Paul Louis Cyfflé

(1724-1806),

un Brugeois en Lorraine

par Frédéric Thomaes et Andries Van den Abeele

Héros à Nancy, oublié à Bruges

A Nancy, capitale de l'ancien duché de Lorraine, la mémoire de Paul Louis Cyfflé, natif de Bruges, est tenue en haute estime. En hommage à ce sculpteur et producteur de statuettes en argile dure ou « terre de pipe » et en ce qui était nommé de la « terre de Lorraine », l'école la plus fréquentée, le Lycée d'enseignement professionnel régional, porte son nom et est située dans la rue Cyfflé (Lunéville a également une rue Paul Cyfflé), tandis qu’il existe aussi dans la rue Charles III un Gymnase Cyfflé. Un immeuble à appartements de dix-huit étages, haut de cinquante-cinq mètres, porte le nom d'Immeuble d'habitation Cyfflé. Le Musée Lorrain de Nancy, le Musée de la Faïencerie au château de Lunéville (partiellement détruit par l'incendie du 2 janvier 2003 et actuellement en restauration[1]), le Musée d'Art de Sarrebourg et le Musée d'Art et d'Histoire de Toul conservent des œuvres de Cyfflé, surtout en faïence. Son impressionnante fontaine orne toujours la place d'Alliance, même si certains de ses éléments originaux sont conservés au Musée Lorrain. La fontaine est mentionnée comme élément constitutif ayant motivé l'inscription en 1983 des places Stanislas, d’Alliance et de la Carrière au patrimoine mondial. Cyfflé est présent dans tous les ouvrages consacrés à l’histoire de Nancy et de Lunéville. Il n’a pas non plus été oublié en 2005, année du 250ème anniversaire de la Place Stanislas.

A Bruges, sa ville natale, rien ne rappelle Cyfflé et il faut remonter à plus de soixante-dix ans, pour y trouver une étude d'une certaine ampleur qui lui ait été consacrée[2]. Il n’est que brièvement mentionné dans des lexiques locaux[3]. Dans les dictionnaires généraux, il est traité de manière soit très concise[4], soit un peu plus approfondie[5], mais forcément toujours sur base de données qui sont tributaires des études publiées, parfois boiteuses. Nous laisserons aux historiens de l’art et aux spécialistes de la porcelaine et de la faïence le soin de juger s’il reste encore des choses à ajouter en ce qui concerne ses réalisations artistiques. En revanche, nous pouvons mieux cerner ses racines brugeoises et son entourage familial, tout comme il est possible de compléter sa biographie et de l'améliorer sur certains points[6]. Nous pourrons à cette occasion rectifier auprès de biographes antérieurs, certaines assertions sans fondement, trop souvent prises pour argent comptant.

Comme bien d’autres artistes brugeois, Cyfflé a eu la chance et l’infortune d’avoir Pierre-François Ledoulx (1730-1807)[7] pour premier biographe. La chance, parce qu’être mentionné dans Leven der konstschilders, konstenaers en konstenaeressen … van de stad Brugge…[8] lui a épargné l’oubli dans lequel – en Belgique du moins – il risquait de sombrer. L’infortune, parce que Ledoulx transformait volontiers ses biographies en romans ou contes de fées, qui s’écartaient parfois considérablement de la réalité[9]. Les auteurs qui ensuite le pillèrent joyeusement, prirent comme vérité avérée tout ce qu’il avait écrit. Ce fut notamment le cas d’Octave Delepierre[10] qui, dans sa notice biographique consacrée à Cyfflé, reprit Ledoulx pratiquement mot à mot[11]. Ce qui n’était, à l’origine, qu’un texte manuscrit et en un néerlandais archaïque, fut publié en français et cité comme une étude à prétention scientifique. D’autres biographes de Cyfflé, tant sur sa période lorraine que sur sa vie ultérieure, ont beaucoup fait dans l’à peu près et ont encore rajouté de nouveaux ingrédients romantiques, jamais rectifiés par la suite, au contraire même, sans cesse repris et parfois même amplifiés.

Ses grands-parents et arrière-grands-parents

Paul Louis Cyfflé était le petit-fils de Louis Cyfflé (Chifflet, Cyfflet, Soufflé, Sifflé, etc.) né à Feluy entre 1660 et 1665[12], qui vint habiter Bruges vers 1690 et y mourut le 21 janvier 1741[13]. L’inventaire établi après son décès, l’identifie comme étant le fils de Guillaume Chifflet et de sa femme Allardine (soit un prénom, soit le patronyme Allardyn). Il est fort improbable, voire même exclu, que ce Guillaume Chifflet soit venu s'établir à Bruges : il n'y a de toute façon laissé aucune trace. Les informations reprises dans diverses notes et études biographiques[14] suivant lesquelles, tant Guillaume que Louis Cyfflé étaient orfèvres à Bruges, n’ont aucun fondement.

A Feluy, on ne trouve pas davantage de renseignements concernant Guillaume, ou d'autres Chifflet, et l'histoire de la famille n'y débute assurément pas. Ses origines restent donc fort incertaines. On a pu penser les trouver à Besançon ou dans ses environs, où résidaient des Chifflet[15]. Il ne semble toutefois pas possible d’opérer un rattachement précis. Le nom, orthographié de nombreuses manières, pourrait être la corruption de Sciflet, variante picardo-wallonne du français sifflet ou flûte. Les mots chiffler en ancien français ou sciflet en Picard ainsi que schufelen en Ouest-flamand du nord et skufelen en Ouest-flamand du sud, proviennent du latin sifilare ou siffler et étaient utilisés d’abord comme sobriquet, ensuite comme patronyme pour qualifier un joueur de flûte. Une autre possibilité, qui pourrait faire songer à une origine liégeoise, serait que le nom dérivât de chif (chef) et de son diminutif petit chef ou chifflet. Ces quelques données éparses, peuvent nous amener à nous imaginer que des documents concernant Guillaume Chifflet et sa famille sommeillent encore dans les registres paroissiaux de Wallonie ou du Nord de la France[16].

Devenu Brugeois, Louis Cyfflé épousa dans la cathédrale Saint-Donat le 24 mars 1693 Anne-Thérèse Heldewijs, née à Bruges le 20 février 1673, baptisée le même jour en l'église Saint-Sauveur et qui mourra à Bruges le 13 mai 1744. Elle était la fille de Jean Heldewijs, mort le 17 février 1693[17], un mois avant le mariage de sa fille et de Marie De Lespine, née à Bruges le 8 janvier 1645, baptisée en l'église Saint-Sauveur et morte à Bruges le 26 juillet 1688[18]. Celle-ci était la fille d'Antoine de Lespine (†1672)[19] et de Marie van den Hauweele (†1699)[20] dont c'était le troisième mari. Jean Heldewijs, jeune veuf, épousa ensuite Christine De Mol.

Anne Heldewijs appartenait à une famille établie à Bruges depuis plusieurs générations et principalement active dans les métiers de la construction[21]. En 1737, son neveu Louis Heldewijs (†1761)[22] et son beau-fils Pierre Madere étaient cités comme étant les principaux maîtres menuisiers-charpentiers de la ville de Bruges[23]. Son grand-père Antoine de Lespine était maître forgeron et descendait vraisemblablement de Jean de Lespine, fils de Jean, originaire de Strains ou Lestrans, dans le bailliage de Béthune, devenu bourgeois de Bruges en 1557[24].

La raison qui dirigea Cyfflé vers Bruges, restera probablement obscure. Il n’est pas impossible qu'elle soit liée à la pierre d'Ecaussines, dont des carrières étaient exploitées à Feluy. Dans cette hypothèse, il se serait rendu à Bruges pour des livraisons, et y aurait fait la connaissance de la fille de l'entrepreneur Heldewijs. Ce n'est évidemment qu'une supposition. De toute façon il trouva à se marier dans une famille de la classe moyenne aisée, comme le prouvent les nombreux inventaires d’après décès, ainsi que le fait qu’entre lui et sa fiancée, un contrat de mariage fut conclu.

Ce contrat, passé le 28 février 1693 par devant le notaire et clerc de la cour féodale Jacques Loys[25], l’identifie comme étant Louis de Chifflet, né à Fueluijs, en Pays de Hainaut. L'emploi de la particule pourrait indiquer une origine noble, ce qui dans son cas est fort peu probable.  Ses parents n’assistèrent ni à la signature du contrat, ni d’ailleurs à la célébration du mariage, tout comme ils ne furent ni parrain ni marraine d'un de leurs nombreux petits-enfants. Sans doute étaient-ils déjà morts, de toute façon ils n’habitaient pas Bruges. Cyfflé profita du contrat pour faire enregistrer sa déclaration d’opter pour le statut de bourgeois de Bruges, par suite de son mariage avec une citoyenne de cette ville.

La future, en revanche, en guise de substitut à l’absence de ses parents défunts, se laissa accompagner pour le contrat par cinq membres de sa famille. Il s’agissait de ses tuteurs et oncles Jacques Heldewijs et Toussaint de Lespine, de sa grand-mère Marie van den Hauweele, de ses oncles Adrien Gordin, mari de Laurence de Lespine, et Josse van Haecke (†1708)[26], mari de Catherine de Lespine. Deux d’entre eux furent ensuite témoins au mariage religieux : Toussaint de Lespine et Adrien Gordin. Louis Cyfflé n'avait de toute évidence aucune famille à Bruges et fut assisté devant le notaire par un seul témoin, son ami François-Ignace Mahieu, camérier de l'évêque de Bruges. Cyfflé donnait comme adresse, la résidence épiscopale[27]. L'évêque de Bruges était alors Guillaume Bassery (Bruxelles 1642 – Bruges 1706) qui avait pris possession du siège épiscopal brugeois en janvier 1691[28].

François Mahieu (1661-1729) était également originaire du Hainaut, né à Blaton comme fils du notable local Antoine Mahieu et d’Anne Marie Gondry. Son frère, Jean-Baptiste Mahieu (°1663) deviendrait bourgmestre de la petite ville toute proche de Condé-sur-l’Escaut. Plus tardivement que Cyfflé, le 18 septembre 1700, Mahieu deviendra lui aussi bourgeois de Bruges[29]. Très vraisemblablement  rencontra-t-il sa femme Isabelle Gordin par l’intermédiaire de Cyfflé, à laquelle son épouse était apparentée[30]. Elle naquit à Bruges le lendemain de la Noël 1675 comme fille de Gilles Gordin et d’Anne Marissael, et mourut le jour de Noël 1706. Louis Cyfflé fut témoin tant au mariage Mahieu-Gordin le 1er mai 1694, que pour leur contrat. La famille Mahieu eut six enfants entre 1695 et 1702[31]. Les liens d’amitié entre les Mahieu et les Cyfflé perdurèrent, comme en témoignent les parrainages réciproques aux baptêmes des enfants.

Lorsqu’Isabelle Mahieu-Gordin mourut, encore jeune, c’est sans surprise que l’on retrouva Louis Cyfflé comme tuteur des enfants. Mahieu se remaria avec Alexandrine Longe (1687-1752) qui lui donna encore huit enfants[32]. Il ne demeura pas au service de l’évêque de Bruges, mais acheta une maison rue Breydel, où il tint commerce et devint même doyen de la corporation des merciers[33]. Il fut aussi bailli de la paroisse de Zevekote[34]. Cinq ans après son décès, Augustin-Jacques Mahieu, son fils cadet, fit sceller dans un mur extérieur de l’église Notre-Dame, une pierre commémorative pour lui et sa seconde famille[35].

En quelle qualité Louis Cyfflé résidait au palais épiscopal, demeure une question sans réponse. Etait-il au service de l’évêque ? Le servait-il déjà lorsque celui-ci était président du collège Saint-Donat à Louvain ou vicaire apostolique à Bois-le-Duc ? Remplissait-il une fonction domestique, comme son ami de Mahieu, éventuellement en tant que cuisinier ? En effet, à sa mort, il habitait rue courte d’Argent où il était propriétaire depuis le 9 juin 1705 de l’hôtel-restaurant Den Gouden Beer – A l’Ours d’Or[36]. Nous pourrions en déduire qu’après des activités culinaires au service de l’évêque, il s’était établi à son compte. Il n’aurait pas été le seul à suivre un tel parcours. Joseph Druart (Emmery près de Cambrai 1732 – Bruges 1797) fut un temps concierge au service du Franc de Bruges, avant de s’établir comme traiteur indépendant[37]. Il se pourrait évidemment que nous allions chercher trop loin, et que Chifflet avait tout simplement trouvé (et ici l’hypothèse qu’il venait livrer des pierres de taille reprendrait ses droits) un logis temporaire chez son ‘pays’ Mahieu. Le Prévôté, partie de la résidence épiscopale, tout comme l’hôtel de ville et l’hôtel du Franc de Bruges, offrait des chambres pour voyageurs[38].

Qu’il ait pu acquérir un hôtel quelque dix ans après le début de son activité professionnelle indique peut-être qu’il n’était pas arrivé à Bruges sans disposer de quelques moyens (l’héritage de ses parents ?) ou qu’il avait bénéficié d’un héritage du côté de sa femme, ou qu’il avait fait de bonnes affaires. Une combinaison des trois hypothèses est sans doute possible.

Hôtelier à Bruges

Les époux Cyfflé-Heldewijs n’eurent pas moins de quatorze enfants qui tous naquirent à Bruges et qui pour la plupart y moururent. (1) Laurence-Jeanne Cyfflé (1694-1733)[39] se maria à Jean-Jacques Mulet († 1741)[40] dont elle eut deux enfants[41] et qui devenu veuf convola avec Jacqueline van der Piet, veuve d’Edouard de Vrient ; (2) Jeanne-Thérèse Cyfflé (1695-1783) épousa le maître-charpentier et entrepreneur Pierre Madere (1694-1780)[42] dont elle eut onze enfants[43], notamment Edouard Madere (1733-1800) qui fut prêtre et chapelain de l’église Notre-Dame[44] ; (3) Marie-Anne Cyfflé (1696-1753)[45] épousa le courtier et maître-boulanger Jacques De Sutter (1692-1750)[46] et eut dix enfants[47] ; (4) sur Paul-François Cyfflé nous reviendrons plus en détail ; (5) Elisabeth (ou Isabelle) Cyfflé (1700-1762)[48] épousa l’orfèvre Jean-Baptiste de Cock (†1742)[49] et eut neuf enfants[50] ; (6) Joseph Cyfflé (1701-1731)[51] et (7) François-Ignace Cyfflé (1703-avant 1741) quittèrent Bruges ; (8) Louis Cyfflé (1705-1742)[52], maître-tailleur, épousa successivement Anne La Croix et Pétronille Timmerman qui lui donna neuf enfants[53], presque tous morts en bas âge ; (9) Pierre-Antoine Cyfflé (1707–avant 1741) et (10) Melchior-François Cyfflé (1709-avant 1741) quittèrent Bruges ou moururent jeunes ; (11) Antoine Cyfflé (1711-1799) devint Frère Hilarius chez les Augustins de Bruges[54] ; (12) Barbara-Thérèse Cyfflé (1713-1794) épousa Jean de Ronde (1704-1747)[55], d’une famille de maître-maçons, dont elle eut une fille Anne De Ronde (1737-1787)[56], puis convola en 1749[57] avec le maître-boulanger Jean-Baptiste Dobbelaere (1722-après 1795) dont elle eut deux enfants[58] ; (13) Anne-Thérèse Cyfflé (1715-1801) épousa le plombier et couvreur Jacques Noye ou Noë (1710-1776) et eut sept enfants[59] ; (14) Claire-Constance Cyfflé (1717-1773)[60] demeura célibataire.

Grâce à son mariage, Louis Cyfflé, nouveau-venu à Bruges, fit son entrée dans une belle-famille fortement implantée, avec des ramifications chez les Heldewijs, De Lespine et Gordin, et par leur truchement chez les familles notables Van Vyve et Breydel[61]. A la génération suivante, grâce à sa nombreuse progéniture et aux mariages qui s’ensuivirent, Cyfflé se trouva lui-même à la tête d’un réseau familial élargi, se déployant dans la bourgeoisie moyenne et jouissant d’une certaine aisance. Des huit enfants qui se marièrent, naquirent près de soixante petits-enfants, entre 1720 et 1750,[62] dont peu toutefois portant le nom Cyfflé. Six des sept filles se marièrent et eurent des enfants. Elles sont à l’origine d’une importante descendance qui s’étend jusqu’à nos jours. Des sept fils, deux quittèrent Bruges, deux moururent en bas âge, un se fit moine et seulement deux se marièrent. L’un, Paul-François Cyfflé, eut deux fils qui atteignirent l’âge adulte, et l’un d’eux, le faïencier Paul-Louis, eut à son tour quelques fils, qui n’eurent cependant pas de descendance. L’autre, Louis Cyfflé, ne vit aucun de ses trois fils atteindre l’âge adulte.

Louis Cyfflé senior avait bien mené sa barque. A sa mort, il possédait non seulement L’Ours d’Or mais aussi depuis 1718 une seconde habitation dans la rue courte d’Argent[63]. Ses économies étaient investies dans des prêts hypothécaires, consentis essentiellement dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration. Ainsi avait-il prêté 400 livres (en 1718) pour lesquels une hypothèque avait été prise sur les auberges Le Coq rouge dans la rue Espagnole[64] et Le Lion Noir[65], près du pont de Scheepsdale. Un deuxième prêt de 500 livres (en 1723) avait été garanti par une hypothèque prise sur Le Cygne, auberge située sur le territoire du Prévôté, en dehors de la Porte de Damme, touchant au Cimetière pour chevaux, et sur le Cheval volant, auberge en face du monastère de la Vigne, près du Lac d’Amour. Ces deux prêts étaient au profit des brasseurs Breemaere, père et fils, qui exploitaient la brasserie De Gapaard dans la rue Nord du Sablon[66]. Jan Breemaere, né vers 1650 à Saint-Omer et mort à Bruges en 1718, peu de temps après la conclusion du premier emprunt, appartenait vraisemblablement, tout comme Mahieu et Chifflet, au groupe de Brugeois de fraîche date, francophones et unis par des liens d’amitié. Lui-même et sa troisième femme Barbara Van Hulle (†1718) furent parrain et marraine d’enfants de Cyfflé[67]. Un troisième prêt d’un montant de 300 livres avait été alloué (en 1727), et plus tard augmenté de 250 livres, à un parent, Louis D’Hondt-Madere, garanti par une propriété dans le quartier Ouest du Marais.

Les avoirs lors de la liquidation des biens successoraux ne furent pas très importants, mais suffisants pour confirmer que Cyfflé exploitait toujours l’Ours d’Or. Un nombre considérable d’objets ménagers en fer, en étain et en argent, ainsi qu’une grande quantité de vin, et même 3500 bouteilles vides fut notamment vendu. Parmi les créanciers figuraient quelques marchands de vin ainsi que le brasseur Follet.

D’après l’inventaire de succession, Cyfflé avait avancé de l’argent à huit de ses neuf enfants parvenus à l’âge adulte, le plus souvent à l’occasion de leur mariage. Le montant, en avance d’hoirie, variait de 75 à 100 livres. Après l’attribution de la moitié de la succession à la veuve, chaque enfant reçut sa part, à la condition de pourvoir leur frère, Frère Hilarius d’un nouvel habit et de douze chemises et de lui verser annuellement six livres. La veuve s’en chargea jusqu’à sa mort.

Lorsqu’Anna Heldewijs mourut en 1744, et que sa fille cadette Claire fut désignée pour régler la succession[68], elle était toujours en possession des deux propriétés rue courte d’Argent et avait même racheté à ses enfants des parts indivises héritées par ceux-ci. Elle avait probablement continué l’exploitation de l’hôtel car, dans les actifs encore à percevoir, étaient mentionnés les noms de notables qui y avaient logé ou y avaient pris des repas (Arrazola di Oñate[69], Simon, de Bruxelles[70], Jean-Baptiste Serruys, de Ruddervoorde[71], les gentilshommes Gajaffa[72], d’Acquillo[73] et Derquisia[74], la Dame Contalès, etc.) Le mobilier fut vendu, ce qui rapporta 450 livres. Ce fut la fin définitive de l’hôtellerie pour la famille Cyfflé, mais non de l’hôtel même qui continuera à être exploité encore pendant plus d’un siècle.

Les parents Cyfflé–De Pape

Paul-François Cyfflé, le fils aîné des époux Cyfflé-Heldewijs, naquit à Bruges le 20 mai 1698,  fut baptisé en l’église Saint-Sauveur et mourut à Oostcamp le 4 juillet 1750[75]. Il épousa Marie-Anne De Pape, née à Bruges le 13 juin 1696, baptisée en la cathédrale Saint-Donat et morte à Bruges le 8 avril 1741[76]. Elle était la fille de l’orfèvre Pierre De Pape, mort à Bruges le 2 septembre 1696[77], moins de trois mois après la naissance de sa fille, et de Barbara Allaert, morte à Bruges le 13 octobre 1714[78], après s’être remariée avec l’orfèvre Jacques Jaquemin.

Le mariage Cyfflé-De Pape eut lieu en l’église Saint-Sauveur le 19 avril 1722, et les témoins étaient Louis Cyfflé, père du futur, et l’orfèvre Jacques De Pape (°1665), oncle de la future. Le couple eut six enfants : Paul-Louis (1724-1806), François-Louis (1725-1751), Marie-Anne (°1726), Nicolas-François (1727-1807), Charles (1729-1737) et un enfant mort-né (°1731). Seuls Paul, François et Nicolas survécurent à leurs parents et seul le premier eut des fils qui eux-mêmes n’eurent pas de descendants. François mourut peu après son père. Les fils optèrent tous trois, dans un premier temps à tout le moins, pour l’art de l’orfèvrerie.

L’année 1741 fut pour Paul-François riche en événements. En janvier son père mourut et en avril, sa femme. Deux mois plus tard déjà, le 19 juin, il convola en la cathédrale Saint-Donat avec Constance De Baecke, fille de Roger De Baecke (†1727) un notable d’Oostcamp, receveur de la seigneurie de Nieuwenhove[79], et de Marie van de Walle. De cette union naquirent : Claire (1742-avant 1750), Charles-François (°1744), Marie-Caroline (°1746), Jeanne-Françoise (°1747) et Anne-Cécile (1750-1751). La première mourut avant son père, la cadette avant la liquidation de la succession. Constance De Baecke se remaria dans l’année avec François Coppens, originaire de Castres, près d’Audenarde, qui s’installa comme forgeron dans une annexe de l’auberge Saint-Hubert. Elle en eut encore deux enfants, François (°1753) et Barbara (° 1756), mais mourut en couches le 18 juillet 1756[80].

Orfèvre

Que le fondateur de la famille brugeoise, Louis Cyfflé, et même son père Guillaume, furent actifs dans l’orfèvrerie, comme le soutiennent certains auteurs, entres autres E.-J. Dardenne, n’est nullement fondé. Leurs noms ne se retrouvent pas à la gilde des orfèvres. Guillaume n’a jamais résidé à Bruges et sa profession reste inconnue, tandis que Louis Cyfflé était hôtelier.

Son fils Paul-François Cyfflé apparait comme le premier de la famille ayant exercé la profession d’orfèvre, activité choisie sans doute suite à son mariage. En effet, le père de sa femme, Pierre De Pape ainsi que son beau-père Jacques Jacquemin exerçaient cette profession. Pierre De Pape fut doyen de l’office de garantie en 1689, 1693 et 1694, tandis que Jacques Jacquemin fut membre du serment en 1707, 1709, 1711, 1712, et doyen en 1713. Cyfflé aura donc soit débuté dans l’orfèvrerie à cause de son mariage, soit, après un apprentissage chez Jacquemin et en vue de prendre la succession, il aura épousé la belle-fille. Son admission dans la gilde des orfèvres brugeois en août 1721[81] et son mariage en avril 1722 se succèdent de si près qu’il doit y avoir nécessairement un lien entre les deux.

Cyfflé se fit connaître dans les associations brugeoises et devint membre le 10 mai 1721 de la Gilde de Saint-Sébastien, rue des Carmes. En 1739, lorsque son fils aîné y suivit des cours, il devint confrère de l’Académie des Beaux-Arts brugeoise[82]. L’inventaire successoral de son père Louis Cyfflé, mentionne d’autre part que pour la même année 1739, Paul lui avait emprunté sept livres afin de régler la réception lors de son élection en tant que gouverneur.  La seule nomination qui nous semble entrer en ligne de compte pour ce vin d’honneur fut celle de doyen, en 1731, de l’office de garantie au sein de la profession. Le scribe ayant rédigé l’état de biens, aurait-il confondu le 1 et le 9 ?

Compte tenu du baptême de ses enfants en l’église Saint-Sauveur, à l’exception du premier qui fut baptisé en l’église Saint-Jacques, l’on peut tenir pour acquis que peu de temps après son mariage, le couple alla habiter rue des Pierres ou dans les environs immédiats, là où beaucoup d’orfèvres étaient établis. Sans doute reprit-il les affaires de Jacquemin. En 1732, il devint propriétaire, rue des Pierres, avec une issue dans la rue d’Argent, de la maison Champion[83], située en face de la ‘Vleeshalle’ ou Maison des bouchers. Lors de son second mariage il déménagea, probablement vers une maison de location, située sur le territoire de la paroisse Saint-Donat, dans l’église de laquelle quatre de ses enfants furent baptisés. Seul le cinquième et dernier enfant, Anne, fut baptisé en avril 1750 en l’église Saint-Gilles, ce qui laisse supposer un nouveau déménagement, cette fois vers la rue Flamande[84].

Paul Cyfflé ne fut pas un orfèvre très productif. Seules quelques pièces d’argenterie à son nom sont connues. En 1731, le magistrat de la ville de Bruges lui confia la mission de fabriquer de nouvelles pièces sur base d’une quantité de vieil argent qu’il lui avait fourni. Il livra 36 cuillères, autant de fourchettes, huit salières, deux louches et cuillères à ragoût. Les armes de la ville y furent gravées par l’orfèvre Michel-François Allaert, ce qui peut laisser supposer que Cyfflé n’avait pas chez lui le matériel nécessaire à cet effet. Il n’est dès lors pas impossible que la fabrication de pièces ait elle aussi été sous-traitée[85]. D’autre part l’église Sainte-Anne lui commanda une croix de procession[86], tandis que quelques objets profanes (théière, boîte de toilette et réchaud de table) portent également sa marque[87].

Que Cyfflé fit exécuter par d’autres orfèvres quelques-unes des commandes reçues apparaît clairement dans l’inventaire successoral de l’orfèvre Antoine Hoste[88], mort en 1725, qui avait travaillé pour lui en sous-traitance[89]. Il ne faut pas exclure que Cyfflé ne domina jamais son art, n’avait peut-être qu’un très modeste atelier, et n’était en fait que négociant en bijouterie. Même en faisant abstraction de l’argenterie commandée en d’autres villes, l’offre à Bruges même était d’ailleurs considérable. Entre 1720 et 1750, au moins vingt orfèvres étaient simultanément actifs, avec comme principaux producteurs de belles pièces religieuses ou profanes Laurent-Jean Beaucourt (1680-1743)[90], François Ryelandt (1709-1774)[91] et André Petyt (1712-1776)[92]. A l’ombre des « grands » se mouvaient les petites pointures, tel Paul Cyfflé. Ils se contentaient d’obtenir de temps à autre la commande d’un bel objet, qui portait certes leur marque mais n’était pas nécessairement de leur composition ou de leur atelier. Ils exécutaient surtout des travaux de bijouterie plus modestes : réparation, sertissage de pierres précieuses, vente d’horloges, épingles, colliers, bracelets, médailles, etc.

Au décès de sa femme en 1741 il apparut que les activités de Cyfflé n’étaient pas très profitables[93]. A l’actif était mentionné sa maison rue des Pierres (estimée à 500 livres) et son stock d’or, d’argent et de bijoux ainsi que le matériel professionnel (le tout prisé à 237 livres). En revanche il lui restait à rembourser 450 livres d’emprunts auprès de divers particuliers, de  sorte que le solde créditeur n’était pas considérable. L’héritage provenant de son père lui apporta, pour partie, un certain soulagement, tandis qu’il revendit à sa mère sa part dans la maison paternelle.

Un contrat de mariage fut à nouveau conclu pour son second mariage mais le texte stéréotypé ne permet pas d’établir les apports éventuels du mari et de la femme dans la communauté. C’est au cours de ce second mariage que Cyfflé exerça la profession de changeur de monnaies[94] et fut lié à la Monnaie de Bruges. Par ailleurs, sa seconde épouse était propriétaire de l’auberge à l’enseigne de Saint-Hubert, sise au centre du village d’Oostcamp. Il semble peu probable que les époux l’exploitèrent eux-mêmes, dès lors qu’ils restèrent domiciliés à Bruges et que leurs enfants y naquirent et y furent baptisés. Peut-être la famille y passait-elle l’été, étant donné que Paul Cyfflé y mourut en juillet 1750, âgé de tout juste 52 ans.

La maison à Oostcamp, assez modeste, comprenait une cuisine, une pièce de séjour, une chambre à l’étage, une cave, un grenier et une grange. L’inventaire détaillé du mobilier de l’immeuble concorde plutôt avec ce que l’on s’attend à trouver dans une maison d’habitation et non dans une auberge. Certes, la présence de certains objets, tel un comptoir, quantité de chaises, des verres à bière, de la vaisselle, font penser à un débit de boissons, mais ils peuvent très bien provenir d’une ancienne affectation de l’immeuble. Pour le reste n’y apparaissent que très peu d’objets qui ne concorderaient pas avec la destination d’une maison habitée par un couple, quatre enfants et une bonne.

Paul-Louis Cyfflé

Après cet historique sur le grand-père Louis et le père Paul Cyfflé, portons notre attention sur Paul-Louis, le plus célèbre parmi les Cyfflé[95]. Il naquit à Bruges le 6 janvier 1724 et fut baptisé le lendemain en l’église Saint-Jacques, ayant comme parrain son grand-père Louis Cyfflé et comme marraine Catherine-Barbe Lenoir[96].

A quinze ans, il suivit probablement des cours à l’Académie des Beaux-Arts de Bruges, nouvellement ouverte depuis février 1739 sous la direction de Mathias De Visch (1701-1765)[97]. Il fut aussi l’élève du sculpteur Jean Van Hecke (Dadizele 1699 - Bruges 1777)[98].

L’année de la mort de sa mère, il avait alors 17 ans, Cyfflé quitta Bruges. Le mariage précipité de son père, au beau milieu de la période de grand deuil et ce avec une jeune fille à peine plus âgée que le jeune homme, peut en avoir été le motif. Ledoulx, si souvent vague ou inexact, est cette fois étonnamment précis : ‘Cyfflé quitta Bruges le 24 avril 1741’, écrit-il, soit seulement trois semaines après le décès de sa mère. Une fois parti, Paul Louis ne donna manifestement plus de ses nouvelles. En 1752, la déclaration de succession de son père mentionne que le fils aîné avait quitté le pays et qu’on ne savait où il se trouvait (uijtlandighen zonder dat men weet waer hij hem is ophoudende). Cyfflé était alors déjà parti depuis plus de dix ans, établi à Lunéville, marié et père de famille, et n’entretenait manifestement plus aucune relation avec Bruges. Ce qui peut faire supposer qu’après le second mariage de son père, son départ s’était effectué dans de mauvais termes.

Après le décès du père, il fallut deux ans pour que l’inventaire successoral soit achevé. Nicolas-François Cyfflé y comparut, à toutes fins utiles, au nom de son frère. Visiblement Nicolas s’entendait bien avec sa belle-mère, puisqu’il fut le tuteur de ses enfants. Né le 13 octobre 1727, Nicolas devint en mai 1750 membre du métier des orfèvres et se maria en octobre 1751 avec sa cousine Jeanne De Sutter (Bruges 1732 - Namur 1791), fille de Jeanne-Thérèse Cyfflé et de Jacques De Sutter. Ils n’eurent qu’un fils Nicolas-Jacques, qui ne vécut que peu de temps (1752-1753).

A la suite de son père, Nicolas devint donc orfèvre, tout comme son frère François, mort en 1751, et il s’établit rue Eekhout. Il y habitait en 1759, à l’époque où il donna caution en faveur d’Adrien-Jean-Baptiste Breydel, parti à Eecloo et souhaitant conserver la bourgeoisie de Bruges[99]. Aux environs de 1760, Cyfflé semble avoir quitté Bruges pour Gand, afin d’y devenir le compagnon de l’orfèvre Adrien Loridon[100]. Il était cependant revenu à Bruges, puisqu’en septembre 1777, qualifié de maître orfèvre, il y signa comme mandataire de son frère Paul-Louis, un contrat (dont il sera question plus loin) avec l’épicier et membre de la fabrique d’église de Saint-Sauveur, Jean Wielmaecker (1743-1817)[101]. Quelques années plus tard, il partit pour Namur, peut-être à l’époque où Paul-Louis s’était établi à Hastière et que les deux frères s’associèrent.

Paul Louis Cyfflé à Paris

La tradition apprend que Paul-Louis partit pour Paris et devint apprenti auprès d’un membre de la famille qui y était orfèvre. D’après certains auteurs, il s’agirait de son oncle Jean de Cock qui serait mort à Paris en 1744[102]. Identification erronée, car Jean de Cock, né en 1797, mourut à Bruges le 17 octobre 1742, et en plus il ne fut jamais orfèvre, mais imprimeur, ayant son atelier Rue Philip Stock, dans la maison à l’enseigne de Paris (il vécut et mourut donc bien ‘in Parijs’, mais à Bruges !), derrière la librairie que son épouse continua au moins encore quelques années après la mort de son mari. En revanche, son fils Jean de Cock (°1723) était parti à Paris, mais il était de la même génération que Paul-Louis et n’aurait donc pu être son maître. Par ailleurs, un certain Pierre de Pape (°1695), fils du grand-père maternel de Paul-Louis, était orfèvre à Paris[103]. Celui-ci pourrait donc être l’oncle en question.

Le jeune Cyfflé résida – tout le monde l’admet - quelques années dans la capitale française et on s’imagine qu’il s’y appliqua principalement à l’étude du dessin et de la sculpture. Certains rattachent – erronément - son départ au décès de l’oncle Jean de Cock qu’ils situent en 1744, d’autres parlent d’un séjour de longueur diverse, pouvant aller jusqu’à sept ans. Dardenne mentionne 1745 comme année de son arrivée en Lorraine, De Seyn 1746, Durival[104], Michel[105], Joly[106] et Morey[107] fin décembre 1746, Ledoulx, Delepierre et Immerzeel[108] 1748, Noël suppose 1746 mais ne prend pas position[109]. Aucun auteur ne donne de preuves tant pour le départ de Paris que pour l’arrivée à Nancy ou à Lunéville[110].

Au surplus, nous ne savons strictement rien au sujet du séjour de Cyfflé à Paris. Certes il s’agissait d’un tout jeune homme, mais n’est-il néanmoins pas curieux que son nom n’ait jusqu’à présent été relevé nulle part ? Où habitait-il ? Peut-être chez cet oncle ? De quels revenus vivait-il ? Suivait-il d’autres cours en plus de ce qu’il apprenait chez l’oncle ? Il doit certainement avoir été apprenti chez un sculpteur, car si plus tard il fut embauché par le sculpteur Guibal, il devait sans nul doute être en mesure de faire valoir d’autres formations que celle d’orfèvre. Les étrangers étaient fichés à Paris, les habitants étaient enregistrés quartier par quartier, les étudiants des Académies devaient s’inscrire : Cyfflé n’apparaîtrait-il vraiment nulle part ? Sans mentionner les rapports de police dans lesquels le prétendu noceur Cyfflé aurait pu être signalé. N’intervint-il jamais au service de sa famille d’accueil ou des voisins afin de déclarer un décès, de parrainer un nouveau-né, d’être témoin à un mariage ? Peut-être un jour son nom apparaîtra-t-il à l’occasion de la numérisation d’archives. En attendant, depuis son départ de Bruges en avril 1741 jusqu’à sa réapparition à une date assez imprécise à Lunéville, la vie de Cyfflé et la formation dont il bénéficia, demeurent complètement inconnus. Nous n’avons à ces sujets que des hypothèses, avancées parfois avec une certaine témérité comme autant de certitudes par certains de ses biographes.

Cyfflé à Lunéville et Nancy

Quelle que soit la date de son arrivée à Lunéville, Cyfflé devint élève puis bientôt compagnon du sculpteur Barthélémy Guibal (1699-1757)[111] à l’atelier du 11 rue des Bosquets. Avec d’autres compagnons, il vécut dans les chambres mansardées de la demeure du maître incontesté de la sculpture en Lorraine. Certains biographes se sont étendus sur les excès du jeune Cyfflé, dont le cabaret de La Mère Adam était le lieu de prédilection. Bien des commérages ont circulé concernant la rentrée aux petites heures du jeune homme en état d’ivresse et accueilli à coups de bâtons par la femme du maître, sur les blagues organisées par lui et ses compagnons, ou sur les statuettes obscènes qu’il fabriquait et vendait aux soldats de la garnison afin de se faire de l’argent de poche[112]. Certains auteurs ont mis en doute ces racontars[113]. Il est probable cependant que ses relations avec l’entourage du maître n’étaient pas sans nuages. Le simple fait de n’avoir jamais été invité par la famille comme témoin de mariage, ou parrain d’un des nombreux enfants, le fait penser. En revanche, ces relations ne peuvent pas avoir été si mauvaises puisqu’au décès de Guibal, Cyfflé devint tuteur de ses enfants mineurs.

Le lendemain de son 27ème anniversaire, le 7 janvier 1751, Cyfflé épousa[114] Catherine Marchal (1728-1795), fille du facteur d’orgues Joseph Marchal († 1767) et d’Anne Cousson. Marchal était organiste titulaire d’abord à la basilique Saint-Epure, puis à la cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation à Nancy. Il s’agissait d’une alliance dans la classe moyenne artistique. A défaut de membres de sa famille, Cyfflé fit appel pour son contrat de mariage à deux collègues : le célèbre urbaniste de Nancy et Lunéville Emmanuel Heré de Corny (1705-1763)[115] « premier architecte du Roy », et François Richard, « contrôleur des offices de sa Majesté ». Il s’agissait de deux relations flatteuses. La future avait amené, outre son père, l’organiste François Winand et son épouse, en plus d’un ami de la famille qui était de passage, Joseph Vauthier, secrétaire du duc de Toscane (auparavant duc de Lorraine)[116].

Le ménage Cyfflé eut huit enfants, nés de 1751 à 1767 : Stanislas-Thomas (°1751 - ?)[117], Joseph (°1752 – après 1785)[118], François-Paul (1753-1756)[119], une fille mort-née (1755)[120], François-André (1756-1830)[121], Jean-Paul-Victor (1758-1759)[122], une fille mort-née (1762)[123] et Louis-Paul-Nicolas (°1767- après 1794)[124]. Trois fils, peut-être quatre, atteignirent l’âge adulte.

Suivant l’usage du temps, Cyfflé sollicita, lors des naissances, l’appui de personnalités influentes. C’était une forme de promotion sociale, même s’il ne s’agissait souvent que d’une condescendante bienveillance de la part du parrain ou de la marraine sollicités. Cyfflé y réussit le mieux avec son fils aîné : le roi-gouverneur Stanislas lui-même accepta d’être parrain et fut même présent lors du baptême, célébré dans la chapelle ducale. Stanislas aimait être considéré comme un souverain paternel et social. Il avait dès lors un nombre considérable de filleuls[125].

Les années durant lesquelles Cyfflé fut sculpteur s’étirent de son arrivée à Lunéville jusqu’aux environs de 1763. Dans les actes, il est qualifié de modeleur, ciseleur ou sculpteur du Roy. Nous n’avons que peu de renseignements sur ce qu’il fit exactement durant ces presque quinze ans. Certes, ses deux grandes œuvres sont connues. D’une part il y a la statue en pied de Louis XV sur la Place Royale, à laquelle il travailla avec son patron Guibal. D’autre part, il réalisa, peu après le décès de Guibal, l’impressionnante « Fontaine d’Alliance » sur la place éponyme de Nancy, rappelant le renversement d’alliance par le traité conclu entre l’Autriche et la France. Ce n’est pas beaucoup, pour une période relativement longue ayant suivi la mort de son maître en 1757 et durant laquelle il fut sculpteur indépendant. Sans doute réalisa-t-il encore d’autres sculptures, plus modestes et non signées, et exécuta-t-il des travaux de restauration. De toute façon il doit avoir bien gagné sa vie, puisqu’il parvint à acquérir des propriétés.

La disparition de Guibal en 1757 aurait dû signifier pour Cyfflé et quelques autres  sculpteurs, un accroissement des commandes. Ce ne fut pas vraiment le cas. Stanislas Leczinski avait, au cours des trente années écoulées, rendu ses châteaux plus beaux et plus impressionnants. Il y avait toutefois une limite au nombre de statues à installer. En dehors de la Lorraine, le marché était également limité, car à Paris et dans toutes les grandes et même petites villes du royaume de France, de talentueux sculpteurs étaient à l’œuvre. Cyfflé se rendit compte du recul des commandes et comprit qu’avec un monarque vieillissant, la situation ne s’améliorerait pas. Stanislas disparaîtrait bientôt et n’aurait pas de successeur. La Lorraine serait annexée par la France et administrée par des fonctionnaires, Nancy resterait tout au plus une capitale provinciale et Lunéville perdrait son statut de ville de résidence royale. Des initiatives étaient nécessaires si Cyfflé voulait entretenir décemment sa famille. Il jeta son dévolu sur la faïencerie.

La terre de Lorraine

La Lorraine avait une belle tradition de faïence à base de terre glaise ou de terre de pipe. Les producteurs les plus importants appartenaient à la famille Chambrette. Celle-ci fut la première à utiliser la terre de pipe, dite « terre de Lorraine », avec laquelle étaient fabriquées des œuvres d’un beau blanc brillant, comparable à la porcelaine. Pour sa production à base de terre de pipe, Jacques Chambrette[126] fonda en 1749, en plus de sa fabrique existante à Lunéville, une fabrique distincte. L’ensemble formait la « Manufacture royale ». En 1758, il s’avança encore plus loin en érigeant une fabrique à Saint-Clément qui, sur base d’une composition particulière de la terre de Lorraine, produirait de la vraie porcelaine. Chambrette mourut inopportunément à cette époque et laissa une succession difficile. La « Manufacture » de Lunéville échut aux héritiers mais celle de Saint-Clément, pour des raisons compliquées sur lesquelles nous ne nous étendrons pas, fut vendue aux enchères[127].

A la vente du 5 février 1763, Cyfflé faisait partie du consortium des trois meilleurs enchérisseurs. Il constata cependant que les querelles au sein de l’association, faisaient courir de gros risques à l’entreprise et en octobre de la même année, il vendit ses parts à ses deux associés. Cela n’empêcha pas qu’il resta lié pendant quelque temps encore à cette entreprise au sein de laquelle il put expérimenter ses idées relatives à l’utilisation des matières premières. Entre-temps, il étudia également la proposition du comte Guillaume-Henri de Nassau-Usingen (1718-1768) qui régnait sur la petite principauté de Saarbrücken et qui voulait lui confier la direction de la faïencerie fondée par lui à Ottweiller. Rapidement Cyfflé déclina l’offre, suite aux intrigues à son encontre menées par Dominique Pellevé, le directeur en place[128].

Début 1765, Cyfflé inaugura sa propre faïencerie. Il allait travailler la Terre de Lorraine et créer des produits qui tout en n’étant pas de la porcelaine, avaient d’après les annonces publicitaires, une blancheur éblouissante. Comme toujours, il s’agissait de s’arranger pour contourner les octrois d’exclusivité existants, non seulement ceux des fabriques de porcelaine en Lorraine mais surtout ceux de la manufacture royale de porcelaine de Sèvres, forte de son illustre protection. Pour cette raison, Cyfflé ne manquait jamais d’insister que ses productions n’étaient que de la « presque porcelaine ». Il ne s’agissait évidemment que d’un subterfuge fournissant à des fonctionnaires bienveillants les arguments suffisants afin de pouvoir accorder un permis d’exploitation. Un tel permis lui fut octroyé en 1768, alors qu’il s’activait dans ce domaine depuis déjà plusieurs années. Il ne lui fut d’ailleurs accordé que pour la production de services de table, alors que l’intérêt du sculpteur Cyfflé était surtout orienté vers des pièces de genre et autres petites statuettes. Que pour cela il n’ait pas, à strictement parler, reçu d’octroi était délibérément ignoré des services de contrôle. Pour leur part, ses concurrents, et plus particulièrement la manufacture de Sèvres, ne lui causèrent pas d’ennuis[129].

Le premier collaborateur de Cyfflé fut son fils Joseph, tandis que bientôt d’autres suivirent. A son apogée, la fabrique compta plus de vingt collaborateurs, vingt-six en 1775. Outre le directeur Cyfflé, il y avait deux modeleurs, sept répareurs[130], deux élèves répareurs, un garnisseur pour les fleurs et les détails, neuf élèves, une personne chargée des fours et trois manœuvres[131]. Aucun peintre n’apparaît dans cette liste, puisque l’unique production était du biscuit, de couleur blanche ou ambrée. Cyfflé ne se limitait pas à innover par le choix des bonnes matières premières et en expérimentant leur composition, il était principalement celui qui modelait les statuettes en glaise ou qui donnait à ses deux modeleurs les instructions nécessaires, après quoi, les moules étaient fabriqués, complétés et assemblés, et enfin cuits au four. C’est par cette activité, qui ne l’occupa que durant une dizaine d’années, que Cyfflé  acquit une renommée durable.

Les productions artistiques de la Manufacture Royale Cyfflé

La gloire est venue du fait que Cyfflé produisait des objets de grande qualité. Ses petites statuettes étaient des chefs-d’œuvre de sculpture raffinée. Avec lui, il ne fallait pas s’attendre à des objets grossiers, rustiques, en quelque sorte primitifs, propres à être vendus dans les fêtes foraines ou par des colporteurs. Ses productions étaient destinées aux riches intérieurs, afin de trôner sur les manteaux de cheminée et dans les vitrines, ou encore, pour orner comme dessus une table festive. Tant pour les personnages isolés que pour les groupes de figures, Cyfflé maîtrisait parfaitement les thèmes qu’il représentait[132].

Une première série de figurines représentait de modestes artisans et métiers, pour l’essentiel les vendeurs ambulants, tels le réparateur de faïence et de porcelaine, le chaudronnier, le ramoneur, les chanteurs et les musiciens de rue, le vendeur de scapulaires et de chapelets, les poissardes et les vendeuses de tripes et boudins, le boucher, le ferblantier, le rémouleur, en un mot, tous ceux qui vantaient à grands cris leur activité par les rues ou sur les marchés. Il s’agissait de présentations de petites gens, mais les classes aisées ne raffolaient pas moins de les posséder. Tous ces personnages ou ces petites scènes, tout en étant d’une finition raffinée, gardaient un ton de fraicheur populaire, ce qui les différenciait des figurines similaires produites à Sèvres, qui étaient d’un ton bien plus « solennel ».

Les thèmes relatifs à l’amour formaient un deuxième ensemble. Il s’agissait de la représentation de couples d’amoureux, de scènes idylliques ou bucoliques, parfois quelque peu érotiques. Ils étaient la représentation de personnages que les amateurs de littérature rencontraient dans les romans à succès du 18ème siècle.

Ensuite venaient les portraits. Bien des personnages importants furent ainsi représentés en miniature, soit en pied soit en buste, genre dans lequel Cyfflé excellait. Rois et princes furent immortalisés de cette manière, comme Louis XVI et Marie-Antoinette, mais avant tout le bon roi Stanislas. Les grands intellectuels, vedettes de leur temps, pénétraient par ce biais dans bien des salons, en particulier Rousseau, Voltaire et Montesquieu.

La mythologie demeurait également une des sources d’inspiration. L’intellectuel moyen connaissait parfaitement la plupart des récits de la mythologie grecque, souvent repris au théâtre et dans les poèmes ou allocutions des chambres de rhétorique. Il en était de même pour les sujets que privilégiaient les peintres de l’époque. Dans sa céramique, Cyfflé représenta des couples mythologiques célèbres : Pyrame et Thisbée, Renaud et Armide, Vénus et Adonis, Léda et le Cygne, Hercule et Omphale. Les récits anciens n’étaient d’ailleurs souvent qu’un prétexte pour traiter de sujets d’actualité, parfois controversés ou brûlants. En outre, bien des scènes allégoriques étaient traitées, avec des thèmes tels les quatre saisons, les arts et les sciences, les muses, la peinture, l’architecture, l’astronomie, etc.

Cyfflé s’inspira aussi de l’Emile de Rousseau, et des pièces de théâtre du moment. De la même manière qu’il avait trouvé inspiration dans la musique et le théâtre lyrique. Des pièces de Rameau, Lully, Favart furent représentés par des statuettes.

Certaines figurines adhéraient à l’atmosphère politique du temps. Ainsi, la statuette  représentant le roi Henri IV. Pour les intellectuels du 18ème siècle, il symbolisait l’idéal du monarque éclairé, apôtre de la tolérance. Représenter Henri IV avec son ministre protestant Sully était un acte politique car on le comprenait comme un rejet de Louis XIV et un appel en direction de Louis XVI, afin qu’il se laissât inspirer par cet ancêtre. Exposer Henri IV et Sully dans une vitrine, confirmait que le propriétaire était contre l’absolutisme du souverain et en faveur d’une monarchie éclairée. Autre figurine portant une charge politique identique, était celle de Bélisaire, symbole du fidèle serviteur confronté à l’ingratitude de son roi. Le reproche, voilé, était adressé à Louis XV[133].

Edmond Marchal (1833-1916) a loué le travail de Cyfflé dans les termes suivants : La nature prise sur le fait – le réalisme choisi parmi le populaire – un talent plein de feu – une observation profonde – il sut allier à la pureté des formes la finesse des détails[134]. Hélas, la qualité reconnue, les efforts pour s’inscrire dans l’esprit et les thèmes du temps, ne permirent pas à Cyfflé de vaincre les lois de l’économie. Après la mort de Stanislas en 1766, la Lorraine n’était plus qu’une modeste subdivision du royaume de France. En réalité, Cyfflé arrivait vingt ans trop tard avec sa nouvelle activité industrielle. Afin de pouvoir prospérer, l’industrie du luxe devait pouvoir compter sur l’appui d’un monarque ou d’un souverain et de la cour qui l’entourait. Le bourgeois avait bien d’autres priorités que d’acheter « d’inutiles » bibelots, à moins qu’il n’y soit stimulé par l’exemple du prince et de son entourage, qui incitait à l’imitation. Ce type d’impulsion fit de plus en plus défaut à partir de 1766. Cyfflé devint conscient du commencement de la fin pour ses collègues et concurrents mais aussi pour sa propre entreprise. A partir de 1777 sa Fabrique de Terre de Lorraine se mit à tourner au ralenti pour s’arrêter en 1779[135]. Cyfflé possédait-il bien, outre son art, les capacités commerciales et industrielles, en plus des moyens financiers, nécessaires pour affronter un ralentissement économique ? La question se pose.

La fermeture de la manufacture annonça la fin de Cyfflé, en tant qu’artiste et industriel. Les trente ans qu’il avait encore devant lui pourraient fournir, comme on le verra ci-après, matière pour un roman haut en couleurs, digne de Balzac et de ses Scènes de la vie de province. En tant qu’artiste, il avait eu son temps, et ne réaliserait plus rien de notable.

Liquidation à Lunéville

Cyfflé revint dans son pays natal à partir de 1777. Pour surmonter les aléas du temps, sa décision était prise : la situation était devenue trop difficile en Lorraine et il voulait liquider ses affaires. Il n’en laissa rien paraître, même pas en 1778 lorsqu’il fut solennellement reçu à l’Académie des Sciences et Belles-lettres de Nancy, qui lui alloua un prix en numéraire pour le don qu’il lui avait fait d’une statue de petit format, en pied et en bronze, du roi Stanislas[136].

Pendant que lui s’en allait à la recherche de nouvelles opportunités aux Pays-Bas autrichiens, sa femme et son fils Joseph demeurèrent à Lunéville avec quelques collaborateurs, tentant de régler au mieux la liquidation, ce qui prit plusieurs années. La première vente, en avril 1780, fut celle d’une ferme près de Château-Salins, pour 22.600 livres de Lorraine. Cyfflé ne s’imaginait pas encore qu’il serait confronté à d’énormes difficultés de paiement, et qu’il aurait notamment, sous la Révolution, à se défendre contre des paiements en assignats, c'est-à-dire en monnaie de singe. A sa mort, 26 ans plus tard, l’affaire n’était toujours pas réglée et il avait beaucoup perdu dans cette transaction[137].

Afin de faciliter la liquidation, Cyfflé donna à sa femme, en avril 1781, une procuration notariée. L’actif principal était constitué par les moules et les modèles, fabriqués au fil des ans, et utilisables par des collègues. A partir de 1780, il en mit en vente un certain nombre, mais les acheteurs étaient rares, suite au fait que quelques confrères avaient été acculés à la fermeture et que l’offre était bien plus grande que la demande. Pourtant, certains persévéraient[138] et des fabriques à Toul-Bellevue, Niderviller[139] et Saint-Clément[140] lui achetèrent des moules avec lesquels elles produisirent encore longtemps des statuettes ‘à la Cyfflé’.

La liquidation progressait lentement. En novembre 1783, Madame Cyfflé avait encore toujours des moules à vendre. Elle mit en même temps en vente un « moulin à chevaux »[141]. Restaient encore la maison et les ateliers qui trouvèrent acquéreur en août 1784 en la personne de Jean Martin, négociant et maire d’Huvillier, qui déboursa 10.000 livres lorraines. Ce qui permit à Cyfflé de rembourser des emprunts, tout en en contractant immédiatement de nouveaux.[142].

Retour aux Pays-Bas autrichiens

Revenons en 1777 et à ce que Cyfflé tenta aux Pays-Bas méridionaux. Arrivé à Bruxelles au printemps 1777, il s’était adressé à des relations qui pourraient l’introduire auprès du gouverneur général Charles de Lorraine (1712-1780)[143], ce qui ne fut pas facile. Cyfflé était considéré comme une créature du « bon roi Stanislas » qui, en son temps, avait prit la place des ducs de Lorraine. A leurs yeux, il s’agissait d’une usurpation, conséquence d’un arrangement politique entre Vienne et Paris, dont la famille de Lorraine avait fait les frais. Charles de Lorraine avait été l’un des plus véhéments adversaires de l’abandon par son frère de ce beau duché au profit du roi détrôné de Pologne Stanislas Leczinski, beau-père de Louis XV. Certes son frère avait reçu en échange le duché de Toscane, tandis que son mariage avec Marie-Thérèse avait constitué pour lui, autant que pour Charles, une issue heureuse. N’empêche que la nostalgie du Lunéville et du Nancy d’avant « le roi Stanislas » rongeait Charles, qui avait gardé de la Lorraine tant de beaux souvenirs de jeunesse[144].

Il est donc loin de certain « qu’un nommé Sifflet », comme Charles le mentionne dans son agenda secret, fut le bienvenu et parvint jusqu’à lui[145]. Le gouverneur lui paya cependant, mais seulement par l’intermédiaire d’un agent nommé Giron, 50 ducats et une tabatière en or, pour la statuette en biscuit le représentant, haute de 30,5 centimètres, que Cyfflé avait produite et ramenée à Bruxelles. Ne l’aimait-il pas vraiment ou au contraire voulut-il la faire copier ? Le fait est que six mois plus tard il envoya la statuette à Crumpipen. Etait-ce au chancelier de Brabant Joseph de Crumpipen (1737-1809), alors président de l’Académie thérésienne des Sciences et Belles-Lettres[146], ou à Henri de Crumpipen (1738-1811)[147], secrétaire du Conseil du Gouvernement, sur le point d’être nommé conseiller d’Etat ? Sans doute plutôt au premier. Que voulait exactement dire Charles en écrivant qu’il la remettait à Crumpipen pour la faire partir ? Cela voulait-il dire l’envoyer à Tervuren ? De fait, peu de temps après, elle se trouvait dans l’atelier de céramique princier[148], servant sans doute de modèle[149]. Charles de Lorraine avait en effet son propre atelier de porcelaine, en plus des autres ateliers d’art qu’il avait fondé et qui œuvraient exclusivement pour son plaisir et à son profit. Il n’attendait pas avec impatience que quelqu’un accoure avec une statuette en biscuit ou en « presque porcelaine »[150]. Plutôt que d’en acheter quelques exemplaires, ce que le sculpteur espérait  sans doute, il semble plutôt avoir été enclin à en faire des copies[151].

Joly et Dardenne, suivis en cela par Noël, assurent que l’archiduc Charles posa pour Cyfflé[152]. Nous ne pensons pas ce fut le cas, mais qu’au contraire Cyfflé ne rencontra probablement jamais le gouverneur général. La physionomie de Charles était suffisamment connue et l’on voit mal qu’il ait eu à poser en fonction d’une telle statuette en biscuit, dont la tête ne faisait que quelques centimètres. Du reste, où donc Cyfflé aurait-il réalisé la cuisson de cette statuette ? S’il avait réellement rencontré Charles durant quelques séances de pose, celui-ci n’aurait pas cité « un nommé Sifflet » dans ses carnets et lui aurait remis la tabatière en personne.

Cette même année, Cyfflé tenta sa chance à Vienne. A l’automne 1778, il introduisit une requête auprès de l’impératrice, dans laquelle il rappelait la promesse qu’elle lui avait faite de le recommander auprès du gouverneur général[153]. En dehors de ce document, toute preuve de sa présence à Vienne fait défaut. Il se pourrait tout aussi bien qu’une personne sur place ait préparé pour lui une promesse écrite de recommandation. Le voyage demeure évidemment possible, et il peut y avoir eu une audience auprès de l’impératrice ou un de ses collaborateurs, mais toute l’histoire brodée autour de ce voyage nous semble avoir un si fort « parfum Ledoulx » que le doute est légitimement permis. D’après le biographe brugeois, assidûment recopié, Cyfflé aurait rencontré l’impératrice, qui lui aurait conféré un ordre de chevalerie, et lui aurait demandé de réaliser d’elle une grande statue, sans toutefois passer une commande ferme.

A son retour en Belgique, les Etats de Flandre lui auraient confié la mission de réaliser une statue en pied de l’impératrice, à ériger sur une place publique de Bruges. Cette curieuse histoire trouve elle aussi sa source chez Ledoulx et fut recopiée par Delepierre et d’autres auteurs. Depuis au moins quinze ans, Cyfflé était passé de la sculpture et du coulage de statues à la fabrication de figurines en biscuit. Sa réputation de sculpteur avait inévitablement plutôt pâli. Aurait-on choisi cet artiste nouvellement réapparu aux Pays-Bas autrichiens au détriment de sculpteurs bien établis tels Pierre Pepers (1730-1785)[154] à Bruges, Charles Van Poucke (1744-1802)[155] à Gand ou Joseph Fernande (1741-1799)[156] et même Lambert Godecharle (1751-1835)[157] à Bruxelles, parmi d’autres comme le sculpteur internationalement réputé Pierre-Antoine Verschaffelt (Gand 1810-Mannheim 1793)[158] qui avait créé une statue en bronze de Charles de Lorraine ? Maurice Noël fit des recherches dans les archives des Etats de Flandre et en a fait effectuer à Bruges. Aucune trace d’une mission confiée à Cyfflé n’a été retrouvée[159].

De plus, assure Ledoulx et les autres après lui, la mort de Marie-Thérèse le 22 novembre 1780 eut pour conséquence que le projet fut abandonné[160]. Etrange. Ne s’attendrait-on pas plutôt à ce qu’une telle statue ait eu encore plus de sens après sa mort, ne fut-ce que pour faire plaisir à son fils et successeur Joseph II ? Un élément important est d’ailleurs que jamais aucune statue de souverain ne fut érigée sur une place de Bruges. L’emplacement pour de telles statues était prévu de longue date dans une niche de la façade de l’hôtel de ville, où en effet une statue en pierre à l’effigie de Marie-Thérèse fut placée en 1786, avant-dernière – avec ensuite encore celle de Joseph II - dans la longue série des souverains représentés, depuis le premier comte de Flandre[161].

Retour à Bruges

Cyfflé avait d’autre part compté sur un retour dans sa ville natale, mais en cela aussi il essuya un échec. Une première commande parut pourtant pouvoir lui donner de bons espoirs. La proposition en fut faite par l’architecte provincial Henri Pulinx junior (1724-1787)[162], qui était du même âge que Cyfflé et avait sans doute été un ami de jeunesse. Il avait été nommé entrepreneur principal pour un projet que le conseil de fabrique de l’église Saint-Sauveur décida le 8 septembre 1777 de confier à Paulus Cyfflé, beelthauwer en fabricateur van porceleyn tot Luneville in Lorreijnen. Il s’agissait de la réalisation en porcelaine et en biscuit, de bas-reliefs ovales représentant les quatre Evangélistes en buste, à placer sur la nouvelle chaire de vérité. Pour ce faire, un contrat fut signé avec son frère Nicolas le 23 septembre. Les bas-reliefs devaient être exécutés dans la même matière et dans le même esprit (in de selve materie en op de gouste) que l’Henri IV de Cyfflé, que Pulinx avait présenté comme modèle au conseil de fabrique. Les honoraires avaient été fixés à 1.100 florins courants de Flandre[163].

Que Cyfflé et Pulinx junior fussent amis d’enfance, est probable. A partir de 1734, Henri Pulinx senior et sa famille demeuraient rue courte d’Argent, en voisins de l’Ours d’Or, exploité par le grand-père Louis Cyfflé. Le jeune Cyfflé, qui habitait à moins de 100 mètres de là, dans une maison avec issue dans la rue d’Argent, était sans aucun doute régulièrement de passage chez ses grands-parents. De plus, tous deux du même âge, Pulinx et Cyfflé avaient suivi ensemble des cours à l’Académie de peinture et de sculpture de Bruges. Impossible donc qu’ils ne se soient pas connus. Il ne nous semble pas exclu, qu’à la recherche d’activités nouvelles, Cyfflé ait signalé à son ami d’enfance qu’il était disponible. Le fait aussi qu’il n’était pas oublié dans sa ville natale et que le fils d’un collègue sculpteur et céramiste réputé avait pensé à lui, peut avoir encouragé son retour dans sa ville natale. D’après le contrat, les quatre bas-reliefs devaient être livrés au plus tard en février de l’année 1778. Ce délai était bien trop court pour Cyfflé qui avait alors bien des lièvres à courir, et qui ne disposait peut-être plus des fours nécessaires pour y cuire des pièces d’environ 50 centimètres sur 30. Finalement, la commande ne fut pas honorée et c’est le sculpteur Charles van Poucke qui livra en 1780 quatre bas-reliefs en marbre[164]. L’historien et critique d’art Michiel English (1885-1962), deux siècles plus tard, approuva le changement. Vraiment, de la porcelaine sur une chaire de vérité, n’eusse pas été une bizarrerie ? Gardons la porcelaine pour l’ornement de la table, disait-il.

A l’automne 1777, Cyfflé n’était pas encore à Bruges, car sinon son frère Nicolas n’aurait pas signé le contrat en son nom. Mais il s’était rendu compte qu’il n’était pas oublié. Le patriotisme local fit que l’on accueillit le « fils prodigue » à bras ouverts. Ce qui l’encouragea assurément de mettre ses projets à exécution. C’était décidé, il lancerait dans sa ville natale une nouvelle activité, dans le prolongement de celle de Lunéville.

Le projet de manufacture de faïence à Bruges

Tout juste un an plus tard, fin 1778, Cyfflé introduisit une demande pour l’établissement d’une manufacture de faïence à Bruges. Avant cela, il avait tenté, en vain, de réaliser une association avec le porcelainier Peterinck (1719-1799)[165] à Tournai[166]. A lui seul maintenant. L’histoire de cette tentative et de son échec peut être comprise grâce aux documents publiés naguère par Henri Nicaise (1906-1939), dans une des dernières publications de cet historien trop tôt disparu, spécialiste de la porcelaine[167].

La première demande adressée par Cyfflé, dans le courant de l’année 1778, à l’impératrice Marie-Thérèse, était double. D’une part, il sollicitait un octroi pour l’érection d’une faïencerie, soit à Bruges, soit à Gand, et d’autre part, il demandait une situation pour son fils François-André, l’ingénieur. Par la suite, il ne sera plus question de cette seconde demande. L’alternative d’un établissement à Gand disparut également. On en resta donc à une demande pour la fabrication à Bruges de vaisselle et autres ouvrages de terre de Lorraine, peints en réverbère et dorés, ainsy que des figures en biscuit. L’administration viennoise se limita à expédier la requête au gouverneur général Charles qui la transmit à son tour au Conseil des Finances.

Fin janvier 1779 suivit donc, par l’intermédiaire de l’agent accrédité Mertens, la demande officielle de Cyfflé pour la fondation d’une entreprise à Bruges. Suivant l’usage du temps, il ne s’agissait pas seulement d’un permis d’exploitation mais de l’obtention de toute une série d’avantages. Tout d’abord, Cyfflé désirait importer aux Pays-Bas autrichiens, en franchise de tous droits, tous les outils pour la manufacture, ainsi que son mobilier et biens personnels. Il voulait ensuite un octroi d’une durée de trente ans, comprenant la possibilité d’importer en franchise de droits les matières premières ainsi qu’une exonération fiscale pour la distribution de ses produits aux Pays-Bas autrichiens ou à l’exportation. Cette autorisation il la demandait en fonction de la production de « terre de Lorraine sans être porcelaine ». Il savait en effet qu’il devait louvoyer afin de ne pas violer l’octroi de De Brauwere à Bruges pour la faïence et celui de Peterinck à Tournai pour la porcelaine. Par la même occasion il sollicitait le titre de « Manufacture impériale et royale ». Par une requête additionnelle, il demandait aussi l’exonération de taxes provinciales et communales, demande que le pouvoir central transmit aussitôt, avec ses chaleureuses recommandations, aux instances provinciales et communales. Ce gouvernement avait en effet un a priori favorable envers toute initiative industrielle nouvelle. Il ne se préoccupait pas de possibles violations des octrois accordés à Pulinx-De Brauwer et à Peterinck. Après échange de notes entre les services concernés, complète satisfaction fut donnée à Cyfflé dès le 10 février 1779 : les octrois furent accordés avec tous les autres avantages demandés. Les états provinciaux et le magistrat brugeois suivirent[168]. Ainsi tout paraissait réglé.

Dans le courant de 1779, Cyfflé vint à Bruges afin de préparer concrètement la fondation de la manufacture. Il y retrouva son frère et chargé de ses affaires Nicolas. Probablement prit-il contact avec ses oncles et tantes encore en vie, à savoir Jeanne-Thérèse Cyfflé et son mari l’entrepreneur Pierre Madere, Frère Hilarius Cyfflé, Barbara et son mari Jean De Ronde et la cadette Anne-Thérèse Cyfflé. En outre, il pouvait aussi rencontrer ses nombreux cousins et cousines, et tout d’abord les nombreux Madere, mais aussi leurs enfants et petits-enfants De Cock, De Ronde, De Sutter et Noë, tout comme quelques Cyfflé, enfants de son oncle Louis. Il aurait même, mais il s’agit encore une fois d’une information donnée par Ledoulx, donné des cours à son jeune neveu Jacques Berlant. Rien ne nous prouve ces contacts, mais qu’ils aient eu lieu est aisément admissible. En ce temps, les liens familiaux étaient étroits et  lorsqu’il s’agissait de rencontrer l’homme qui avait bâti sa réputation en tant que sculpteur du roi Stanislas, et directeur d’une manufacture de porcelaine à Lunéville, la famille ne se sera pas fait prier. Ce qui ne veut pas dire que des membres de la famille aient eu les moyens de promouvoir la réalisation de son projet.

L’obtention de l’octroi et des avantages annexes, ne donnait pas encore satisfaction à Cyfflé. Il demanda également à la ville de Bruges de mettre gratuitement à sa disposition un logement et des locaux industriels. Après délibération, la ville se déclara disposée à lui accorder l’usage des anciens bâtiments d’un couvent de capucins, qui avait aussi abrité une maison de correction. Situés dans la rue Jérusalem[169], ces bâtiments avaient à partir de 1741, hébergés une verrerie et fabrique de bouteilles. Le chef de l’entreprise, Arnould de Colnet, y avait habité avec sa famille et ses ouvriers. Son fils, Joseph de Colnet de la Gloriette, avait cessé l’activité en 1770[170]. Lorsque Cyfflé alla visiter cette construction inoccupée depuis près de dix ans, il fut grandement dépité. Ce qu’il trouva était un complexe quasiment en ruines, qui exigeait une sérieuse restauration. Il n’en avait pas les moyens, disait-il, ses finances devant être réservées au démarrage de sa production. La ville ne l’entendait pourtant pas de cette oreille, estimant qu’elle en avait déjà suffisamment fait et ne voulant pas créer de précédent.

Au vrai, pourquoi la ville ne fut-elle pas plus enthousiaste ? Evidemment, si elle avait donné satisfaction aux exigences de Cyfflé et remise à neuf la vieille fabrique et le logement, cela lui aurait coûté de l’argent. Mais si en contrepartie, cela procurait régulièrement du travail et de la valeur ajoutée, pourquoi pas ? C’est précisément là que le bât blessait. Les administrateurs de la ville ne voyaient pas l’initiative d’un bon œil. Cyfflé était un artiste, pas un homme d’affaires. Il n’avait pas réussi à Lunéville, là où les matières premières étaient disponibles. Comment ferait-il à une telle distance ? De plus, qui donc était dans l’attente de ces produits de luxe ? Y avait-il un marché pour cela ? Si seulement il se proposait de fabriquer des objets utiles, mais non, il s’agissait surtout d’objets d’art décoratifs.

Ce qui peut également avoir joué, c’est que, sous les yeux de l’administration communale, un drame se préparait au sein d’une entreprise similaire. La faïencerie d’Henri Pulinx senior (1698-1781)[171] avait en son temps obtenu toutes les autorisations et facilités nécessaires, tant des pouvoirs publics nationaux que régionaux ou locaux et avait en plus reçu l’usage gratuit d’un immeuble de la ville. Malgré tout cela, l’entreprise n’avait pu se maintenir et le vieux Pulinx, ayant sombré dans une profonde dépression, avait été interné. La faïencerie ayant été reprise, des rumeurs bruissaient sur son successeur Pierre-Jean De Brauwer (1731-1802) dont on disait qu’il ne pourrait bientôt plus satisfaire à ses obligations financières. Il s’agissait du même type de manufacture que celui de Cyfflé, avec en plus des produits plus utilitaires, tels des faïences pour revêtement mural. Et pourtant les ventes faiblissaient[172]. Qu’arriverait-il si on y ajoutait un concurrent en plus ? Les édiles brugeoises qui se rendaient souvent à Bruxelles et qui à Gand participaient aux réunions des Etats, étaient bien renseignés sur ce qui se passait ailleurs. Ils savaient par exemple que la fabrique de porcelaine de Peterinck à Tournai était en difficulté[173].

Cyfflé continua certainement d’insister, car pour lui un retour en arrière n’était plus possible. La fabrique en Lorraine était en liquidation et son départ de Lunéville avait été annoncé. L’historien lorrain Nicolas Durival (1713-1795), l’ayant appris, alla acheter à Cyfflé deux de ses statuettes les plus prisées, celle de Renaud et Armide et celle d’Hercule et Omphale[174]. Car, ainsi qu’il le consigna dans son journal, M. Cyfflé se dispose à retourner à Bruges, sa patrie[175]. Pourtant, après deux années de tergiversations et de rebuffades, Cyfflé arrêta les frais, tourna le dos à Bruges et introduisit une nouvelle demande afin de pouvoir transférer l’octroi qu’il avait obtenu, au profit d’une usine qu’il érigerait à Hastière-Lavaux. Certains auteurs, y compris Nicaise et Noël, affirment qu’il y eut un début de production à Bruges[176]. Aucun élément concret ne permet cependant de le confirmer. Adieu donc Bruges, et pour toujours.

Vers Hastière-Lavaux

Qui - ou quoi - aurait bien pu attirer Cyfflé à Hastière-Lavaux, minuscule village en bordure de la Meuse, à quelques kilomètres au nord de Givet ? Etait-ce son frère Nicolas qui avait entre-temps quitté Bruges pour s’établir à Namur ? Peut-être avait-il découvert le village qui abritait une ancienne fabrique de papier ayant appartenu à l’abbaye de Waulsort, qui attendait une nouvelle destination. Dans cette région, on trouvait aussi de la terre de pipe, de sorte que l’approvisionnement en matières premières ne serait pas un problème.

La rapidité exemplaire avec laquelle l’administration à Bruxelles avait traité la première demande de Cyfflé ne se répéta pas, cette fois. Il fallut attendre jusqu’en août 1783 pour obtenir les autorisations nécessaires. Il en ressort aussi que Cyfflé n’avait encore rien ramené de Lunéville, car à nouveau il obtint l’autorisation d’importer en franchise de droit ses effets, meubles, outils et matériels nécessaires à la fabrique, sous réserve d’inspection par les fonctionnaires des douanes.

Paul Cyfflé alla s’établir à Hastière-Lavaux, où sa femme vint le rejoindre au plus tard fin 1784, en compagnie de leur plus jeune fils Louis-Paul, qui avait 18 ans en 1785. En 1787, Paul fit savoir au notaire Perrin à Lunéville : Mon Louis a peint son premier tableau qui a étonné tous les connaisseurs[177]. On n’entendit plus parler de son fils Joseph : peut-être était-il décédé entre-temps. En 1785, Paul et Nicolas étaient encore associés lorsqu’il sollicitèrent un permis pour un moulin à eau, et en juillet, Paul écrivit à Perrin que tous étaient en bonne santé et que les affaires marchaient bien. Pourtant, avant la fin de cette année, Paul vendit ses parts à son frère, qui devint ainsi seul propriétaire. Pour les coûts opérationnels, un bailleur de fonds fut trouvé en la personne du « commissaire de guerre » Gillot D’Hondt à Givet. Paul Cyfflé poursuivit la gestion de l’entreprise, embaucha des collaborateurs, débuta avec la production et fit preuve d’optimisme dans une lettre au notaire Perrin, l’assurant que : « Mes affaires prennent un bon chemin »[178]. Il n’en était rien toutefois et à peine deux années plus tard, la fabrique frôlait la fermeture. En septembre 1788, Cyfflé poussa un cri d’alarme auprès de son bailleur de fonds. Ne sachant plus à quel saint se vouer, ne pouvant plus satisfaire ses créanciers, il avait licencié tout son personnel, y compris son dessinateur et peintre. Il espérait pouvoir reprendre les activités, avec son fils Joseph[179]. La fin était proche, se lamentait-il, si de nouveaux moyens financiers n’arrivaient pas. Dans de telles conditions la production demeura sans nul doute assez médiocre.

Sur ces entrefaites, une querelle avait éclaté entre Paul-Louis et Nicolas. Après avoir emprunté à son frère des sommes qu’il fut incapable de rembourser, il lui céda, en plus de ses parts dans l’entreprise d’Hastière, la créance de 11.574 livres que l’acheteur de la ferme de Château-Salions lui devait toujours. Nicolas ne fut pas davantage payé par ce débiteur, ce qui l’amena en 1789, à opérer une saisie sur tout ce que ce débiteur, mais aussi ce que Paul-Louis, pouvait encore posséder à Lunéville et environs. Les procédures, impliquant également le notaire Perrin, étaient encore pendantes devant la Cour d’appel de Nancy, lorsque vingt ans plus tard,  Paul-Louis et Nicolas Cyfflé fermèrent les yeux à jamais[180].

A partir de 1787, des mouvements révolutionnaires vinrent semer le désordre. L’agitation ayant gagné Namur[181], Nicolas, partisan de l’empereur, se trouva menacé et partit précipitamment vers Bruges. Revenu à Namur, il dut s’enfuir à nouveau en 1789, cette fois vers Givet, et lorsqu’il revint, sa maison avait été pillée. Dans l’espoir d’être remboursé par les Autrichiens, il introduisit une demande de dédommagement détaillée[182].

En 1789-1790, les Patriotes et les Autrichiens se succédèrent à Hastière-Lavaux. Paul-Louis, qui tout comme son frère était une ‘figue’ ou partisan de l’empereur, trouva refuge avec sa femme et son fils, dans la ville française de Givet, fortifiée par Vauban. Lorsqu’il revint à Hastière fin 1790, les troupes avaient fait bien des dégâts. Cyfflé fit immédiatement dresser un acte notarié mentionnant les ravages perpétrés tant par les Patriotes que par les troupes autrichiennes[183]. Début 1792, il introduisit un dossier auprès du gouvernement en exigeant un dédommagement conséquent. L’inventaire dressé à cette occasion est intéressant parce qu’il donne une bonne idée de ce qu’une telle fabrique exigeait en matière de bâtiments et d’équipement, machines et matériel, matières premières, moules et produits finis. Les effets personnels perdus furent également énumérés de manière détaillée. Cet inventaire ne concordait sans doute pas avec la réalité. Cyfflé, en s’inspirant de ce que fut son installation à Lunéville, avait peut-être décrit une situation fictive[184].

En tout cas, l’administration ne fut pas dupe. Dans un rapport sévère elle nota que Cyfflé n’avait fait que de mauvaises affaires et n’avait jamais disposé des moyens financiers nécessaires. Il voulait profiter de la situation et ramasser une petite fortune tout à fait excessive au regard des quelques dommages causés par les soldats, en présentant ceux-ci comme étant une destruction totale[185]. Il ne bénéficia donc probablement d’aucun dédommagement.

Pendant toutes ces années, Cyfflé fut donc confronté à des soucis financiers, auxquels s’ajouta la rupture avec son frère Nicolas. Lorsque le 2 novembre 1793, les Sans-culottes dirigés par le maire de Givet, le nommé Le Colle, firent des incursions dans la région et dévastèrent Hastière, Cyfflé, sa femme et son fils, avaient déjà quitté le village depuis quelque temps. Il espérait trouver à Bruxelles la protection autrichienne, mais là aussi, la fin de l’Ancien Régime était proche. Son fils Louis offrit ses services ailleurs et devint « peintre de batailles » au service du Marquis de Chasteler[186] et le suivit dans ses campagnes contre les Français. Il était « nourri, chauffé, éclairé et payé », comme Cyfflé le fit savoir en février 1794 à un correspondant[187].

Les dernières années à Bruxelles

Ledoulx et Delepierre, premiers biographes de Cyfflé, ne se donnèrent plus la peine de le suivre après son échec brugeois. Ils le savaient parti pour les Ardennes, mais écrivirent en guise d’épitaphe que depuis lors on n’entendit plus parler de lui. Le Doulx qui écrivait pourtant au tournant du siècle aurait pu obtenir auprès de membres de la famille des informations sur l’artiste qui vivait toujours.

Pratiquement tous les autres articles parus sur Cyfflé, mentionnent qu’il mourut à Bruxelles, abandonné et dans le dénuement le plus complet[188]. Louis-Antoine Michel situe à tort son décès en 1810 et écrit qu’il le rencontra à Bruxelles dans un état de gêne voisin de l’indigence[189]. Seul Alexandre Joly mena des recherches et parvint à établir que Cyfflé ne mourut pas en 1810 mais bien le 24 août 1806 et non à Bruxelles mais à Ixelles[190]. Nous donnons ci-après des renseignements plus précis sur sa situation familiale et sa mort.

Cyfflé vint donc habiter à Ixelles, près de Bruxelles. Désiré Van de Casteele situe son arrivée en 1791. Sans doute se basait-il sur Alexandre Joly qui avait été renseigné par le bourgmestre d’Hastière-Lavaux que Cyfflé avait quitté la commune dans le courant de l’année 1791. Il n’y a aucune preuve qu’il se rendit directement à Bruxelles et qu’il y resta pendant la période difficile qu’était pour les partisans de l’empereur la première domination française (novembre 1792-mars 1793). Quoi qu’il en soit, une lettre de Cyfflé, assurant qu’il s’était déjà bien intégré à Ixelles, date du 1er février 1794[191], de sorte que nous pouvons considérer qu’il y arriva au plus tard dans la seconde moitié de 1793, au cours des derniers mois du régime autrichien. Ses fils, ou à tout le moins l’un de ses fils et sa femme, l’accompagnaient : Nos enfants nous ont logé dans une petite maison et ont fait ce qu’ils ont pu. Il s’agissait de François-André Cyfflé, le fils cadet, qui habitait depuis plusieurs années à Bruxelles, au moins depuis 1785. Il y avait épousé le 24 avril 1786 Anne-Marie Vigoureux[192]. Lors de la révolution brabançonne, il s’était engagé dans le « Corps franc belge Archiduc Charles »[193] au service des Autrichiens et avait été nommé sergent-major. En juin 1794, son bataillon battit en retraite lors de l’invasion des troupes françaises et Cyfflé se comporta avec bravoure au cours du siège de Mayence[194]. Par la suite il revint à Bruxelles.

Le frère de Paul-Louis Cyfflé, Nicolas, son fidèle représentant à Bruges et son compagnon dans l’aventure d’Hastière, avec qui les relations s’étaient dégradées pour des raisons financières, vint lui aussi habiter Bruxelles. Nicolas, était à présent veuf, mais le 12 mai 1798, septuagénaire, il convola avec Petronilla Vandermeersen (°Bruxelles, 1768), sa cadette de quarante ans, fille du charron Jérôme Vandermeersen. L’acte de mariage mentionne Cyfflé comme étant orfèvre et habitant une maison de location, rue du Marais[195]. Le mariage religieux suivit à l’église Saint-Nicolas, rue au Beurre, le 5 novembre 1798. Les quatre témoins du mariage civil n’étaient pas membres de la famille. Deux étaient tailleur, pour le troisième aucune profession n’était mentionnée, tandis que le quatrième était un personnage d’une certaine réputation. Il s’agissait de Pierre-François Le Roy (Namur 1739 - Ixelles 1811), sculpteur qui avait connu le succès avant les révolutions et qui présentement, tout comme les frères Cyfflé, vivotait Bruxelles[196].

Bien qu’approchant de la septantaine en arrivant à Bruxelles, Paul-Louis Cyfflé se mit sans tarder au travail, fit frapper des médailles à l’effigie de son ancien bienfaiteur le roi Stanislas et les vendit six francs pièce[197]. Il se peut qu’il ait quelque peu travaillé à la faïencerie d’Etterbeek[198]. Eut-il encore l’ambition d’à nouveau sculpter et de produire des figurines en faïence ? Aucune trace n’en a été retrouvée et même s’il l’avait voulu, l’âge et les aléas du temps l’en auraient bien dissuadé.

Sa femme, Catherine Marchal, mourut à Ixelles et y fut inhumée le 20 janvier 1795[199]. Sa sœur, Anne Barbe Marchal (°1719), demeurée célibataire, vivait avec les époux. Elle mourut à Ixelles le 28 septembre 1802[200], et la déclaration de décès fut faite par le géomètre François-André Cyfflé, demeurant à Ixelles, sans doute avec son père et sa tante, ou à tout le moins dans les environs immédiats[201].

Et le 24 août 1806, à 3 heures 30 (de la nuit ou de l’après-midi), ce fut au tour de Paul-Louis Cyfflé, qualifié d’artiste dans l’acte de décès, de s’éteindre. Il avait eu 82 ans. Les déclarants du décès étaient son voisin, le maître d’école Antoine Schlim (40 ans) et son ami Thibaut (50 ans). Bien qu’il ne soit pas mentionné dans l’acte, François André Cyfflé était présent et apposa sa belle signature à côté de celle du bourgmestre Hyppolite Legrand[202].

Un an plus tard, le 27 août 1807, mourut Nicolas-François Cyfflé, qui habitait encore toujours au cœur de Bruxelles. Son beau-frère le cordonnier Jan Vandermeersen, illettré, vint faire la déclaration de décès, accompagné du cordonnier Luc Vandenhouten, lui aussi illettré[203].

Tout ceci démontre que Cyfflé n’était pas demeuré aussi isolé qu’on se l’était imaginé. Après la mort de sa femme, sa belle-sœur demeura avec lui, de sorte qu’il eut encore pendant près de huit ans une présence et sans doute une aide féminine auprès de lui, de même que jusqu’à son décès, il eut des relations suivies avec au moins l’un de ses fils et sa femme, qui peut-être habitaient avec lui. Son frère était là aussi, du moins si réconciliation il y eut, ce qui n’est pas certain. Ce qui semble bien exact, c’est qu’il mourut sans laisser de biens, puisque son fils renonça à la succession et que ses meubles, vendus publiquement par le notaire Van der Linden, ne rapportèrent que 205 francs (ou florins)[204]. Ceci semble bien peu de chose, à moins que quelques économies demeurées hors succession, aient échappé au percepteur.

François-André Cyfflé, en guise d’épilogue

François-André Cyfflé, ce fils resté auprès de Louis-Paul, connu comme « ingénieur », semble avoir gagné sa vie non seulement en tant que géomètre-juré mais aussi comme collaborateur du notaire Jean-Baptiste Van der Linden. Son nom apparaît dans la majorité des actes dressés en ces années-là par ce notaire, soit comme témoin d’une vente ou d’un testament, soit en tant que géomètre pour un arpentage ou un lotissement. Quelques fois aussi, il intervenait en tant qu’exécuteur testamentaire[205]. Lui et sa femme, Anne Marie Vigoureux (1756-1826[206]), née à Paris, compte tenu de l’absence d’enfants, firent enregistrer chez le même notaire, le vendredi 20 décembre 1805, donc encore avant la disparition de Paul-Louis, un testament les rendant mutuellement bénéficiaires en cas de décès du conjoint[207]. L’acte ne mentionne aucun bien, mais l’héritage devait sans doute avoir une certaine consistance pour se donner la peine d’établir un acte notarié.

Ce qu’il advint des frères Stanislas-Thomas et Joseph Cyfflé n’a pas pu être déterminé. Comme ils ne furent pas cités dans l’acte de succession de Paul-Louis Cyfflé, il y a lieu de présumer qu’ils étaient déjà morts en 1806, sans descendance. De même pour Louis Cyfflé, parti en direction de l’Autriche, en tant que correspondant pictural des opérations de guerre.  François-André Cyfflé, devenu veuf, ferma les yeux le 30 janvier 1830[208]. A cette occasion il fut mentionné comme étant rentier, et son testament ainsi que sa succession démontrent qu’il n’était pas sans ressources[209]. Ses biens nets furent estimés à 13.500 florins, en ce compris sa demeure à Ixelles, située le long de la chaussée d’Etterbeek. Elle fut évaluée à 8.000 florins et les meubles à 1.400 florins, le solde de l’actif consistant en rentes hypothécaires[210]. S’agissait-il uniquement du fruit de ses propres activités, ou bien les procès que son père avait si longtemps menés avaient-ils enfin produit un résultat ?

Le bénéficiaire de l’héritage était son « cousin », le fondeur de cuivre brugeois et bientôt malinois Auguste Berlant (°1799)[211]. En effet, Cyfflé avait réglé son testament de manière telle que la femme d’Auguste, née Julia Martin (°Malines 1796) reçoive l’usufruit, tandis que la nue-propriété revenait aux trois enfants du couple[212].

Le cousinage était réel, mais tout de même assez éloigné. La sœur aînée du joaillier Paul-François Cyfflé, Marie-Anne Cyfflé avait, comme on l’a vu plus haut, épousé en 1717 le boulanger Jacques De Sutter, dont elle avait eu dix enfants. L’une des filles épousa son cousin Nicolas Cyfflé. Une autre, Thérèse-Claire De Sutter (1737 – après 1829[213]) épousa le boulanger Albert Lameire et leur fille Thérèse Lameire (1770-1829) épousa l’artiste peintre Jacques Berlant (1768-1845)[214]. Ce qui veut dire que François-André Cyfflé et la femme de Jacques Berlant étaient petits-cousins. La parenté avec le fils de ce Jacques, indiqué comme héritier, était nécessairement encore plus éloignée. Les liens d’amitié devaient donc être plus forts qu’avec d’autres membres de la famille, étant donné qu’il y avait encore d’autres descendants de Louis Cyfflé-Heldewijs, même d’un degré plus proche. Assez curieusement, un document joint à l’acte certifiait qu’à défaut de testament dans le chef de François-André, Auguste Berlant aurait été juridiquement son seul et unique héritier universel. C’était ne pas tenir compte d’autres héritiers possibles, en premier lieu du père et de la mère Berlant.

Jacques Berlant, fils du vendeur de tabac Jean Berlant et de Marie-Josèphe Nobus, avait dans sa jeunesse non seulement été étudiant à l’Académie brugeoise, il avait aussi joué la comédie avec les « Vlaemsche Commedianten » qui se produisaient au théâtre de Bruges. Pour monter sur scène, il sécha même les cours de l’Académie, ce pourquoi il fut puni[215]. Il acquit ensuite une modeste notoriété comme peintre de paysages bucoliques et de marines[216], mais devint, particulièrement après 1830, un auteur dramatique à succès très productif[217]. Trois de ses pièces furent imprimées[218] en 1842 par sa presque voisine, la veuve De Laere-Bogaert, qui avait son imprimerie le long du Quai du Rosaire[219]. A l’époque, le sentiment national était très vif, tandis que des sociétés populaires prônaient la révolution.[220] Dans certaines de ses plus de soixante pièces de théâtre (53 en néerlandais, 9 en français) Berlant défendit des principes qualifiés ultérieurement de ‘socialistes’. L. Van Peteghem (Bruges 1825 -Bruxelles 1901), resté son unique biographe, le signale. Brugeois lui-même, Van Peteghem était non seulement journaliste mais aussi dessinateur et lithographe. Dans les années 1860-1880, il fut très actif dans la section de la Première Internationale Socialiste à Bruxelles[221].

Dans sa jeunesse, Jacques Berlant aurait reçu des leçons de Paul-Louis Cyfflé[222]. Compte tenu de sa date de naissance, ce ne peut avoir été le cas que pendant une brève période, après le retour de Cyfflé en Belgique et à Bruges. De là sans doute les liens forgés à la génération suivante, entre Auguste Berlant et François-André Cyfflé. Les Berlant étaient aisés. Le père Jacques s’était constitué, dans sa maison de maître, une importante collection, notamment de médailles et de gravures[223]. Il se fit également peindre avec sa femme et son fils Auguste, par Joseph Odevaere, qu’il qualifia d’ami intime. Son petit-fils François Berlant, qui habitait à Bruxelles près de la Gare du Nord, était encore en possession de ces portraits en 1880[224].

François-André Cyfflé avait 74 ans lorsqu’il mourut, et avec lui, disparut le dernier descendant et témoin de la vie de Paul-Louis Cyfflé. Des dernières années de la vie de celui-ci, le biographe Auguste Van der Meersch[225] écrivit : c’était, disaient les personnes qui le connurent au déclin de sa vie, un petit vieillard fort gai et très spirituel, ce qui lui avait valu sans doute l’épithète de « joyeux compère »[226]. Van der Meersch n’a pas indiqué de sources pour cette conclusion, et nous ne sommes dès lors pas absolument certains que Cyfflé produisait cette impression. Ce qui de toute façon demeure, sont ses œuvres. Elles témoignent pour lui.

Frédéric Thomaes et Andries Van den Abeele

Octobre 2007.

Paru dans Le Parchemin, mars-avril 2008, pp. 82-128.


[1] Le musée comptait quatre salles dont deux furent détruites avec l’entièreté des collections (faïences, peintures, œuvres d’art, etc.) exposées. Une centaine de pièces en faïence, la collection militaire et quelques sculptures furent sauvées des flammes. Les réserves du musée restèrent intactes. L’achèvement des travaux de restauration est prévu pour 2009.

[2] H. NICAISE, Manufacture impériale et royale de Terre de Lorraine à Bruges en 1779-80, dans : Annales de la Société d’Emulation de Bruges (ci-après : ASEB), 1936, p. 1-29.

[3] F. BONNEURE, Paul-Louis Cyfflé, dans : Lexicon van Westvlaamse beeldende kunstenaars (ci-après : Lexicon kunstenaars), Deel II, Brugge, 1993, p. 63. Cette notice se réfère uniquement à l’étude de Nicaise et aux deux études de E. J. Dardenne, datées 1912 et 1914.

[4] Paul Cyfflé, dans : Benezit, Dictionary of Artists, Gründ, 2006.

[5] M. C. MARMOIS – JOCHUM, Paul-Louis Cyfflé, dans : Saur, Allgemeines Künstlerlexikon, T. XXIII, München, 1999, p. 263-64.

[6] Toutes les informations généalogiques ci-après sont le fruit de recherches effectuées par les auteurs, principalement aux archives de Bruges, Anderlecht, Bruxelles et Nancy. Elles concordent pour la plus grande partie avec la généalogie inédite Descendants of Ludovicus Cyfflé, établie en 2003 par un descendant américain des Cyfflé, William S. GOODFELLOW (1867, S. 900 East, Salt Lake City, Utah 84105). Rédigée sur base des microfilms conservés aux archives de l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, cette généalogie contient un trésor de données. Quelques imprécisions indiquent toutefois que les recherches dans les registres paroissiaux et dans les actes d’état civil originaux demeurent indispensables.

[7] P. BERGMANS, Pierre Le Doulx, dans: Biographie nationale (ci-après: BN), T. XI, 1890, 615-616; J.-L. MEULEMEESTER, Pieter Le Doulx, dans: Nationaal Biografisch Woordenboek (ci-après: NBW), T. XII, 1990, 248-251.

[8] Archives de la ville de Bruges (ci-après: AVB), manuscrit 597, P.-L. LE DOULX, Levens der konstschilders, konstenaers en konstenaeressen (...), f° 131-133.

[9] A. VAN DEN ABEELE, De biografie van kunstschilder Matthias De Visch, enkele nieuwe gegevens dans: Biekorf, 1981, p. 356-364; A. VAN DEN ABEELE, Jacob en Frans Neyts en hun familieleden. Enkele biografische aanvullingen, dans: ASEB, Bruges, 2001, p. 56-100.

[10] J. CUVELIER, Joseph-Octave Delepierre, dans: BN, T. XXIX, 1957, 535-537; L. VAN BIERVLIET, J. O. Delepierre, Brugs historicus, publicist en bibliofiel, dans: ASEB, 1981, p. 173-291; L. VAN BIERVLIET, Joseph Octave Delepierre, dans: NBW, T. X, 1983, 133-140.

[11] O. DELEPIERRE, Paul Cyfflé, dans: Biographie des hommes remarquables de la Flandre Occidentale, Bruges, 1844, Tome I, p. 87-90.

[12] Les registres paroissiaux de Feluy ne débutent qu’en 1666.

[13] AVB, Etats de biens, 2ème série (ci-après EdB2), n° 10546 (Louis Cyfflé).

[14] Entre autres M. NOËL, Recherches sur la céramique lorraine au XVIIIe siècle, Nancy, 1961 (thèse inédite), page 6.

[15] Auguste CASTAN, Etablissement de la famille Chifflet aux Pays-Bas, dans : Mémoires de la Société d’Emulation du Doubs, 1884, p. 73-87; Albéric de TRUCHIS de VARENNE, Les Chifflet à l’imprimerie plantinienne, Besançon, 1909; Roland de MONTRICHARD, La postérité des Chifflet, Besançon, [1927]; Louis LE CLERT, Note généalogique sur une ancienne famille baralloise, les Chifflet, Troyes, 1912; P. E. CLAESSENS, Les Chifflet dans les Pays-Bas espagnols, dans: L’Intermédiaire des Généalogistes, novembre 1949, p. 457-460; Roger MARLIN, Autour des Chifflet, Dole, 1973; ASSOCIATION CHIFFLET (éditeur), Postérité de Jean-Jacques Chifflet, [Montmirey-la-Ville], 1994.

[16] Nous remercions le professeur Frans Debrabandere. Le nom Scifflet, Selifet, Squiflet, etc, apparaît actuellement environ 150 fois dans le Hainaut, la province de Namur, et le Brabant, d’après le site internet www.familienamen.be. En France, entre 1966 et 1990, 126 Chifflets et 9 Chiflets sont nés. Il n’y a plus aucun Chifflet ni Cyfflé en Belgique.

[17] AVB, EdB2, n° 4976 (Jan Heldewijs).

[18] AVB, EdB2, n° 4382 (Marie de Lespine).

[19] AVB, EdB2, n° 2304 (Antoon Le Paine).

[20] AVB, EdB2, n° 5673 (Maria van den Hauweele).

[21] A. VANDEWALLE, Brugse ambachten in documenten. De schoenmakers, timmerlieden en schrijnwerkers, Bruges, 1985, p. 128-129.

[22] AVB, EdB2, n° 12091 (Lodewijk Heldewijs).

[23] Luc DEVLIEGHER, De Sint-Salvatorskathedraal te Brugge. Geschiedenis en architectuur, Tielt, 1981, p. 213.

[24] R. A. PARMENTIER, Indices op de Brugsche poortersboeken, p. 880; A. JAMEES, Brugse Poorters, Deel 3, p. 165.

[25] Contrat de mariage intégralement transcrit dans l’état de biens n° 10546 (Louis Cyfflé).

[26] AVB, EdB2, n° 6749 et 14522 (Van Haecke).

[27] Noté ainsi: “Presentelijck wonende ten huyze van S. Hoogweerdigheyd de Bisschop”.

[28] Lieve DECLERCK, Willem Bassery, dans : Michel CLOET (réd.), Het Bisdom Brugge, Bruges, 1985, p. 87-91; Luc CEYSSENS, Autour de Guillaume Bassery, évêque de Bruges (1642-1706), dans : Augustiniana, 2001, p. 319-328 ; L. DECLERCK, Willem Bassery, dans : NBW, T. XVIII, 2005, p. 35-39.

[29] R. A. PARMENTIER, o. c., p. 961; A. JAMEES, o. c., p. 271.

[30] Antoine de L’Espine et Marie Van den Auweele eurent au moins trois enfants: Toussaint de L’Espine (témoin au mariage de Louis Cyfflé), Laurence de L’Espine qui épousa Adrien Gordin (témoin au mariage de Louis Cyfflé), oncle d’Isabelle Gordin, et Marie de L’Espine, épouse de Jan Heldewijs, les parents d’Anna Heldewijs.

[31] Isabelle (1695), Catherine (1696), Louis (1697), Claire (1698), François (1699-1728), Jean-Baptiste (1701).

[32] Marie-Jeanne (ca 1710), François (1712), Jean (1713), Thérèse (1714), Anne (1716), Charles (1717), Jacques (1720), Augustin (1722).

[33] AVB, Wetsvernieuwingen, merseniers. Un mersenier était un négociant en mercerie : fils, rubans, bonnets de nuit, peignes, lunettes, quincaillerie, etc.

[34] Vraisemblablement la paroisse de Zevekote dans le métier de Gistel, faisant partie de la baronnie de Guysen, dont l’Hennuyer prince de Croy était le seigneur. Le droit de patronat sur l’église paroissiale appartenait à l’abbaye de Saint-André-lez-Bruges.

[35] Bibliothèque de la ville de Bruges, Manuscrit De Hooghe, Livre V, page 82: “Een blauw zerk staende in den muer omtrent den voorgaende, Aen Godt een en drievuldigh sy alle eer en glorie. Hier vooren light begraven Sr Franciscus Ignatius Mahieu, fs Anthone by Marie Anne Goudry [‘t syne overl.], oud deken der merceniers deser stadt en Balliu der prochie van Sevecote, overl. 12 juny 1729, oudt 68 jaeren en syn tweede huysvrouwe Joe Alexandrina Francisca Longe, fa Cornelis by Catharina Ost, overL den 16 juni 1752, oudt 65 jaeren en hun kinderen”.

[36] AVB, registre des “sestendelen”, St-Jacobsestendeel, premier registre, folio 104; AVB, procès en 1703 relatif à une rente grevant l’auberge De Gouden Beer. Aucun des enfants de Louis Cyfflé ne reprit l’exploitation de l’auberge. Dans le recensement de 1748, Joseph Vairon est mentionné comme aubergiste, vers 1830 un Van Noppen et vers 1840-50 Jean Haesaert. L’hôtel se trouvait dans les immeubles portant aujourd’hui les n° 8 et 10 à la rue Courte d’Argent (Jusqu’à récemment, le siège de la salle de ventes Galerie Garnier).

[37] A. VAN DEN ABEELE, In Brugge onder de Acacia, Bruges, 1987, p. 293-299.

[38] A. VAN DEN ABEELE, Het stadhuis van Brugge en het Landhuis van het Brugse Vrije werden ook als hotel gebruikt, dans : Biekorf, 1984, p. 422-428

[39] AVB, EdB2, n° 9061 (Laurence Chyfle).

[40] AVB, EdB2, n° 10598 (Jean Mulet).

[41] Jean-Baptiste (1725), Laurence (1727).

[42] AVB, EdB2, n° 13468, 16852 et 16883 (Jeanne Cyfflé et Pierre Madere) ; J.-L. MEULEMEESTER, Pieter Madere, dans : Lexicon kunstenaars,  T. 4, Courtrai, 1995, p. 96. Le ménage habitait dans la rue Nord du Sablon, et au moins à partir de 1733 rue du Marécage. Madere possédait de nombreuses propriétés (J. D’HONDT, Hoeveel “gaten” telde Brugge?, dans : Biekorf, 1997, pages 345-347), et notamment l’hostellerie De Gouden Poort dans la rue Flamande, qu’il transforma en maison de maître et qu’il donna en location à l’échevin du Franc de Bruges Jacques van Zuylen van Nyevelt. En 1785, les enfants Madere vendirent la demeure au bourgmestre du Franc de Bruges Albert Coppieters (1741-1832) (E. COPPIETERS & Ch. VAN RENYNGHE, Histoire professionnelle et sociale de la famille Coppieters, Premier volume, Bruges, 1966, page 424; X, 25 jaar administratieve zetel Brugge Generale Bankmaatschappij, Bruges, 1978, page 5). En 1730 Pieter Madere prit son inscription comme membre de la gilde des courtiers, avec cinq de ses enfants, Jean, Pierre, Melchior, Alexandre et Albert, qui avaient respectivement onze, dix, huit, cinq et un ans. (A. VAN DEN ABEELE en M. CATRY, Makelaars en handelaars, Bruges, 1992, p. 195). En 1755, il s’inscrivit avec deux de ses enfants comme confrère de l’Académie des Beaux-Arts (D. DENDOOVEN, De Brugse academie in de achttiende eeuw. Ledenlijsten, mémoire de licence inédit, VUB, 1994). Madere et ses enfants étaient surtout très actifs dans l’administration de la gilde des menuisiers-charpentiers. Pierre Madere, âgé de 17 ans lorsqu’il devint maître dans ce métier, fut souvent, entre 1731 et 1741, membre du serment et doyen, alors qu’à partir de 1744, ses fils Jean, Alexandre et Pierre l’y succédèrent. (A. VANDEWALLE, e. a., Brugse ambachten in documenten, Bruges, 1985). Madere travaillait principalement à Bruges, mais également ailleurs, à la demande, par exemple, du magistrat du Franc de Bruges ou à l’église de Westkerke, où son frère Jean-François Madere (1691-1767) était curé (J. L. MEULEMEESTER, Het kruisbeeld op het kerkhof van Westkerke en de Brugse familie Madere in de 18de eeuw, dans : Brugs Ommeland, 2001, p. 144-153). Lorsqu’il mourut, Pierre avait 86 ans et était déjà quinze fois arrière-grand-père. Un demi-siècle plus tard, le nom Madere avait totalement disparu de Bruges.

[43] Jean (1719), Pierre (1720), Melchior (1722), Marie-Josèphe (1724), Alexandre (1725), Jacqueline (1727), Albert (1729), Jacques (1731), Edouard (1733), Louis (1735), Josèphe (1737).

[44] G. F. TANGHE, Panorama der bekende kerkbedienaars van Onze Lieve Vrouw te Brugge, Bruges, 1864, p. 202.

[45] AVB, EdB2, n° 11524 (Marie Cyfflé).

[46] AVB, EdB2, n° 11304 (Jacques De Sutter). Le ménage habitait Quai Long.  Jacques devint membre de la gilde des courtiers en 1749.

[47] Jacques (1718), Louis (1721), Jean (1723), Marie (1725), Anne (1727), Simon-Pierre (1729), Laurence (1731), Jeanne (1732), Pétronille (1734).

[48] Isabelle “Jouflée”, veuve de Jean de Cock est mentionnée dans le recensement de 1748 “bouckvercoopeghe” (libraire), rue Philipstock, ayant trois enfants à charge.

[49] AVB, EdB2, n° 10767 (Jean de Cock). Avec mes remerçiments au notaire Jan De Mey pour ses informations.

[50] Jean (1723), Elisabeth (1724), Laurence (1726), Jacques (1728), Jeanne (1730), Pierre (1732), Isabelle (1734), Paul (1736), Jean-Baptiste (1737).

[51] Joseph Sijfflé ou Sifilé, de Bruges, s’engagea au service de la Compagnie des Indes orientales (VOC). En 1720, jeune matelot, il appareilla au Wielingen, à bord du Raadhuis van Middelburg, à destination de Batavia, et revint en 1722. En 1724, il partit comme mercenaire à bord du Barbenstein et mourut en Asie la veille de Noël 1731. (http://vocopvarenden.nationaalarchief.nl/search.aspx).

[52] AVB, EdB2, n° 10720 (Louis Cyfflé).

[53] Louis (1731), Jean (1732), Anne (1734), Léocadie (1735), Isabelle (1736), Isabelle (1737), Bruno (1738), Jacqueline (1739), Louise (1743).

[54] Lorsqu’il mourut le 4 décembre 1799, il se trouvait en maison de sécurité, sans doute l’hospice Saint-Julien, ce qui laisserait supposer que l’ex-frère octogénaire était devenu sénile. Autre possibilité : qu’il logeait dans la prison communale, soit comme gardien, soit comme détenu. Son décès fut déclaré par son neveu par alliance, le fondeur d’étain Albert Pavot et par le père augustin et poète Johannes Baude (1734-1816).

[55] AVB, EdB2, n° 11123 (Jean de Ronde) ; Lexicon  kunstenaars, o. c., T. 7, page 72.

[56] AVB, EdB2, n° 13787. Anne De Ronde épousa l’entrepreneur Benoît Bauwens, et de ce mariage est issue une importante descendance (Vandenberghe, Menin – Desurmont, Tourcoing, - Cambier, Renaix – Thomaes, Renaix) à laquelle appartient également le co-auteur de cette étude, Frédéric Thomaes, ainsi que sa famille.

[57] AVB, registres paroissiaux Notre-Dame, 1ère portion : le mariage fut béni par le curé Madere dans la chapelle des Sœurs grises, rue du Marronnier. Pierre Madere (senior ou junior) fut l’un des témoins.

[58] Joseph (1750), Marie-Barbe (1751).

[59] Jacques (1734), Louis (1736), Rosalie (1737), Marie (1739), Jeanne (1741), Léonarde (1742), Jacques (1745).

[60] AVB, EdB2, n° 12669 (Claire Cyfflé).

[61] J. VAN VYVE, Histoire et généalogie de la famille Van Vyve, Bruxelles, 1982, p. 249, 252, 286. Jeanne Breydel (1660-1737), épouse de Dominique Van Vyve (1678-1726), fut la marraine de Jeanne Cyfflé, deuxième fille de Louis Cyfflé.

[62] Parmi les descendants de Louis Cyfflé-Heldewijs, il y eut, entre autres, le professeur et historien Egied Strubbe (1897-1970) par sa mère Anna Pavot (1862-1935), arrière-petite-fille du fondeur d’étain Albert Pavot (1740-1812), établi rue Eekhoute et de Josèphe Madere, fille de Pierre Madere et Jeanne Cyfflé. Voir F. ROOSE, Brugse figuren, Handzame, 1973, articles Albert Pavot, p. 145-156 et Egied Strubbe, p. 171-178. Louis Pavot (1820-1895), petit-fils de Pavot-Madere fut une figure importante pour l’architecture néogothique. A Bruges, il bâtit pour les Jésuites l’église du Sacré-Cœur, rue Flamande.

[63] Achetée le 7 octobre 1718 à Jacques Van Acker. La maison fut donnée en location.

[64] L. DEVLIEGHER, De Huizen te Brugge, Tielt, 1975, p. 365-367.

[65] M. COORNAERT, De topografie, de geschiedenis en de toponymie van Sint-Pieters-op-de-Dijk tot 1899, Bruges, 1972, p. 144, mentionne le Gouden Leeuw à l’angle sud-ouest près du pont.

[66] J. A. RAU, Een eeuw Brugge, Deel I, Bruges, 2001, p. 138-139.

[67] AVB, EdB2, n° 3866 (Marie Ryckebus, première épouse), n° 4774 (Françoise Arents, seconde épouse) ; L. DEVLIEGHER, De Sint-Salvatorskathedraal te Brugge, Inventaris, Tielt, 1979, page 134, pierre tombale de Jean Breemaere et sa famille.

[68] AVB, EdB2, n° 10819 (Anne Heldewijs).

[69] Annuaire de la Noblesse Belge, 1853, p. 41 à 49.

[70] Vraisemblablement un membre de la famille Simon de Ville.

[71] Vraisemblablement le bailli de Ruddervoorde (1687-1761).

[72] Vraisemblablement Louis de Gajaffa (1688-1741), durant un temps commandant de la place de Bruges.

[73] Vraisemblablement l’échevin de Bruges Jacob d’Acquilo (1757) ou un membre de sa famille.

[74] Vraisemblablement l’échevin du Franc de Bruges Pieter d’Erquisia (1747) ou un membre de sa famille.

[75] AVB, EdB2, n° 11332 (Paul Cyfflé) ; J. L. MEULEMEESTER, Pauwels Chyfflé, dans : Lexicon  kunstenaars, T. 3, Courtrai, 1994, p. 54 ; J. L. MEULEMEESTER, Pauwels Chyfflé: edelsmid, geldwisselaar en herbergier (?) in de eerste helft van de achttiende eeuw dans : Brugs Ommeland, 2005, p. 72-80.

[76] AVB, EdB2, n° 10578 (Marie-Anne de Pape).

[77] AVB, EdB2, n° 5468 (Pierre de Paepe).

[78] AVB, EdB2, n° 7352 (Barbara Allaert).

[79] G. CLAEYS, Kroniek van Oostkamp, Oostkamp, 1985, p. 221.

[80] AVB, EdB2, n° 11719 (Constance de Baecke).

[81] AVB, archives de la Gilde des orfèvres.

[82] D. DENDOOVEN, o. c.

[83] AVB, Registre des “sestendelen”, Saint-Jacques, f° 74v et 4828.

[84] AVB, Recensement de 1748. Il est mentionné sous le nom de Paul Soufflé. Ce recensement à usage fiscal fut fait à la hâte, beaucoup de noms qui y apparaissent ont été massacrés.

[85] D. MARECHAL, o. c., p. 30.

[86] J. L. MEULEMEESTER, Pauwels Cyfflé, o. c.

[87] D. MARECHAL, Meesterwerken van de Brugse edelsmeedkunst, Bruges, 1993, p. 269, 272 et 275.

[88] AVB, EdB2, n° 8328 (Antoine Hoste).

[89] J.-L. MEULEMEESTER, Nieuwe zilveren ornamenten voor het hoofdaltaar van de Brugse Sint-Annakerk in het begin van de achttiende eeuw, dans : Biekorf, 1994, p. 80-83.

[90] D. MARECHAL, o. c., p. 156-157.

[91] J.-L. MEULEMEESTER, François Rielandt, dans : NBW, T. XIV, 1992, 575-78

[92] J.-L. MEULEMEESTER, De achttiende-eeuwse Brugse edelsmidfamilie Petyt, dans : De Gidsenkring, 1992.

[93] D. MARECHAL, o. c., chapitre “Dreigende wolken over de achttiende eeuw”, p. 40-41.

[94] A la naissance de sa fille Claire (1742), Paul est qualifié de « nummularii » ou changeur. Dans l’acte de décès de Paul-Louis Cyfflé, son père est mentionné comme ayant été « officier des monnaies ». Cette mention bruxelloise datant de 1806 n’est, bien entendu, pas une preuve décisive.

[95] N. DURIVAL, Description de la Lorraine et du Barrois, Nancy, 1777; P. LEDOULX, Levens der konstschilders, konstenaers en konstenaeressen (...), o. c.; L.-A. MICHEL, Biographie historique et généalogique des hommes marquants de l’ancienne province de Lorraine, Nancy, 1829; O. DELEPIERRE, ouvrage cité; A. JOLY, Notice biographique sur P. L. Cyfflé de Bruges en Flandre, sculpteur du roi de Pologne, duc de Lorraine à Lunéville, dans : ASEB, 1864-1865, p. 79-100, repris de : Mémoires de la Société d’Archéologie de Lorraine, 1864, p. 147-164; A. VAN DER MEERSCH, Paul-Louis Cyfflé, dans BN, Tome IV, col. 611, Bruxelles, 1873; E.-J. DARDENNE, Essai sur Paul-Louis Cyfflé, Sculpteur Brugeois, Modeleur et Ciseleur de Stanislas Leczinski, Grand-duc de Lorraine, Bruxelles, Musées Royaux du Cinquantenaire, 1912; K. ZOEGE VON MANTEUFFEL, Allgemeines Lexikon der Bildenden Künstler, Tome VIII, Leipzig, 1913, art. Paul-Louis Cyfflé; E. DE SEYN, Dictionnaire biographique des sciences, des lettres et des arts en Belgique, Bruxelles, 1935, p. 180, M. NOËL, Recherches, o. c.; M. NOËL, Paul-Louis Cyfflé, dans : Dictionnaire de Biographie française, Vol. IX, col. 1448, Paris, 1961; F. BONNEURE, o. c.; E. BENEZIT, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, art. Paul-Louis Cyfflé, T. 4, Gründ, 1999; M. C. MARMOIS–IOCHUM, Paul Louis Cyfflé, dans SAUR, Allgemeines Künster–Lexikon, T. 23, München/Leipzig 1999, p. 263-264; G. DEMAT, Paul Louis Cyfflé. Un Brugeois en Lorraine, Exposition Paul Louis Cyfflé, Bruxelles, Galerie Lemaire, 2002.

[96] AVB, registres paroissiaux, ”6e (janvier 1724) natus et 7e baptus est paulus ludovicus fs pauli cijfflé et marie- anne de pape conjugum. susceptores ludovicus cijfflé et catharina barbara lenoir”.

[97] D. DENDOOVEN et J. SNICK, Matthijs De Visch, 1701-1765, Reninge, 2001.

[98] P. LEDOULX, o. c., f° 100 ; AVB, EdB2, n° 12883 (Van Hecke).

[99] AVB, Buitenpoorterboeken van Brugge, IV – 92 v°.

[100] Archives de la ville de Gand, Poorters en buitenpoorters van Gent, Gand, 1986, p. 218.

[101] L. DEVLIEGHER, De Sint-Salvatorskathedraal te Brugge. Inventaris, o. c., p. 62; F. ROOSE, De Wielmaeckers, van Ramskapelle naar Brugge, dans : Brugse Figuren, o. c., p. 195-204.

[102] M. NOËL, Le sculpteur et céramiste Paul Louis Cyfflé, discours de réception à la séance du 4 juin 1997, Nancy, Mémoires de l’Académie Stanislas 1996-1997, p. 75-86.

[103] Le joaillier Pierre Depape était domicilié à Paris. Voyez Archives Nationales Paris, Minutier central des notaires, référence ET/XCVII/330, procuration 53281.

[104] N. DURIVAL, o. c., T. IV, p. 98.

[105] L.-A. MICHEL, Biographie historique, o. c., p. 112.

[106] A. JOLY, o. c., p. 8.

[107] M. P. MOREY, Les statuettes dites “en Terre de Lorraine”, dans : Mémoires de la société d’archéologie de Lorraine, Nancy, 1871.

[108] J. IMMERZEEL, De levens en werken der hollandsche en vlaamsche konstschilders, beeldhauers, graveurs en bouwmeesters, Amsterdam, 1855, T. I, p. 163.

[109] M. NOËL, Recherches, o. c., p. 7-8.

[110] M. NOËL, Recherches, o. c., p. 8 mentionne avoir cherché vainement recherché aux archives de Lunéville les Registres d’inscription des nouveaux entrants depuis 1709, pourtant mentionnées dans : H. LEPAGE, Archives communales de la Meurthe, Nancy, 1858, T. II, page 178.

[111] T. DE MOREMBERT, Barthélémy Guibal, dans : Dictionnaire de biographie française (DBF), T. XVII, 1989, 43-44.

[112] A. JOLY, o. c., p. 149-151; E.-J. DARDENNE, Essai, o. c., p. 6.

[113] M. NOËL, Recherches, o. c., p. 9-11.

[114] Archives de Lunéville, registres paroissiaux, « L’an 1751, le septième janvier, après trois bans publiés aux prônes des messes paroissiales, entre le sieur Paul Cifflé fils majeur des feux Paul Cifflé et Marie Anne Depape, de cette paroisse d’une part, et D(emois)elle Catherine Marchal fille mineure du sieur Joseph Marchal, facteur d’orgues et de feue D(emoise)elle Anne Cousson, de la paroisse St Epure de Nancy de droit et de celle-ci de fait, d’autre part, et semblable publication aïant été faite dans ladite paroisse St Epure de Nancy, comme il conste par le certificat du sieur Curé en date du quatrième du courant, sans qu’il y ait été aucune opposition ou que personne ait déclaré quelqu’empêchement, je soussigné Prêtre, Chanoine Régulier, curé de Lunéville certifie que le sieur Nicolas Legras, Prêtre, Aumonier de Monseigneur l’Evêque de Troyes, de mon consentement exprès et avec ma permission, a reçu leur mutuel consentement de mariage et leur a donné la bénédiction nuptiale avec les Cérémonies prescrites par la Ste Eglise, en présence des témoins aussi soussignés avec les époux et ledit sieur Legras.

(Ont signé) Paul Cijfflé, Catherine Marchal, F.Richard, J.Marchal, Winand, Granval, Lacretelle (?),Gay, Legras aumonier de M.l’Evêque de Troyes, J.J. Le Roy Ch. Reg., curé »

[115] A. REIBOLD, Emmanuel Heré, dans : DBF, T. XVII, 1989, 1051.

[116] Archives de Meurthe et Moselle, 8.E.28 notariat Thiriet à Lunéville, n° 236.

[117] Archives de Lunéville : Stanislas Thomas (Cifflet) fils légitime du sieur Paul Cifflet modeleur du Roi et de D(emoi)selle Catherine Marchal son épouse de cette paroisse est né à deux heures du soir le septième décembre 1751 et a été batisé dans la Chapelle Roïale le dixième des dits mois et an. Il a eü pour Parrain sa Majesté Le Roi et pour Marraine Dame Charlotte de Beauvau dame du Palais de …… sa Majesté la Reine Dame de Madame de France épouse de Messire le Marquis de Bassompierre Brigadier des Armées du Roi très chrétien qui ont signé avec moi. (Ont signé) Stanislas Roy, Beauvau Bassompierre, J.J. Le Roy ch. rég. curé.

[118] Archives de Lunéville : Joseph (Cijfflé) fils légitime de Sr Paul Cijfflé Modeleur du Roi et de Delle Catherine Marchal son épouse de cette paroisse est né à quatre heures du matin le cinquième décembre de l’an 1752. Il a eu pour parrain le Sr Joseph Marchal organiste de la paroisse St Epure de Nancy  aïeul de l’enfant et pour marraine delle Anne Barbe Marchal(Ont signé) Anne Barbe Marchal, J. Marchal, (illisible) ch reg. vic.

Joseph Cyfflé fut sculpteur et travailla également avec son père. A. VISART DE BOCARME, Une oeuvre de Joseph Cyfflé, dans : Bulletin de l’Académie royale d’archéologie de Belgique, 1921, p. 22.

[119] Archives de Lunéville: François Paul (Cyfflée) fils légitime du Sr Paul Cyfflée modeleur du Roy et de D(emoi)selle Catherine Marchal son épouse de cette paroisse est né l’an 1753 le quinze novembre à midi et demy a été baptisé le même jour. Il a eu pour parrain le Sr François Richard contrôleur d’office du Roy et pour marraine D(emoise)lle Barbe Françoise Cousson épouse du Sr Vinand maître de clavecin de Madame la princesse de Lorraine et organiste de la chapelle royalle qui ont signé (Ont signé) Richard, Cousson Vinand, (Illisible) ch. reg. vicaire.

(Décès) François fils légitime du sieur Paul Cifflet et de Delle Catherine Marchal son épouse est décédé à cinq heures du matin le trentième Mars 1756 agé de deux ans. Son corps a été inhumé le même jour dans le cimetière de cette paroisse avec les prières ordinaires en présence des soussignés.

[120] Archives de Lunéville : (Baptême et mort) L’an 1755 le quatorzième juillet à huit heures et demie du matin est née une fille au Sr Paul Cifflet et à Dselle Catherine Marchal son épouse laquelle s’étant trouvée en danger de mort à l’instant de sa naissance a été baptisée par la matrone et est décédée incontinent après. Son corps a été inhumé le même jour dans le cimetière de cette paroisse avec les prières ordinaires en présence des soussignés.(A signé) J.J. LeRoy ch.reg. Curé.

[121] Archives de Lunéville: François André (Cijfflé) fils légitime du Sr Paul Cijfflé ciseleur du Roy et de D(emoi)selle Catherine Marchal son épouse de cette paroisse est né le trente novembre l’an 1756 à sept heures du matin et a été batisé le même jour. Il a eu pour parrain le Sr François Pronsal caissier des finances du roy et pour marraine Marie Anne Winan épouse du Sr Granval qui ont signé avec moy.(Ont signé) Pronsal, W. de Granval, de Bellair C.R.vicaire.

[122] Archives de Lunéville : Jean Paul Victor (Sifflet) fils légitime de Sr Paul Sifflé modeleur du Roi et de D(emois)elle Catherine Marchal son épouse de cette paroisse est né le 16 décembre l’an 1758 à huit heures du matin et a été baptisé le lendemain il a eü pour parrain le Sr Jean Girardet Peintre du Roi et pour marraine Delle (illisible) Victoire Le Chene (illisible) résidans en cette ville qui ont signé avec moi. (Ont signé) Girardet, illisible, Pierre C.R.

(Décès) Jean Paul Victor fils légitime du Sr Paul Cifflée et de D(emoi)selle Catherine Marchal ses père et mère est décédé à neuf heures du soir le vingt troisième avril 1759 agé de quatre mois. Son corps a été inhumé le lendemain dans le cimetière de cette paroisse avec les prières ordinaires en présence des soussignés.

[123] Archives de Lunéville: (Baptême et mort) L’an 1762 le troisième février à une hr est né au Sr Paul Cifflet et à Delle Catherine Marchal son épouse une fille légitime laquelle s’étant trouvée en danger de mort à l’instant de la naissance a été baptisée par la matrone et est décédée incontinent après. Son corps a été inhumé le lendemain dans le cimetière de cette paroisse avec les prières ordinaires en présence des soussignés.

[124] Archives de Lunéville : Louis Paul Nicolas fils légitime du sieur Paul Louis Cifflée premier sculpteur de feu S.M. Le Roy de Pologne Duc de Lorraine et de Bar, et de Dselle Catherine Marchal son épouse de cette paroisse est né à midy moins un quart le quatrième du mois d’aoust l’an sept cens soixante sept ; il a été batisé le même jour : il a eu pour parrain le Sr Nicolas Poirion procureur sindic de l’hotel de ville de Lunéville et pour marraine Dame Marie Louise Hocquet dite Gousenoux qui ont signé avec moy (Ont signé) Poirion, Gousenoux hocquet, Perrin C.R.

Les différents auteurs livrent des données divergentes quant aux enfants de Cyfflé. Récemment, Guy Demat a donné des renseignements erronés sur certains points. Nos données proviennent directement des registres paroissiaux de Lunéville. Nous en remercions Madame Boulay. Les fils qui parvinrent à l’âge adulte, ne semblent pas avoir laissé beaucoup de traces, exception faite de François-André.

[125] M. NOËL, Recherches, o. c., p. 16-20.

[126] A. M. LAUTOUR, Jacques Chambrette, dans : DBF, T. VIII, 1959, 267.

[127] M. NOËL, Recherches, o. c., p. 33-47.

[128] M. NOËL, Recherches, o. c., p. 48-58.

[129] M. NOËL, Recherches, o. c., p. 48-58.

[130] Les différents éléments des groupes en céramique étaient produits séparément. Le repareur (réparateur) était responsable de l’assemblage et de la finition générale du sujet. Les initiales apposées sous la statuette étaient souvent celle du répareur.

[131] G. DEMAT, o. c., p. 17.

[132] X***, Les manufactures de Lorraine, le sculpteur Cyfflé, dans : Le Magasin pittoresque, Paris, 1877, p. 187-190; Paul-Louis Cyfflé, dans : L’Intermédiaire des Chercheurs et des Curieux, Paris, 1870, p. 675 et 733, ainsi que 1897, p. 430-31; M. NOËL, Sur quelques biscuits en Terre de Lorraine de Paul-Louis Cyfflé, dans : Revue des Arts, 1959, n° 1, p. 31-36; M. NOËL, Les biscuits de Cyfflé. Etude de thèmes, dans : La Lorraine dans l’Europe des Lumières, Nancy, 1968; G. DEMAT, o. c., p. 19-22.

[133] M. NOËL, Sur quelques biscuits, o. c.

[134] E. MARCHAL, Mémoire sur la sculpture aux Pays-Bas pendant les XVIIe et XVIIIe siècles, Bruxelles, 1875.

[135] M. NOËL, Recherches, o. c., p. 123-138.

[136] M. NOËL, Recherches, o. c., p. 116-121.

[137] M. NOËL, Recherches, o. c., p. 126-133.

[138] En 1900 existaient encore des faïenceries à Longwy, Lunéville, Saint-Clément, Pexonne, Niderviller, Sarremingues, Rambervillers, Toul-Bellevue et Badonviller.

[139] Manufacture toujours existante, intégrée dans une entreprise de produits de luxe.

[140] Manufacture toujours existante, du Groupe Sarremingues.

[141] M. NOËL, Recherches, o. c., p. 124.

[142] M. NOËL, Recherches, o. c., p. 127-128.

[143] Th. JUSTE, Charles, duc de Lorraine, dans : BN, T. IV, 1873, 10-20.

[144] E. KOVACS, Charles-Alexandre de Lorraine et la Cour de Vienne, dans : C. LEMAIRE (dir.), Charles-Alexandre de Lorraine, gouverneur général des Pays-Bas Autrichiens, Bruxelles, 1987, p. 7-13 et 16-17.

[145] Archives Générales du Royaume, Bruxelles, Secrétariat d’Etat à la Guerre, 2598 à 2605bis, Carnets secrets de Charles de Lorraine.

[146] Ch. PIOT, Joseph-Ambroise-Henri-Jean-Népomucène de Crumpipen, dans : BN, T. IV, 1873, 571-578.

[147] Ch. PIOT, Henri de Crumpipen, dans : BN, T. IV, 1873, 569-571. L’Archiviste général du Royaume fit savoir dans les années 1950 à M. Noël qu’il s’agissait du secrétaire d’Etat à la Guerre Henri de Crumpipen senior. En fait, celui-ci était déjà mort en 1769.

[148] L. INGELRELST, Les manufactures de Charles de Lorraine à Tervueren. Passe-temps princier ou stimulateur économique ?, mémoire de licence inédit, UCL, 1987.

[149] L. INGELRELST, Statuette de Charles de Lorraine, dans : C. LEMAIRE, o. c., p. 270.

[150] Un hobby princier – Les ateliers de Charles de Lorraine, Catalogue de l’Exposition, Musée du Cinquantenaire, mars-décembre 2007.

[151] Ce qui a probablement été fait, même si nous n’avons pas de certitude absolue à ce sujet.

[152] M. NOËL, Recherches, o. c., p. 135.

[153] Archives Générales du Royaume, Conseil des Finances, Liasse 2028.

[154] E. MARCHAL, Pierre Pepers, dans : BN, T. XVI, 1901, 896-897.

[155] E. MARCHAL, Charles Van Poucke, dans : BN, T. XVIII, 1905, 97-104.

[156] E. JACQUES, Joseph Fernande, dans : BN, T. VII, 1880-1883, 39-41.

[157] F. STAPPAERTS, Lambert Godecharle, dans : BN, T. VII, 1880-1883, 834-838.

[158] J. A. BERINGER, Peter Anton von Verschaffelt. Sein Leben und Werk, Strasbourg, 1902; I. MÜNCH, Peter Anton Verschaffelt, dans : Biographisch-Bibliographisch Kirchenlexikon, T. XII, 1997, p. 1282-1288.

[159] M. NOËL, Recherches, o. c., p. 137-138.

[160] A. JOLY, o. c., p. 158; DARDENNE, Essai, o. c., p. 17.

[161] A. JANSSENS DE BISTHOVEN, Het beeldhouwwerk van het Brugsche stadhuis, dans : Gentsche bijdragen tot de kunstgeschiedenis, 1944, p. 14-15.

[162] L. DEVLIEGHER, Hendrik Pulinx junior, dans : NBW, T. 2, 1966, 710-711.

[163] Evêché de Bruges, Archives Saint-Sauveur, n° 144, resolutieboek 1747-1797, f° 178; Idem, n° 365, contrat de Nicolas Cyfflé.

[164] L. DEVLIEGHER, De Sint-Salvatorskathedraal te Brugge. Inventaris, o. c., p. 60-63.

[165] E. SOIL, François-Joseph Peterinck, dans : BN, T. XVII, 1903, 94-98.

[166] H. NICAISE, o. c., p. 11; M. NOËL, Recherches, o. c., p. 140.

[167] A.-M. MARIËN-DUGARDIN, Henri Nicaise, dans : BN, T. XXXVIII, 1973-1974, 626-630.

[168] Même s’il ne s’agissait manifestement ici que d’un bien modeste engagement antérieur : celui relatif à l’exonération de droit d’accises et autres taxes sur les boissons (bière et vin).

[169] A. DUCLOS, Bruges, histoire et souvenirs, Bruges, 1910, p. 558.

[170] A. VIAENE, Glasblazerij te Brugge (1741-1770), dans :  Biekorf, 1957, p. 129-135.

[171] L. DEVLIEGHER, Hendrik Pulinx senior, dans : NBW, T. 2, 1966, 711-716.

[172] A. VAN DEN ABEELE, De faiencefabriek aan het Minnewater te Brugge, dans : ASEB, 1986, p. 61-105.

[173] M. NOËL, Recherches, o. c., p. 140.

[174] P. CHANEL, Hercules et Omphale, dans : Charles Alexandre de Lorraine, o. c., p. 339.

[175] N. DURIVAL, Journal, Nancy, Bibliothèque municipale.

[176] H. NICAISE, o. c. cité, p. 18-27; M. NOËL, Recherches, o. c., p. 141-145.

[177] A. JOLY, o. c., p. 160.

[178] Idem, p. 161.

[179] L’intermédiaire des chercheurs et des curieux, 1876, p. 430.

[180] M. NOËL, Recherches, o. c., p. 131-134.

[181] D. VAN DE CASTEELE, Le Sculpteur Paul-Louis Cyfflé et sa manufacture de porcelaine à Hastière-Lavaux, dans : Annales de la Société archéologique de Namur, 1883, p. 37-60.

[182] D. VAN DE CASTEELE, o. c., p. 45.

[183] D. VAN DE CASTEELE, o. c., p. 42-44.

[184] D. VAN DE CASTEELE, o. c., p. 46-58.

[185] E. J. DARDENNE, Paul-Louis Cyfflé, faïencier à Hastière, dans : Annales du 23e congrès archéologique et historique de Belgique, 1913, p. 157-189, voir p. 184, Rapport sur la demande de P. Cyfflé d’Hastière.

[186] Il s’agit du général, plus tard feld-maréchal Jean-Gabriel de Chasteler (1763-1825), important chef militaire au service de l’Autriche. G. GUILLAUME, Jean-Gabriel-Joseph-Albert, marquis de Chasteler, dans: BN, T. IV, 1873, 31-38

[187] L’intermédiaire des chercheurs et des curieux, 1876, p. 430.

[188] A. JOLY « le malheureux était complètement ruiné » - D. VAN DE CASTEELE, « une ruine complète paralysa ses derniers efforts » – M. NOËL: « mourut indigent à Ixelles » -

[189] MICHEL, o. c..

[190] A. JOLY, o. c., p. 162.

[191] L’intermédiaire des chercheurs et des curieux, 1876, p. 430.

[192] L’Intermédiaire des généalogistes, 1977, p. 235.

[193] Il s’agit du régiment de Charles-Louis d’Autriche (1771-1847), duc de Teschen, dernier gouverneur général des Pays-Bas autrichiens (1792-94) et important commandant autrichien. W. ROMBERG, Erzherzog Carl von Österreich : Geistigkeit und Religiosität zwischen Aufklärung und Revolution, Vienne, 2006.

[194] L’Intermédiaire des généalogistes, 1976, p. 221 et 225.

[195] Ville de Bruxelles, Etat civil, actes de mariages, an VI, n° 470.

[196] H. HYMANS, Pierre-François Le Roy, dans : BN, T. XI, 1890-1891, 924-927; M. DEVIGNE, La vie et l’œuvre du sculpteur Pierre-François Le Roy, dans : Compte rendu du Ve Congrès international des sciences historiques, Bruxelles, 1923.

[197] E.-J. DARDENNE, Essai, o. c.

[198] G. DE MAT, o. c., p. 36.

[199] Archives de l’Etat à Anderlecht, registres paroissiaux d’Ixelles, « sepulta est Catharina Marchal ex Nancy uxor Pauli Ludovici Cijfflé quae obijt 18 hujus hora tertia matutina aetatis sua 67 annorum ».

[200] Archives de l’Etat à Anderlecht, commune d’Ixelles, registres d’état civil, 6 vendemiaire XI: « (…) morte ce jour, à neuf heures du matin, particulière, âgée de 83 ans, née à Lunéville, département de la Meurthe, demeurant à Ixelles, célibataire (…) ».

[201] Idem, registre 1802: « (…) par le citoyen François André Cyfflé, demeurant à Ixelles, géomètre, qui a dit être neveu maternel de la défunte, et par le citoyen François Dedecker, demeurant à Ixelles, journalier, voisin de la défunte (…) ».

[202] Idem, registre 1806.

[203] Ville de Bruxelles, Etat civil, actes de décès, 1807.

[204] Archives de l’Etat à Anderlecht, commune d’Ixelles, Enregistrement des déclarations de succession, registre 267, acte 229 du 13 février 1807.

[205] Idem, Minutes du notaire Van der Linden.

[206] Idem, Etat civil, actes de décès d’Ixelles, 1826.

[207] Idem, Minutes du notaire Van der Linden : « Je laisse à mon épouse Anne Marie Thérèse Vigoureux tous mes biens meubles et immeubles que je délaisserai après mon décès, la nommant et instituant mon héritier universel ».

[208] Idem, Etat civil, actes de décès d’Ixelles, 1830.

[209] Idem, Minutes du notaire Stuyck, Uccle, testament olographe du 18 septembre 1829.

[210] Idem, Successions, Uccle, 1830, n° 744.

[211] AVB, Registre de la population, adresses C18-20 et C18-24. La famille habitait au n° 24 de la rue Eekhoute, à côté du père Jacques Berlant. En novembre 1829, elle déménagea au n° 20 de la même rue, pour s’en aller à Malines le 15 septembre 1830. Nous n’avons pu établir s’il s’agissait d’une conséquence de l’héritage reçu.

[212] Les enfants Berlant étaient Auguste (°1825), François (°1827, sans doute le filleul de François Cyfflé, qui eut pour lui une pensée particulière dans son testament en lui réservant un diamant) et Joseph (°1829).

[213] Sur l’acte de décès de sa fille en 1829 elle est signalée comme encore en vie et âgée de 91 ans.

[214] J.G. FREDERIKS & F. Jos. VAN DEN BRANDEN, Biographisch woordenboek der Noord- en Zuidnederlandsche letterkunde. L.J. Veen, Amsterdam 1888-1891, mentionne fautivement 1796 (induit en erreur par la Biographie nationale) comme date de naissance. Les données de l’état civil sont incontestables : naissance le 28 septembre 1768, décès le 2 mars 1845.

[215] D. DENDOOVEN, De Brugse Academie in de 18de eeuw, mémoire de licence, VUB, 1993-94, p. 285-286; A. VAN DEN ABEELE, Het Concert, dans : Brugs Ommeland, 1994, p. 171-242.

[216] Lexicon kunstenaars, T. IV, 1995, p. 44.

[217] Lexicon Westvlaamse schrijvers, T. VI, 1989, p. 14.

[218] Bibliograhie nationale, Bruxelles, 1886, p. 88.

[219] A. VAN DEN ABEELE, Bogaert, drukkers in Brugge, dans : Biekorf, 1985, p. 47-74.

[220] R. VAN EENOO, Post-revolutionaire contestatie. Priester Beeckman en zijn blad “Het Brugsche Vrije” (1848-1853), dans : Anciens Pays et Assemblées d’Etats, Gand, 1972; A. VAN DEN ABEELE, De Hoop van Brugge, dans : Brugs Ommeland, 1982, p. 293-323.

[221] H. WOUTERS, Documenten betreffende de geschiedenis der arbeidersbeweging ten tijde van de Eerste Internationale, Louvain-Paris, 1970-71 ; E. DE SEYN, o. c.

[222] L. VAN PETEGHEM, Levensschetsen van hedendaegsche kunstoefenaeren, Bruxelles, 1881, p. 10-11.

[223] L. VAN BIERVLIET, Nadere gegevens over Jacob Berlant, Brugs kunstschilder en dramaturg, dans : Biekorf, 1983, p. 435.

[224] L. VAN PETEGHEM, o. c.

[225] P. BERGMANS, Auguste Van der Meersch (1810-1881) dans : BN, T. XIV, 1897, 260-261, écrit à son sujet : travailleur aussi modeste que zélé. A partir de 1861, Van der Meersch fut attaché à plein temps à la Biographie nationale et il écrivit de nombreuses “petites” biographies.

[226] A. VAN DER MEERSCH, dans : BN, o. c.

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