ème associé ensuite aux exploits de la Division Marocaine (COMBY) et livre des durs combats de Caisne, Cuts, Hesdin, puis ce sont les marches exténuantes de la course au nord, et le 117ème se retrouve à la bataille de Roye, (24 septembre-8 octobre).
On se bat tous les jours.
Ce sont les combats de Liancourt où le Régiment est attaqué par des forces ennemies considérables, masquant leur approche derrière un rideau de femmes et d’enfants ;d’ Etalon-Fonchette où nos soldats luttent avec acharnement de maison en maison ;de Goyencourt et La Cambuse où, sous les ordres du Colonel  Du Party de Clam,nommé en remplacement du Colonel Jullien passé au commandement d’une brigade, il fournit de sanglantes contre-attaques sous le feu de l’artillerie ennemie ; d’Andechy , où la 16ème Brigade tout entière s’élance par une nuit de clair de lune à un assaut héroique dont, hélas !Les mitrailleuses ennemies ont raison.

Dans ces derniers combats, le 117ème avait été cruellement éprouvé, et malgré sa bravoure, avait vu ses efforts briser dans le sang.
C’est au Quesnoy en Santerre (29 octobre), qu’il trouvera une glorieuse revanche.
Renforcé successivement par le 317ème et deux compagnies du 315ème, après deux jours d’assaut, il pénètre dan le village qu’il enlève à la baïonnette sous le feu intense, faisant face ensuite avec succès à tous les retours offensifs et obtenant, en récompense de son héroïsme,un ordre du Commandant de brigade, le Colonel Jullien :

« Merci à tous, du plus profond du cœur.Une fois de plus le 117ème a justifié sa devise :
                                     En avant, toujours en avant ! »

Malgré les efforts de nos braves soldats, l’ennemi est parvenu à s’arrêter sur sa position.
La guerre de tranchée va commencer.
Le Régiment se trouve maintenant placé sous les ordres du Lieutenant Colonel Bizard.
Décembre les voit apparaître sur la Somme, mis à la disposition de la 62ème  Division. Il se présente devant Carnoy, (16 au 21 décembre), avec l’ordre d’attaquer la solide position ennemie de Montauban.
Le temps est épouvantable : le tir de notre artillerie a laissé presque intacts les fils de fer ennemi ; les charges les plus héroîques, poussées dans l’eau jusqu’aux genoux et quelques fois jusqu’au ventre, viennent toutes se briser sur ses réseaux.
Si la victoire n’a pas couronnée les efforts  renouvelés de nos soldats, c’est que l’ennemi terré use contre nous d’armes nouvelles qui rendent nos progrès impossible ; mais dans les années qui vont suivre, peu à peu notre armement se perfectionnera et, qu’il s’agisse de s’accrocher au sol ou d’arracher à l’envahisseur quelque lambeau de notre territoire ,le 117ème muni cette fois de tout l’outillage nécessaire et toujours à la hauteur de sa tâche, saura mener à bien les périlleuses missions qui lui seront confiées.

Notice historique : perso.wanadoo.fr/chtimiste/batailles1418/divers/historique117.htm.

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