Quatre siècles d’histoire Lemerle

Par Olivier Lemerle et Andries Van den Abeele

Les Lemerle et Langle

Depuis quand les Lemerle habitaient-ils Saint-Étienne-de-Montluc et plus particulièrement le hameau de Langle ? Les registres des baptêmes étant tenus depuis 1576, ceux des sépultures depuis 1592 et ceux des mariages depuis 1642, nous devrions, s’ils y furent baptisés ou enterrés et s’ils s’y marièrent, les retrouver à partir de ces dates. Ce n’est toutefois qu’en 1668 que nous retrouvons le nom pour la première fois sur le registre des baptêmes. Etaient-ils venus d’ailleurs ou sinon leur patronyme n’était-il auparavant pas encore fixé ? Question probablement insoluble. Ce qui est certain, c’est qu’à partir de la seconde moitié du 17ième siècle, les générations Lemerle se succédèrent à Langle, un des nombreux hameaux formant la commune de Saint-Étienne-de-Montluc.

Saint-Étienne-de-Montluc

La commune de Saint-Étienne-de-Montluc se situe au sud de la Bretagne, sur la rive nord de l'estuaire de la Loire, à 20 km à l’ouest de Nantes, à 45 km à l'est de Saint-Nazaire, à 100 km de Rennes et à 400 km de Paris, dans l’actuel département de la Loire Atlantique. Elle s’étend sur 5750 ha, constitués pour un tiers de terroir de plateau et pour deux tiers de terroir de marais. La commune connaît trois limites naturelles : le fleuve au sud, divers cours d’eau à l’est et à l’ouest et une limite artificielle, la route nationale 165 vers Vannes. Le bourg central se niche au pied du talus connu sous le nom de Sillon de Bretagne.

Les origines de la commune remontent bien loin. Le menhir de la Roche témoigne d’une présence humaine au moins 2.000 ans avant Jésus-Christ. Les Celtes s’y fixèrent pendant la deuxième période de l’âge de fer (500 à 250 avant J.C.) et appartenaient à la tribu des Namnètes, fondateurs du port et de la ville de Nantes. La période gallo-romaine, époque de grands travaux routiers, relia le bourg à Nantes et à Vannes par la construction d’une voie romaine.

La christianisation des campagnes nantaises date du VIe siècle au plus tôt, alors que la ville de Nantes était évangélisée dès le début du IVe siècle, et connut deux grands martyrs, Saint Donatien et Saint Rogatien. Le premier évêque de l’époque franque, Épiphane, fit le pèlerinage de Jérusalem et en ramena une relique de Saint Etienne, ce qui explique peut-être que son nom fut accolé à l’ancien nom du lieu, Montluc ou Monte Lucis, qui datait de la période celte ou gallo-romaine.

Les raids des Normands aux IXe et Xe siècles portèrent un rude coup aux établissements humains dans la vallée de la Loire. Ils furent défaits en 937 par Alain Barbe-Torte et désormais la commune de Saint-Étienne se trouva incorporée parmi les fiefs de l’évêque de Nantes. Les sources écrites mentionnent Saint-Étienne-de-Montluc pour la première fois en 1036.

Au XVIe siècle le nombre des habitants se situait entre 2.000 et 3.000. La mortalité était effrayante. Un enfant sur quatre mourait l’année de sa naissance. Les grandes épidémies (inscrites dans les registres sous le nom générique de « peste ») fauchaient régulièrement une partie de la population. En 1602 on enregistra 200 décès. En 1614 il y eut 57 morts dans les mois d’avril et mai. En 1627 des mois d’août à octobre, 150 personnes « tant grandes que petites » succombèrent à la peste.  En 1733 il y eut plus de 500 morts au total, à peu près le quart de la population. L’année 1737 connut une nouvelle épidémie, causant de nombreux morts. Les épidémies étaient souvent précédées de périodes de grande famine.

Les registres paroissiaux de Montluc ont conservé pour l ‘année 1597, un témoignage émouvant de la situation à la fin du XVIe siècle, sans doute sorti de la plume du curé, ému par la misère de ses paroissiens.

De l’an  mil cinq cent quatre vingt dix sept,
Aux mois de mai, juin et juillet,
Le septier de seigle valait communément
La somme et nombre de trente francs,
De froment aussi pareillement,
Le septier valait trente deux francs.
Jamais unique homme vivant
Ne l’avait vu valoir autant.
La cherté, parmi le monde, était si grande
Que jamais homme ne l’avait vu de connaissance.
Les hommes, femmes, enfants mouraient en divers lieux
De faim ; rien ne trouvaient pour soutenir leurs cœurs.
Bouviers, agrestes, allaient chercher parmi les champs,
Encore trouvaient-ils peu souvent.
Soignage menu à grande cherté,
Que jamais homme ne l’avait vu si cher.
Le blé noir, le septier, valait communément
La somme et nombre de vingt quatre francs
Et aussi faisait le mil pareillement.
Et autres gaignages au prix de l’argent.
Le pauvre, par les foires et marchés,
Ne cherchait que du pain.
Car, pour lors, tous enduraient grand besoing.
Les pauvres, jusques à vingt heures à la ronde,
Mouraient de faim en grand nombre.
Tant n’était de vivres le petit nombre
Qui ne rassasiât le pauvre monde.
Or priez Dieu et la Vierge Marie,
Qu’ils puissent nous ouster cette famine,
Et aussi toute guerre, pestilence, épidémye,
Et nous donne son paradis là-sus,
Où est chanté
Puer nobis natus,
Amen, Jésus.

Ce n’est que dans le courant du XVIIIe siècle que les hécatombes régulières se firent moins nombreuses. Comme partout en France le nombre d’habitants à Montluc se fit croissant, pour s’élever à 4293 en 1794.

Le hameau de Langle

Sur le territoire de la commune de Saint-Étienne-de-Montluc se trouvaient éparpillés au moins 250 petits hameaux ou lieux-dits, souvent des fiefs ou arrière-fiefs détenus du seigneur féodal. Un de ceux-ci était Langle ou L’Angle, situé au sud du bourg, en lisière de la Loire. Un Geoffroy de Langle est signalé en 1222. Au début du XVe siècle Jean Hérault de Langle était en possession des terres nobles de Langle. Favori du duc Jean de Bretagne en 1404 mais tombé en disgrâce en 1406, il se lia avec d’autres contre le duc en 1420 mais perdit la partie. Tous ses biens, dont Langle, furent confisqués, et en 1432 le duc en fit don à son secrétaire Guillaume Babouin qui prit le nom de Langle. Ses descendants demeurèrent  seigneurs de Langle pendant plus de deux siècles.

L’arrière petit-fils de Guillaume Babouin, Jean de Langle (1510-1590) joua un rôle important au parlement de Bretagne, dans la période difficile de la lutte entre catholiques et huguenots. Il tint le parti des premiers, alors que son beau-frère Charles de Montauban devint un des chefs du parti royaliste et huguenot. Jean de Langle passait la moitié de l’année à Montluc, afin de s’y occuper de ses terres et de se livrer à des travaux intellectuels, entre autres à l’écriture d’un énorme livre en latin, publié en 1577 sous le titre Otium semestre, avec ses souvenirs et ses réflexions sur la justice. C’est à Montluc que naquit en 1587 son fils Prigent, issu de sa troisième épouse. De Langle avait alors 77 ans et mourut en 1590.

Pendant tout le XVIIe siècle les descendants de la famille de Langle conservèrent leur fief stéphanois, mais après la mort de Julien de Langle en 1691, il fut vendu au seigneur Charles de la Bourdonnaye, dont nous retrouverons plus loin un héritier qui près de 200 ans plus tard, était toujours propriétaire à Langle. Toutefois, peu de temps après son achat, de la Bourdonnaye vendit une partie de son domaine au fermier général Jacques Gaudin de la Bérillais, qui se construisit un château à Langle.

Les Lemerle connurent donc encore comme seigneur du lieu, le dernier rejeton de la famille de Langle et avant la révolution ils se trouvèrent sous l’autorité soit des comtes de la Bourdonnaye de Montluc, soit des Gaudin de la Bérillais, pour retrouver à nouveau les de la Bourdonnaye, une fois l’orage révolutionnaire passé, ainsi que le comte de Chevigné, qui succéda aux Gaudin.

Saint-Étienne-de-Montluc, et Langle avec elle, était entièrement vouée à l’agriculture, exercée sur les terres rendues arables et peu à peu sur les terrains des marais asséchés. C’est là que plusieurs générations Lemerle gagnèrent leurs maigres revenus, à la sueur de leur front.

Les registres paroissiaux et les actes d’état civil

L’ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539 chargea le clergé du royaume de transcrire sur des registres les actes de la vie des chrétiens : baptêmes, mariages et sépultures. La pratique ne s’en généralisa que peu à peu et à Saint-Étienne-de-Montluc les registres ne remontent qu’à 1576, encore que pendant 15 ans seuls les baptêmes y furent inscrits. La première transcription concernant les sépultures date de 1590 et pour les mariages il fallut attendre 1640.

Ces registres sont-ils les premiers qui aient été rédigés dans la paroisse, ou sont-ils seulement les plus anciens qui ont été conservés ? Nous pouvons admettre l’une ou l’autre hypothèse en comparant les dates avec celles des paroisses voisines. A Cordemais et Vigneux, les registres des baptêmes commencent en 1580, à Saution en 1579, au Temple seulement en 1643.

Dans leur série quatre fois centenaire, les registres de Saint-Étienne comportent quelques lacunes. Les naissances manquent de 1649 à 1654 et de 1665 à 1668, tandis que les sépultures manquent pour 1638. Le registre de 1663 est à demi rongé. Tous les registres de la fin du XVIIe siècle et de tout le XVIIIe siècle ont été parfaitement conservés.

Le décret de l’Assemblée Constituante du 20 septembre 1792 enleva aux prêtres l’établissement des registres par l’instauration de l’état civil, qui actait désormais les naissances, les mariages civils et les décès. Les registres paroissiaux continuèrent à être tenus, mais uniquement pour l’enregistrement des sacrements, baptême et mariage.

Les plus anciens registres de Saint-Étienne se présentent sous la forme de gros cahiers de vélin, aux couvertures de parchemin jauni, les pages étant parfois des feuilles arrachées à des antiphonaires démodés. Leur rédaction s’étendait sur plusieurs années, jusqu’à épuisement des feuillets. Ainsi le premier registre des baptêmes va de 1576 à 1590 et celui des sépultures de 1592 à 1619.

Pendant plus d’un siècle, baptêmes, mariages et sépultures furent inscrits sur des cahiers séparés, mais à partir de 1670, les registres portent, les uns après les autres, dans le seul ordre chronologique ces différents grands évènements de la vie humaine. Le cahier devint annuel et au XVIIIe siècle il fut établi sur papier timbré.

Les premiers registres sont parfaitement tenus, rédigés d’une belle écriture, sans surcharges ni ratures ; l’encre a jauni depuis, mais les actes sont parfaitement lisibles. Malheureusement leur rédaction ne s’embarrassait pas toujours de renseignements qui aujourd’hui nous aideraient grandement, tels que les noms des témoins, parrains ou marraines, ou parentés diverses. Encore plus rarement les professions et domiciles. 

Généalogie de la famille Lemerle,
originaire du village de Saint-Étienne-de-Montluc

 

Première génération

Michel Lemerle
(vers 1640-1691)

Les premiers Lemerle apparaissent à Saint-Étienne-de-Montluc, plus particulièrement au hameau de Langle entre 1580 et 1600. Impossible toutefois de retrouver une filiation directe. Vers 1640 nous trouvons trois groupes Lemerle, éparpillés sur la commune, principalement sur les bords de la Loire. Ils ont probablement la même ascendance, quoique nous n’ayons pu raccorder les uns aux autres. Ils semble au contraire qu’ils vivaient dans des mondes et de familles nettement séparés.

Le premier qui inaugure la branche aboutissant directement à l’auteur du présent ouvrage, était Michel Lemerle, laboureur, né vers 1640 et décédé fin 1691, enterré le jour de l’an 1692, mentionné comme ayant environ 50 ans. Il avait épousé  vers 1665 Jeanne Briand et ils eurent trois fils.

Pierre Lemerle, né le 7 juillet 1668 et décédé le 4 mars 1677.

Gilles Lemerle, né vers 1670.

(Baptiste) Pierre Lemerle, né le 4 avril 1673, qui suit en deuxième génération.

 

Deuxième génération

Pierre Lemerle
(1673 – avant 1744)

Pierre Lemerle  naquit le 4 avril 1673. Il eut pour marraine Jeanne Sauveur. Il se maria le 17 juillet 1695 avec Julienne Bernier. L’acte de mariage est particulièrement succinct et ne donne aucune des informations habituelles en ce qui concerne la date de naissance et la paroisse de baptême des conjoints. Lui étant né à Montluc, il est probable qu’elle l’était également, puisqu’on trouve d’autres Bernier dans la commune. Ni dans l’acte de mariage, ni dans les actes de baptême de leurs enfants, le père, la mère, le compère (parrain) et la commère (marraine) n’apposèrent leur signature, ce qui indique qu’ils étaient illettrés, tout comme d’ailleurs l’écrasante majorité de leurs contemporains. Le couple eut cinq enfants.

Julienne Lemerle, naquit le 13 novembre 1696 pour mourir le 27 du même mois.

Joseph Lemerle, naquit au mois de mai 1699 et mourut le 11 octobre 1706.

Joseph Lemerle, qui suivra en troisième génération, naquit en 1701 et( reçut – curieusement – le même prénom que son frère aîné, pourtant encore en vie.

Renée Lemerle naquit en 1703 et vivait encore en 1736.

Julienne Lemerle, née le 27 septembre 1706, mourut le 14 octobre suivant.

Les noms des parrains et marraines ne se retrouvent pas toujours dans les actes ou sont devenus difficilement lisibles. Les noms mentionnés sont ceux de Jacques et Jeanne Bernier (pour le second enfant), de Marguerite Bernier (pour le troisième), de Ganachaud et Perrine Guerchet (pour le cinquième). Tant aux baptêmes que lors des enterrements, des témoins étaient également signalés : François Rochais, Jean Meignen, un Durand, un Lebreton, Jeanne Cremet, Françoise Cheniau. A aucune reprise un parent Lemerle n’apparaît, ce qui peut faire supposer que les liens avec d’autres descendants Lemerle s’étaient distendus, ou sinon qu’il n’y en avait pas qui étaient en âge de pouvoir faire fonction de témoin, ou encore que les autres Lemerle dans la commune n’avaient aucun lien de parenté.

La mortalité enfantine étant ce qu’elle était, le couple n’eut que deux enfants qui parvinrent à l’âge adulte. Julienne Bernier mourut à une date non précisée, soit qu’elle soit morte en couches, soit au cours des années suivantes.

Le ménage Lemerle survécut à l’épouvantable hiver qui frappa, en février et mars 1709, toute la région nantaise. Ou est-ce à cette époque que l’épouse trépassa ? Resté veuf, avec deux enfants à sa charge, Pierre Lemerle convola en secondes noces le 9 février 1711 avec Julienne Louette, de Montluc. Gilles Louette fut leur seul témoin. Ils eurent quatre enfants et moururent tous deux avant 1744.

Jeanne Lemerle, née le 2 décembre 1711, deux mois après le grand tremblement de terre qui avait affolé la population, eut pour parrain Gilles Louette, tandis que Jean Guerchet et Perrine Durand assistaient au baptême . En premières noces elle épousa le 11 février 1744 Julien Lodé, veuf de Julienne Jeudi et en secondes noces en 1754, Thomas Pechiné, originaire de la paroisse Duzel dans le diocèse de Saint-Brieux, veuf de Marie Droult.  A ce second mariage, quatre témoins étaient signalés : Laurent Durand, François Bézier, René Nicolas et Joseph Hamelin. Jeanne Lemerle mourut le 25 février 1761.

Au mois d’octobre 1715 naquirent les jumeaux Pierre et Françoise Lemerle, qui n’ont pas laissé d’autre trace, ce qui fait supposer qu’ils moururent après peu de jours.

Julienne Lemerle, née le 24 février 1717, eut pour parrain Jacques Seignard et pour marraine une « damoiselle Jeanne », seule occasion où il semble que les époux aient fait appel à une personne d’un milieu aisé pour patronner le nouveau-né. Julienne mourut le 25 octobre 1751. Elle avait épousé François Rochais, le 11 février 1744, c’est à dire le même jour que sa sœur Jeanne. Une curieuse différence se note dans les actes. Sur celui de Jeanne il est mentionné que ses parents sont décédés, tandis que sur celui de Julienne il est mentionné en présence de Pierre Lemerle, le grand … et de Joseph Lemerle, son [neveu]. On pourrait dès lors se demander s’il est bien excat que les deux mariages furent contractés le même jour.

Le ménage Lemerle-Louette avait donc quatre enfants à sa charge, un garçon et trois filles, deux du premier mariage et deux du second. Pierre Lemerle n’a laissé aucune trace quant à ses activités. Il était plus que probablement modeste laboureur, journalier au service de l’un ou l’autre fermier.

Un fonctionnaire royal ayant visité Saint-Étienne-de-Montluc, adressa en 1737 le rapport suivant à l’intendant de Bretagne : Les habitants sont naturellement paresseux, insolents et pauvres. La récolte est ordinairement suffisante pour la subsistance des habitants du pays. Les terres produisent du blé, du lin, du foin, des pommes et du vin. Le tout se consomme dans le pays, à l’exception des foins qui à Saint-Étienne sont en excédent et qui se vendent à Nantes. Depuis la mi-carême à la Saint-Jean s’y fait un commerce considérable de beurre, que des marchands viennent acheter jusque de Normandie.

Nous ignorons la mesure, à coup sûr très modeste, dans laquelle Pierre Lemerle et son fils Joseph s’inscrivaient dans ces activités. Il est à peu près certain qu’ils vivaient au bord de la pauvreté extrême, habitant une quelconque petite masure, dépourvue du moindre des conforts, sans autre délassement du dur labeur que de se coucher à l'obscurité tombante et de, dans un réduit dépourvu de tout éclairage, faire des enfants.

 

Troisième génération

Joseph Lemerle
(1701 – 1738)

Joseph Lemerle, né en 1701, épousa Ollive Guerchet, le 21 janvier 1723.  Il mourut le 24 février 1738. Tous deux étaient natifs de Montluc. Lors de leur mariage ils furent accompagnés à l’église par Julien B[ernier], François Ganachaud, Julien Huon et par plusieurs autres qui ne savent signer. Ils eurent dix enfants, probablement tous nés à Langle, quoique à la naissance de Marie Lemerle en 1734 le curé a noté qu’ils étaient tous du village de la Baye, autre hameau faisant partie de Montluc. Seul l’aîné des enfants eut de la descendance.

Joseph Lemerle, qui suivra en quatrième génération naquit le 5 décembre 1723.

Julienne Lemerle, née le 12 décembre 1725, mourut le 9 janvier 1730. Son parrain était Julien Lodé, le futur mari de sa tante Jeanne Lemerle (ou éventuellement le père de celui-ci, portant le même prénom) et sa marraine Julienne Prion. A son décès son père et Julien Lodé servirent de témoins.

Ollive Lemerle, naquit le 28 février 1727. Son parrain était François Landrain et sa marraine, sa tante Renée Lemerle. Elle ne laissa pas d’autre trace et le fait que son parrain le fut également de l’enfant suivant, tandis qu’une sœur puînée reçut le même prénom, peut faire supposer qu’elle mourut peu de temps après sa naissance.

François Lemerle, naquit le 12 juillet 1729. Son parrain était François Landrain et sa marraine Françoise Guerchet. Sans doute mort en bas âge.

Louis Lemerle, naquit le 7 juillet 1730 et mourut le 4 septembre suivant. Son parrain était Louis Philbert et sa marraine la tante Renée Lemerle. A son enterrement il était entouré de son père et de son parrain.

Jeanne Lemerle, naquit le 7 juillet 1730. Son parrain était Jean Maret et sa marraine Perrine [Guerchet]. Sans doute morte en bas âge.

Le 2 mai 1731 un enfant mort-né, sans prénom, fut enseveli, tandis que son jumeau fut baptisé Pierre. Ce Pierre Lemerle mourut à Langle le 14 mars 1763. Il semble être demeuré célibataire.

Marie Lemerle, naquit le 9 mars 1734. Son parrain était Julien Maignan. Sans doute morte en bas âge.

Ollive Lemerle, naquit le 22 mars 1736. Elle eut pour parrain son frère aîné Joseph, qui avait treize ans et pour marraine sa tante Renée Lemerle. Elle aussi mourut probablement en bas âge.

Joseph Lemerle, mis à part sa nombreuse progéniture, n’a guère laissé plus de traces que son père. Les actes paroissiaux démontrent qu’il faisait partie de la masse des illettrés. Sa profession n’est indiquée nul part, mais il était plus que probablement laboureur comme son père. De ses nombreux enfants, deux ou trois seulement étaient encore en vie lorsqu’il mourut le 24 février 1738. Son décès prématuré, à la suite sans doute de l’une ou l’autre maladie, n’était évidemment pas exceptionnel en ces temps là. On peut toutefois se demander s’il ne fut pas une des nombreuses victimes de l’épidémie (peste ou choléra) qui régna à l’époque et qui peut également avoir emporté plusieurs de ses enfants.

Quant à sa veuve elle vivait encore en 1750, lors du mariage du fils Joseph, puisqu’il est mentionné comme fils de feu Joseph Lemerle et Ollive Guerchet, et encore en 1756 où on la retrouve au baptême d’un de ses petits-enfants.

 

Quatrième génération

Joseph Lemerle
(1723 – 1775)

Joseph Lemerle naquit à Montluc le 5 décembre 1723. Le 20 octobre 1750 il épousa Jeanne Renaud, fille de Jean Renaud et de Jeanne Savin. Les témoins furent Jacques Cremet et Mathurin Mabit, indiquant qu’il n’y avait toujours pas de Lemerle à qui l’on put faire appel, le frère Pierre Lemerle n’étant pas encore en âge. Joseph mourut le 14 mai 1775, son épouse l’ayant précédé. Le couple eut quatre enfants.

L’aînée, Jeanne Lemerle, naquit le 24 octobre 1751. Son parrain était Jean Renaud et la marraine sa grand-mère Ollive Guerchet. Elle mourut le 29 octobre 1754 et fut enterrée en présence de son père, de Julien Landrain et de Julien Lodé.

Joseph Lemerle, né le 11 septembre 1753, suivra en cinquième génération.

Ollive Lemerle, naquit le 26 février 1756. Son parrain était son oncle Pierre Lemerle et sa marraine sa grand-mère Ollive Guerchet, toujours bien vivante. A dix-huit ans, le 4 octobre 1774 elle épousa le laboureur Guy Loyen en présence de ses parents à elle, de François et Jean Loyen (sans doute les frères du marié) et de Pierre Babin, parent de Joseph Lemerle.

Après la mort de son mari, dont nous ne connaissons pas la date, mais qui est à situer avant 1789, et de qui elle eut des enfants, Ollive se remaria le 16 février 1811. Le mariage civil fut passé devant le maire de la commune, le comte Louis de Chevigné. Elle avait déjà cinquante cinq ans, tandis que son mari, le laboureur ou journalier célibataire Jean Chapron n’en avait que trente sept. De tels mariages, plutôt mal assortis, étaient assez fréquents à l’époque, les hommes étant en nombre nettement inférieur aux femmes. Les conjoints étaient accompagnés de quatre témoins non parents : le laboureur René Gascoin, le taillandier Alexis Bernard, l’aubergiste Henry Deloubais et le marchand François Simon. Le premier habitait le hameau de la Martinais, les trois autres le bourg de Montluc.

Ollive Lemerle exerçait la profession de sage-femme et de ce fait était sans nul doute bien connue dans le village. Toutes proportions gardées son gagne-pain faisait d’elle ‘un bon parti’. Elle mourut le 25 mai 1831 à l’âge de soixante seize ans. Son mari ne tarda pas de convoler à nouveau. Six mois plus tard, en novembre 1831 il s’unit à Renée Chapron, sans doute une cousine. Elle était cultivatrice et fille du défunt René Chapron, tandis que sa mère portait le nom pittoresque de Perrine Grattepaille.

Ollive Lemerle avait réussi à acquérir quelques biens. Pour preuve, le legs qu’elle fit à sa sœur Marie, par acte du 13 avril 1789, réalisé après la mort de celle-ci au profit des deux enfants mineurs, le 18 juin 1806. A cette date ils reçurent la somme de trois cent onze livres et six sous. Il y avait toutefois une contrepartie : le veuf et tuteur abandonnait à Ollive et à ses enfants issus du mariage Loyen la jouissance d’une habitation dans la commune.

Cette Marie Lemerle, quatrième enfant de Joseph Lemerle, naquit en février 1761. Le 1er juillet 1788 elle épousa le laboureur Pierre Crozillé, de qui elle eut deux enfants. Elle mourut avant 1806.

Au cours des premières générations Lemerle à Langle, les mariages se firent avec d’autres fils ou filles de laboureurs modestes, issus des familles Briand, Bernier, Louette, Lodé, Pechiné, Rochais, Guerchet, Renaud, Loyen, Chapron et Crozillé. C’était encore l’époque où les alliances se faisaient principalement entre habitants du même village, voire du même hameau. Un mariage en dehors du hameau, a fortiori un mariage en dehors de la commune, faisait figure d’union entre deux nationalités différentes. Parmi les témoins paraissaient d’autres noms de représentants de familles de laboureurs établies à Montluc depuis de nombreuses générations, comme les Babin, les Doceul, les Mabit et les Simon.

Tout comme son père, grand-père et arrière grand-père, Joseph Lemerle appartenait sans nul doute à la masse des petits laboureurs, soit au service des cultivateurs établis, soit labourant un petit lopin de terre qu’il s’était procuré.

 

Cinquième génération

Joseph Lemerle
(1753 – 1820)

Joseph Lemerle naquit à Langle le 11 septembre 1753, ayant pour parrain son oncle Guillaume Renaud et pour marraine Julienne Fréon. Le 24 octobre 1775, quelques mois après la mort de son père, mineur mais émancipé par la mort de ses parents, Joseph épousa Jeanne Fréon, également née à Montluc. Jean, Julien et Jacques Lodé, oncles de la mariée, étaient présents comme ses témoins. Nous ne connaissons pas la date de naissance de l’épouse, qui doit se situer vers 1755, ni la date de son décès, qui se situe après 1837, ce qui fit d’elle une octogénaire. Joseph Lemerle, tout comme ses prédécesseurs, était laboureur de son état. Il quitta Langle pour s’installer à La Baie, un autre hameau de Montluc, comme en témoignent les actes de baptême de ses enfants. Il revint à Langle vers 1790, son fils cadet y étant né. Il mourut le 14 septembre 1820, à l’âge de soixante sept ans. Le couple eut six enfants.

Marie Lemerle, naquit le 7 avril 1777. Sans doute mourut-elle en bas âge, car nous n’avons pas d’autres renseignements à son sujet.

Jeanne Lemerle, née le 19 juin 1778, mourut le 24 juillet 1779. Elle eut pour parrain Laurent Durant et pour marraine sa tante, la sage-femme Ollive Lemerle.

Renée Lemerle, naquit le 25 novembre 1779, ayant comme parrain son oncle Guillaume Fréon et comme marraine sa parente Renée Landrain. N’ayant laissé d’autres traces, nous devons supposer pour elle également une vie très brève.

Guillaume Lemerle, naquit en 1781, ayant comme parrain son grand oncle Guillaume Renaud et comme marraine Marie Renaud, épouse de Jean Fréon. Il mourut le 8 mai 1785.

Jean Baptiste Lemerle, naquit le 3 juin 1784, ayant comme parrain son oncle, le laboureur Jean-Baptiste Fréon et comme marraine sa tante Marie Lemerle. Le jeudi 18 mai 1815, sans se soucier du remue-ménage, consécutif au retour de Napoléon et à la levée des armées qui iraient se faire battre à Waterloo, il épousa Claudine Elisabeth Després, née à Montluc le 23 janvier 1786. Les témoins étaient le frère cadet Joseph Lemerle, le parrain Jean-Baptiste Fréon, le tisserand Pierre Després et l’ancien boulanger Pierre Melu, ami de la famille.

Jean Baptiste Lemerle avait appris le métier de maréchal-ferrant et s’était installé à Vigneux, tout à côté de Montluc. Il mourut prématurément le 21 décembre 1816, laissant à sa veuve, qui mourut après 1842, un fils posthume, Jean Pierre Lemerle, né en 1817 et décédé en 1866. Il se maria deux fois mais n’eut pas de descendants.

Le sixième et dernier enfant du couple Lemerle-Fréon, Joseph Lemerle, né le 11 septembre 1790 suit en la sixième génération.

Alors que les informations, autres que celles de l’état civil, et encore, font cruellement défaut en ce qui concerne les trois premières générations des Lemerle à Langle, il n’en est plus de même pour les époux Lemerle-Fréon. Plusieurs actes notariés indiquent qu’ils avaient dépassé le stade de l’extrême pauvreté et nous permettent d’apprendre à mieux connaître, sinon leur vie, du moins leurs conditions de vie. Les cinq actes passés devant notaire nous en donnent l’occasion.

Il y eut tout d’abord les testaments des deux époux, établis par elle au 21 janvier 1820, et par lui au 24 février 1820, neuf mois avant sa mort, un signe qu’il était sans doute malade et voyait la fin s’approcher. L’épouse dicta son testament comme suit : Je donne et lègue à Joseph Lemerle, mon mari, tout ce dont la loi me permettra de dispenser à ma mort, mais en usufruit seulement, le dispensant de fournir caution. Le testament de Joseph, tout en contenant la même phrase léguant ses avoirs à son épouse, y ajoutait d’autres clauses. Il léguait par préciput et hors part la somme de trois cent francs à son cadet Joseph, qui lui succéderait comme laboureur à Langle, somme dont il ne pourrait toutefois disposer qu’après la mort de l’épouse, le reste de la succession devant être partagé à égalité entre Joseph et son neveu Jean-Pierre. Le legs hors part était assorti de la condition que Joseph n’exige aucun compte à son neveu des sommes que Joseph père avait pu donner du vivant de Jean-Baptiste. Il s’agissait des frais d’apprentissage comme maréchal-ferrant que le père avait réglé.

En quoi les biens de la communauté consistaient, se lit dans l’inventaire qui fut rédigé le 4 octobre 1820, quelques jours après le décès du mari. Un laboureur de Langle, Mathurin Tessier, fournit les estimations aux deux notaires de Montluc, Jean-François Normand et Noël Maigret, qui dressèrent l’acte, en présence du greffier Gatien Moreau et de l’huissier François Vinezon. Tout ce monde se rendit sur place, ce qui était donner beaucoup d’éclat à une affaire de peu d’importance. Le détail donne une bonne idée de ce que pouvait posséder un modeste agriculteur à cette époque.

Dans une chambre basse  - en fait la seule et unique qui constituait toute la maison - on trouvait : un bois de lit garni de mauvaise serge verte et des rideaux pareils, avec une paillasse, une couette, un oreiller, une couverture et deux draps (72 frs) ; un lit à tombeau avec même garniture et contenu (10 frs) ; un vaisselier (8 frs) ; une petite armoire à un battant (1 fr) ; une table avec un tiroir (1 fr) ; une table de boulangerie (4 frs) ; deux coffres (10 frs) ; trois mauvaises barriques (2 frs) ; une poêle à lessive (15 frs) ; une mauvaise poêle (0,25 fr) ; un mauvais poêlon (1,50 fr) ; une armoire à deux battants (15 frs) ; une paire de meules à moudre (3 frs) ; trois chaises et trois bancs (3 frs) ; une petite et une grande marmite (4 frs) ; un chaudron de fer (1,25 fr) ; une poêle à frire (0,50 fr) ; un trépied (1 fr) ; un mauvais gril (0,25 fr) ; une hachereau, une serpe, une erminette, deux faucilles, un persage, un petit marteau, un couteau à mains, une scie, une hache (9 frs) ; une ganache et un broc (2,25 frs) ; trois pelles (2,25 frs) ; une bêche (3 frs).

Dans l’écurie se trouvaient : une vache (54 frs) ; du fumier (20 frs) ; du foin (30 frs) ; de la paille (15 frs) ; du bourrier (24 frs) ; des fagots (6 frs) ; un rouet (1,50 fr) ; du bois nouveau (8 frs) ; du froment (81 frs) ; du mil (24 frs) ; une galetaire (1 fr). Pour le reste le greffier prit note des effets suivants : les hardes du défunt (5 frs) ; dix chemises du défunt (15 frs) ; les hardes et le linge de la femme (22 frs) ; une paire de bas du défunt (2 frs) ; quatre serviettes (3 frs) ; dix draps (20 frs) ; trois poêles (2 frs) ; des pots (2 frs) ; une braie (3 frs) ; une poêle à châtaignier (1 fr) ; un rouet à laine (1 fr) ; les dessous de gambadoires ? (1,50 fr) ; une mauvaise table (1 fr) ; quatre sacs (1,75 fr) ; l’argent comptant (20 frs).

La veuve produisit également un contrat de vente, par lequel son mari avait acheté le 4 février 1799 un petit canton de jardin à Langle. Le vendeur Joseph Vignaud était mineur d’âge et la vente avait été confirmée lors de sa majorité, le 1er mai 1802. Les deux actes furent passés devant le fils du notaire et procureur Auguste Moisan, Joseph Moisan qui à la révolution devint premier secrétaire de mairie et ensuite notaire, pour de 1803 à 1807 présider le conseil municipal. La veuve fit également état du brevet d’apprentissage de feu Jean-Baptiste Lemerle, leur fils, pour lequel avait été payé 72 francs.

D’autre part, la communauté avait encore des dettes à régler, notamment au chirurgien Perchais (66 frs) ; à Bretonnière pour du vin (12 frs) ; au meunier Rousseau (14 frs) ; à Pierre Sourlié (16 frs) et à Cresneau (4 frs). Pour les terres qu’il louait, Joseph devait encore : pour la location d’un canton à Noëls (30 frs), pour trois cantons à Rousseau (12 frs) ; pour un pré et du terrain à Pillet (18 frs), pour un canton et du foin à Moret (16 frs). En tout, en propriété et en location, le ménage Lemerle semble avoir disposé de sept « cantons » sur lesquels il pouvait exercer l’agriculture. Seul du « canton » sur lequel se trouvait la chaumière et ses dépendances nous connaissons la superficie, qui s’élevait à 5 ares.

Les notaires établirent dès lors l’actif de la succession à 544 francs et le passif à 232 francs. A la clôture de l’inventaire, tant la veuve que son fils déclarèrent être illettrés.

D’un tel inventaire nous apprenons beaucoup de choses. Les Lemerle habitaient une chaumière d’une extrême modestie : une pièce et un grenier. Ils en étaient les propriétaires, comme on verra plus loin. On peut même supposer qu’ils la construisirent de leurs propres mains sur le petit lopin de terre qu’ils avaient acquis. Une « aise » extérieure devait suffire aux besoins naturels, tandis que deux écuries primitives offraient le gîte à la vache, aux provisions et produits et aux outils. Il apparaît dans quelles conditions de dénuement une famille de modestes laboureurs pouvait vivre, dans une seule pièce où l’on séjournait, travaillait et dormait. Mobilier, habillement, ustensiles ménagers et agricoles ne représentaient que peu de valeur. L’essentiel était la vache et les produits agricoles ou nécessaires à l’agriculture, mais qui ne représentaient eux non plus pas de grandes sommes. La table boulangère indique que, comme tout le monde, la ménagère préparait son pain, qu’elle allait ensuite faire cuire au four communal, les meules qu’elle avait d’abord moulu le grain, tandis que la présence du rouet indique qu’elle passait ses heures libres à filer.

Peut-on supposer qu’un certain nombre d’ustensiles ne furent pas repris à l’inventaire ? Il semble assez improbable qu’il ne se fut trouvé ni assiettes, ni verres, ni bols, ni cuillères, ni fourchettes, ni couteaux, ni casseroles ou tous autres ustensiles d’utilisation courante, ne fusse qu’en faibles quantités. Ne furent-ils pas notés ou étaient-ils compris dans l’évaluation du vaisselier ? D’autre part les outils de travail demeuraient peu nombreux. Aucun moyen de locomotion, même pas une simple brouette, n’est mentionné.

Lorsque quelques mois plus tard, en mars 1821 la veuve quitta la chaumière pour aller loger auprès de son fils, - ou plus probablement lorsque lui emménagea avec sa petite famille chez elle - elle fit rédiger un nouvel inventaire, indiquant ce qui lui appartenait afin d’éviter à ses héritiers toute contestation à son décès. Il s’agissait du grand bois de lit et de son contenu, du vaisselier, de l’armoire à deux battants, de la table et de la table de boulangerie, des trois chaises et des trois bancs, des deux marmites, du chaudron de fer, de la poêle à frire, du trépied, d’une pelle et d’une bêche, de deux rouets, de quelques draps, serviettes et autres hardes et surtout de la vache, le tout pour une valeur de 164 francs. Tous les autres objets, trouvés dans la demeure où elle trépasserait, seraient donc réputés être la propriété de son fils Joseph.

Bien plus tard, le 10 décembre 1837 Jeanne Fréon fit établir par le notaire Briand Martinière à Montluc, un acte de donation entre vifs au bénéfice de son fils Joseph et de son petit-fils Jean-Pierre, devenu coutelier de son état. Elle leur léguait la chaumière au hameau de Langle, décrit comme suit : une maison couverte en ardoise composée d’une chambre basse et d’un grenier au-dessus, ainsi qu’une aise et deux mauvaises écuries dont une couverte, avec un terrain de 2 ares 90 centiares. En plus il y avait : une planche de jardin avec un petit cellier, couvert en ardoise avec un terrain de 2 ares 20 centiares. Il lui restait encore quelques ustensiles et vêtements, le tout estimé à 100 francs. Le revenu annuel de la chaumière était fixé à 25 francs, celui du cellier à 5 francs. Elle se désista par ce legs de tout droit à usufruit, moyennant la condition que ses héritiers s’engagent solidairement à la loger, coucher, nourrir, blanchir, chauffer et soigner convenablement. Nous ignorons à quelle date elle mourut.

Le legs par préciput à Joseph devant à cette occasion être réglé, il prit pour lui la chaumière, tandis que Jean-Pierre se contentait de la planche de jardin et son cellier, ainsi que du mobilier. Le même 10 décembre 1837 il vendit le tout à son oncle Joseph, moyennant 100 francs pour le jardin et le cellier et cent francs pour le mobilier (un lit, une armoire, une pelle, un rateau, une fourche, deux paires de draps, trois jupes, quatre corsages, deux tabliers, trois mouchoirs, quatre coiffes et cinq chemises, une marmite, un chaudron, un trépieds, une chaise et un lot de fatras), le tout payé en argent comptant.

Ce qui apparaît de ces différents actes, c’est la grande pauvreté dans laquelle vivaient les modestes laboureurs de l’époque et en même temps le grand cas qu’ils faisaient des rares biens qu’ils étaient parvenus à assembler et qui les distinguait sans doute déjà quelque peu d’encore plus pauvres qu’eux. La moindre chaise branlante, le moindre mauvais poêlon valaient la peine d’être inventoriés et légués à la prochaine génération.

Joseph Lemerle fut le seul de son nom, du moins dans cette branche, à vivre la Révolution à Montluc, qui y fut, comme dans le reste de la région nantaise, violente et sanglante. Dès les années soixante-dix les premiers heurts entre paysans et seigneurs s’étaient produits à l’occasion de l’accaparement des marais par les de la Bourdonnaye et d’autres. La crise fourragère lors de l’été sec de 1785 et la grande crise céréalière de 1788 porta le mécontentement paysan à son comble. Au printemps 1789, les Stéphanois, réunis en assemblée le dimanche 7 avril, rédigèrent un cahier de doléances sévère. Du gouvernement royal ils exigeaient une nouvelle répartition des impôts et une réorganisation de la justice, tout en se plaignant du poids des corvées de grand chemin, du recrutement de la milice et du casernement des troupes. Ils n’étaient pas plus tendres envers leurs seigneurs féodaux. Ils leur reprochaient de ne pas faire leur devoir : Les chemins qui mènent au bourg sont trop étroits et souvent impraticables. Les seigneurs ne les font jamais réparer. Ils se dressaient surtout contre l’arbitraire seigneurial : Ils imposent des corvées nuisibles au pauvre peuple, pour l’entretien de leurs moulins et châteaux ; leurs agents nous demandent des prix bien supérieurs à la valeur de nos bestiaux pour nous les restituer quand ils les ont pris en dommage. Les seigneurs nous ont dépourvu de nos droits de pacage et de faucher dans les communs de la paroisse. Ils restreignent la largeur des chemins pour accroître leurs terres et chassent en toutes saisons, même dans les pièces de grains. L’influence des paysans dans la rédaction de ce cahier était donc évidente. Nous ignorons évidemment si et dans quelle mesure Joseph Lemerle assista à la rédaction de ce texte, mais il est plus que probable qu’il en était d’accord.

Lorsque peu après la situation s’envenima, le hameau de Langle se trouva au centre des évènements. Montluc ayant été doté d’un nouveau curé, qui avait prêté le serment constitutionnel, la majorité des paroissiens refusèrent d’assister aux services religieux dans la paroisse, d’autant plus que ce curé n’était pas Breton mais Normand. Le 21 août 1791 plus de trois cent fidèles s’attroupèrent autour de la chapelle de Langle, dédiée à Saint Roch, afin d’y entendre la Messe dite par un prêtre réfractaire. Le dimanche 21 septembre ils étaient 800 à se retrancher autour de la chapelle et à refouler à coups de bâton et de pierres et même d'armes à feu, la Garde nationale qui avait été envoyée afin d’empêcher la Messe. Il n’est pas interdit de penser que Joseph Lemerle, sa femme et son fils Jean Baptiste, s’y trouvaient.

Les escarmouches de part et d’autre continuèrent tout au long de l’année 1792. L’exécution de Louis XVI le 21 janvier 1793, le poids des impôts et réquisitions, la chasse aux prêtres réfractaires et la levée en masse de 300.000 hommes (Montluc en fournit quarante), donnèrent le signal pour l’insurrection Vendéenne, bientôt suivie de la Terreur. Après quelques hésitations, un habitant de Langle, l’ancien colonel Jacques Gaudin de la Bérillais, se mit à la tête des insurgés stéphanois. Le 14 mars il fut acclamé par plus de 3.000 hommes, venus de toute la région. Un mois plus tard, le 17 avril, s’étant naïvement laissé conduire à Nantes, Gaudin fut sommairement jugé et exécuté le lendemain. Une fois de plus nous ignorons si cet autre habitant de Langle, Joseph Lemerle, fut d’une quelconque façon mêlé aux évènements.

La guerre de Vendée toucha également Montluc, et un nombre d’habitants mourut, soit sous la bannière des Chouans, soit  sous celle de la République. L’insécurité régna pendant de nombreuses années. La chaumière de Lemerle était sans doute trop modeste pour attirer l’attention des ‘brigands’ qui parcouraient la région et qui jusqu’en 1799 attaquaient les fermes la nuit et se faisaient, sous la torture, remettre les économies des habitants. 

Au cours de tous ces évènements dramatiques, Joseph Lemerle continua sans doute à travailler la terre, à traire sa vache, à améliorer peu à peu la pauvreté de son existence, jusqu’à pouvoir laisser ce tout petit héritage à son fils survivant et à son neveu, ses seuls descendants à lui survivre.

 

Sixième génération

Joseph Lemerle
(1790 – 1846)

Joseph Lemerle naquit à Langle le 11 septembre 1790. Son parrain était l’oncle Jean Fréon et la marraine Julienne Béranger, épouse de Julien Simon. Eux et le père se déclarèrent illettrés.

Le 23 décembre 1813 il épousa Anne Marie Durand, née le 2 mai 1792, à Langle également. Elle était la fille du laboureur Michel Durand et de Marie Doceul. Les témoins étaient les laboureurs Jean et Jean Baptiste Fréon, ses oncles, le sabotier Jean Marie Durand et le cordonnier Pierre Durand, frères de la mariée. Il apparaît que Joseph savait apposer son nom, car seulement de la mariée, de son père et des quatre témoins il est signalé dans l’acte qu’ils étaient incapables de signer. Toutefois, dans des actes ultérieurs il déclara ne pas savoir signer. Les époux Lemerle-Durand eurent dix enfants.

Joseph Marie Lemerle, né le 5 janvier 1815, qui suit en septième génération.

Jean Marie Lemerle, naquit le 27 janvier 1817 à Langle. Son grand-père Joseph Lemerle fut témoin lors de la déclaration à la mairie, ainsi que le taillandier Jean Lemaitre. Seul le père signa l’acte, les témoins étant illettrés. Le 27 octobre 1826 Jean-Marie Lemerle décéda en la maison paternelle et outre son oncle Jean Durand, laboureur à Langle, le fossoyeur de la commune Joseph Simon en fit la déclaration.

Jean Baptiste Lemerle, naquit à Langle le 18 février 1818. Le père fit la déclaration, avec comme témoins son père Joseph et son oncle le laboureur Jean-Baptiste Fréon. Baptiste Lemerle, devenu laboureur à Langle, épousa le 3 juin 1842 Jeanne-Laurence Lefeuvre, âgée de 23 ans et cultivatrice au hameau de la Ghicquelais, fille du laboureur François Lefeuvre. Les témoins étaient le vieux menuisier Ambroise Frégret, le frère Joseph Lemerle, le maréchal-ferrant Jean Bassin et le boulanger Louis Viano.

Jean-Baptiste Lemerle, qui avait repris la ferme familiale, mourut le 4 mai 1861 à son domicile, à l’âge de quarante trois ans. Son épouse le survécut : elle vivait encore en 1872. Ils eurent six enfants, Jean-Baptiste (né le 13 avril 1843, laboureur qui succéda à son père, épousa Jeanne Viaud le 29 novembre 1869), François (né le 19 janvier 1846, laboureur), Rose-Jeanne (née le 26 mai 1847, cultivatrice, épousa Louis Bézier, cultivateur, le 8 septembre 1872) Joseph (né le 3 mars 1850, décédé le 16 avril 1850), Marie-Rose (née le 5 février 1855) et Victorine (née le 20 juin 1857, décédée le 15 juillet 1857).

François Hervé Marie Lemerle, naquit à Langle le 1er mai 1820. Son père en fit la déclaration, entouré de deux oncles du nouveau-né, les laboureurs Hervé Durand et Julien Chapron. Le 19 novembre 1852, âgé de 32 ans, devenu cultivateur à son tour, il épousa Rose Beignaud (décédée le 7 septembre 1883), en présence de leurs mères respectives et des témoins, les aubergistes Pierre Mabit et François Maison, le frère de l’épouse Jean Beignaud, laboureur et le laboureur Pierre Bernard. Le couple eut quatre enfants, Rose (née le 14 septembre 1853), François (né le 14 janvier 1855, épousa sa cousine, la cultivatrice Jeanne Gautier, le 26 avril 1885), Marie-Madelaine (née le 25 juin 1856, décédée le 19 août 1856) et Jean (né le 16 mai 1859, décédé le 22 août 1860). François Lemerle mourut à une date non connue, après 1866.

Il n’y avait évidemment pas place pour deux frères dans la modeste exploitation agricole, héritée de leur père. François Lemerle trouva la solution en devenant fermier d’une autre exploitation à Langle. Ses propriétaires n’étaient pas n’importe qui. Il s’agissait de descendants de l’ancienne famille de la Bourdonnaye Montluc, qui tout en ayant perdu tous leurs droits féodaux à la révolution, n’en étaient pas moins restés propriétaires de certaines parties du territoire de Montluc, en particulier à Langle.  Charles de la Bourdonnaye, (né à Ploërmel en 1635), commandant de la noblesse de l’évêché de Nantes, était devenu seigneur de Langle a la fin du XVIIe siècle. Son fils Yves-Marie de la Bourdonnaye, président des Enquêtes au Parlement de Bretagne, agrandit ses possessions et devint seigneur de Montluc et de la Juliennais, se nommant désormais comte de la Bourdonnaye Montluc. Ils s’illustrèrent dans l’assèchement des marais. A la fin de l’Ancien Régime la famille possédait à Montluc 25 fermes, 6 moulins, de nombreuses maisons dans le bourg et de vastes étendues de prés, landes et bois. Ils en récupérèrent donc une partie, puisqu'en 1861 ils étaient toujours propriétaires d’au moins une ferme dans l’ancienne seigneurie de Langle. Cette métairie de Langle appartenait en indivision à Henry Charles Marie de la Bourdonnaye Montluc et à une nuée d’autre membres de la famille. François Lemerle exploitait déjà depuis quelque temps la ferme sous le régime d’un bail oral, lorsqu’il la prit en bail à ferme pour une période de neuf ans, le 24 juillet 1861 par acte passé devant le notaire Victor Boussineau, pour le prix de 600 francs or par an. Il s’agissait d’une exploitation d’une certaine importance, décrite comme la métairie de Langle et ses dépendances, consistant en logements de fermes et autres exploitations, terres labourables, prés, pâtures, etc. Le comte de la Bourdonnaye, habitant le château de Lallié près de Rennes, se déplaça en personne pour venir signer le bail.

Marie Anne Lemerle, naquit le 29 juillet 1822. Les témoins à l’état civil furent son oncle Jean Durand et son grand-oncle Julien Chapron, tous deux laboureurs. Le 26 juin 1855, âgée de trente deux ans, elle épousa le laboureur Jacques Demy, veuf depuis neuf mois de Françoise Friallant, lui-même né à Drefféac le 7 juin 1823. Ils eurent pour témoins les laboureurs Jean Loyen et Henry Durand du côté de l’époux et les laboureurs Jacques Friallant et Jérôme Demy pour l’épouse. Jacques Demy habitant La Cesnaie en Cordennais, il est fort probable que c’est là que le couple alla s’établir.

Anne Lemerle, naquit le 18 septembre 1826. Son père en fit la déclaration en présence du sabotier Michel Durand et du grand-oncle Julien Chapron, toujours présent puisque sans doute le premier prévenu, son épouse la sage-femme Ollive Lemerle aidant probablement à l’accouchement. Le 3 juin 1846 elle épousa le fils de Jean Loyen,  son cousin le cultivateur Jean Alexandre Loyen, en présence de ses frères Baptiste et Joseph Lemerle, du cousin germain Jean Durand et du marchand Charles Cremet, cousin par alliance. Anne Lemerle mourut le 7 mai 1888, toujours cultivatrice à Langle.

Jeanne Marie Lemerle, naquit le 19 octobre 1828. Lorsque le lendemain son père vint faire la déclaration à la mairie il était une fois de plus accompagné de Julien Chapron, cette fois mentionné avec la profession de journalier, ainsi que d’un autre journalier, Joseph Moisan, âgé de 66 ans. Le 11 juin 1854 Jeanne-Marie épousa Jean Lefeuvre, le  jeune frère de sa belle-sœur Jeanne Laurence, né le 30 juillet 1831 et, comme il se doit, cultivateur. Le jour du mariage la mère de l’épouse, Marie Durand passa un assez curieux acte devant le notaire Victor Roussineau, donnant consentement au mariage que se proposait de faire sa fille Jeanne Marie, avec qui bon lui semble de choisir. Jeanne Marie Lemerle mourut à Langle le 7 mars 1876, à l’âge de 48 ans.

Pierre Lemerle, naquit en 1832. Nous n’avons d’autres renseignements sur lui que le fait qu’il était en vie à la mort de son père en 1846 et qu’en 1853 il était domestique à Blain.

Marie Françoise Lemerle, naquit le 19 mai 1833. Comme témoins apparurent les sabotiers Michel Durand, père et fils. En janvier 1863 Marie Françoise est mentionnée dans un acte comme professant le métier de domestique dans la commune de Saint-Étienne-de-Montluc.

Rose Luce Lemerle, naquit le 18 décembre 1834. Sa mère avait à l’époque 42 ans. Les Durand père et fils firent une fois de plus fonction de témoins. La dernière fille mourut en bas âge, le 6 février 1838.

Joseph Lemerle fut donc, sa vie durant cultivateur à Langle dans la propriété familiale, héritée définitivement de sa mère en 1837, par donation entre vifs. A partir de 1830 nous le retrouvons également dans la fonction de garde prés, une espèce d’adjoint au garde champêtre. Son nom apparaît dans deux actes déclarant des morts suspectes. Le 25 février 1830 lui et le garde champêtre Jean Meleu, découvrirent dans un pré le long de la Loire, le cadavre en décomposition d’un homme d’environ trente ans. Les mêmes découvrirent le 26 mai suivant le cadavre, dans un état complet de putréfaction d’un homme d’environ 36 ans, pauvrement vêtu et portant des boucles d’oreille.

Malgré la lourde charge de famille, le couple Lemerle-Durand semble avoir obtenu de bons résultats de leurs activités. C’est ainsi qu’à une date non spécifiée, en plus des lopins de terre qu’ils avaient en location, ils purent acquérir un terrain de 20 ares 26 centiares situé dans le Clos Quartier près de La Forge de Langle pour le prix de quatre cent francs. Les vendeurs en étaient les parents de sa femme, Marie Lodet, veuve de Jean Renaud et son fils Jean Renaud, époux de Marie Cremet.

La progression se manifesta clairement lors du décès de Joseph Lemerle, à l’occasion de l’inventaire des biens, effectué le 21 janvier 1847 sur demande de la veuve et des huit enfants toujours en vie. Le notaire Victor Boussineau instrumenta, tandis que l’évaluation des biens agricoles était faite par le cultivateur Vincent Mabit.

L’inventaire comprenait : une crémaillère, deux trépieds, un soufflet, un gril, une pelle à feu, une galletière et un tourne-galettes, (6 frs) ; un lit de bois avec paillasse, deux couettes, un oreiller et une couverture (100 frs) ; un vaisselier (25 frs) ; un garde-manger (5 frs) ; une armoire à deux battants avec serrure en fer (16 frs) ; une autre armoire avec serrure en cuivre jaune (33 frs) ; un lit de bois avec trois couettes, une badine, une paillasse et trois couvertures (170 frs) ; un autre lit avec ses attributs (104 frs) ; un poêlon en cuivre jaune (4,50 frs) ; une table (20 frs) ; six chaises (4 frs) ; une mauvaise couchette (1 fr) ; deux glaces (2,50 frs) ; une poêle à frire (1 fr) ; deux marmites, deux chaudrons, un baquet, deux seaux (10,50 frs) ; une casserole, une rape et de la poterie (6 frs) ; une paillasse (8 frs) ; trente et une barriques, la plupart défoncées (31 frs) ; un rouet (1,50 fr) ; huit pelles (11 frs), des barriques (12 frs) ; quatre baquets (4 frs) ; trois coffres, un mauvais vaisselier et une table (15 frs) ; une vieille armoire (5 frs) ; une poêle à lessiver (12 frs) ; trois tamis et une passoire (5 frs) ; une pile et un pilon (3 frs) ; un baril et un décalitre (6 frs) ;  une lanterne, un chandelier, une lampe et un fer à repasser (2,50 frs) ; une table et deux bancs (4 frs) ; une paire de mauvaise balances (1 fr) ; les hardes du défunt (70 frs) ; les hardes de la veuve (80 frs) ; de la laine (10 frs) ; du fil et de la filasse (50 frs) ; quarante deux draps (105 frs) ; dix sept serviettes (17 frs), une mauvaise couverture (2 frs) ; cinq sacs (6 frs) ; divers (non identifiables, étant illisibles) (223 frs)

Il y avait ensuite le gros et petit matériel : une charrette (250 frs) ; une autre charrette (50 frs) ; un tombereau (40 frs), trois charrues et un banc à dents de fer (33 frs) ; une brouette et une civière (2 frs) ; faux et pieux (18 frs) ; une forge, un marteau et plusieurs petits outils (6 frs) ; fléaux, fourches et râteaux (4 frs) ; une fourche de fer (2 frs) ; une échelle (10 frs) ; une selle et une bride (12 frs) ; trois serpes et une hache (12 frs) ; faux et pieux (18 frs).

Les produits de la ferme et autres incluaient : froment (1320 frs) ; paille (255 frs) ; foin (360 frs) ; blé noir (100 frs) ; millet (80 frs) ; des bacs de chaume (7 frs) ; bois (12 frs) ; fagots (30 frs) ; bûches (20 frs) ; fumier (60 frs).

Enfin il y avait le bétail : deux petits bœufs avec leurs jougs et courroies (190 frs) ; deux bœufs avec leurs jougs et courroies (600 frs) ; un petit veau (40 frs) et une génisse (80 frs); six vaches (140, 125, 110, 100, 100, 50 frs). Les vaches surtout démontraient que Joseph Lemerle avait participé à l’essor de l’élevage bovin, qui avait assis la réputation de la région comme productrice de beurre de haute qualité.

Le tout fut évalué à 5.871 francs, à quoi s’ajoutait 200 francs en pièces de 5 francs. Plusieurs débiteurs étaient en outre redevables de sommes s’élevant au total à 83 francs. Au passif était à noter la somme de 2.431 francs, montant des différents fermages à payer pour les terres cultivées.

La différence avec l’inventaire de 1820 était tout à fait remarquable. Ce qui n’était un quart de siècle plus tôt que le constat d’une situation de misère, était maintenant le relevé d’une exploitation agricole d’une certaine taille. Certes, rien dans le relevé n’indiquait le moindre objet de luxe ou même d’un certain confort, (à moins que les ‘deux glaces’ puissent être compris comme deux miroirs), mais quelle différence tout de même en une seule génération : le montant de l’actif avait plus que décuplé ce qui, même en tenant compte de l’inflation, était remarquable.

Nous devons y ajouter les bâtiments, qui n’étaient pas inclus dans l’inventaire. La minuscule chaumière et son écurie mal entretenue, avaient été remplacées par une habitation plus spacieuse et par plusieurs écuries et étables. Les moyens de transport et les bêtes de somme démontraient qu’il s’agissait maintenant d’une véritable exploitation. La demi douzaine de vaches permettait le commerce du lait et la fabrication de beurre.

L’exploitation de la ferme se poursuivit sous la conduite de la veuve, aidée de ceux de ses enfants – en premier lieu de Jean Baptiste - qui lui restèrent attachés. Pourtant, un partage s’avéra à la longue nécessaire, afin de dédommager les enfants ayant quitté l’exploitation familiale. Une vente publique fut organisée à la ferme, le 12 octobre 1853, à la demande de la veuve et des enfants Jean Baptiste, Pierre, Anne, Jeanne, Marie et Françoise Lemerle. Curieusement François, pourtant toujours vivant n’apparaissait pas (peut-être avait-il déjà négocié sa part), tandis que de Joseph Marie, entre-temps décédé il était dit qu’il avait avant sa mort reçu la part qui lui revenait dans la succession.

La vente publique fut tenue par le notaire Victor Boussineau et rapporta 1560 frs. Baptiste Lemerle racheta : une hache et un hachereau (4,25 frs) ; deux pelles (1,25 fr) ; une forge et un marteau (1,50 fr) ; un pic et une fourche (3,35 frs) ; un lot de bois (1,60 frs) ; un tombereau (52 frs) ; une charrette (157 frs) ; deux bœufs (360 frs) ; un tas de fumier (44 frs), soit pour un total de 625 frs. Les autres acheteurs, souvent des membres de la famille (Jean Loyen, Lefeuvre, Jean et Pierre Landrain) achetèrent : trois bacs (2 frs) ; un couteau (2,55 frs) ; quatre faux (1,15 fr) ; une faucille (0,60 frs) ; une fourche et une tranche (2,75 frs) ; deux bêches et un pic (1,30) ; une hotte (3 frs) ; un panier (1,75 fr) ; une herse plate (4,50 frs) ; une herse de fer (14 frs) ; quatre barriques (5 frs) ; autres barriques (5,60 frs) ; de la paille (125 frs) ; du foin (261 frs) ; deux vaches (209 frs) ; une armoire (17 frs) ; un vaisselier (25 frs) ; une armoire (6,50 frs) ; deux coffres (9,55 frs) ; quatre cuves (10 frs) ; une meule (6,25 frs).

Le 29 mars 1855 la veuve de Joseph Lemerle vendit également un terrain de dix ares quinze centiares à son neveu le sabotier Jean Durand.

 

Septième génération

Joseph Marie Lemerle
(1815 – 1850)

Joseph Marie Lemerle était né le 5 janvier 1815 à Langle. Sur l’acte de naissance figurent à côté de la signature du père, celles du grand-père le laboureur Michel Durand et de l’oncle Michel Durand, le sabotier. Il mourut à Montluc en 1850.

Joseph-Marie Lemerle ne se fit pas laboureur comme tous ses aïeux et comme ses frères Jean-Baptiste et François, mais devint cordonnier dans le bourg de Montluc, inaugurant ainsi l’éloignement du travail de la terre, qui se poursuivra auprès de ses descendants. Le 30 janvier 1836 il épousa la tailleuse Rose Clémentine Bassin, âgée de dix-huit ans, née à Montluc le 1er septembre 1817, fille du maréchal-ferrant Jean Bassin et de Marie Fornin. Ses parents étant décédés tous deux en 1833, elle obtint non sans quelque mal l’autorisation de contracter mariage de la part du conseil de famille. Un des membres, nommé Polliot, fit des difficultés, mais le menuisier Ambroise Frégret, son tuteur, donna son consentement que le juge de paix entérina. Les témoins au mariage furent l’oncle de l’époux, le sabotier Michel Durand et ses deux fils, Michel et Jean, également sabotiers, ainsi que l’ami Jean Bioret. L’avancement dans l’instruction était visible, puisque à l’exception de Bioret, toutes les autres personnes présentes, y compris la mariée, signèrent l’acte. Ils eurent quatre enfants.

Joseph Jean Marie Lemerle, naquit le 5 décembre 1836 et lors de la déclaration à la mairie, le jeune père était accompagné de son beau-frère le maréchal-ferrant Jean Bassin junior et du sabotier Pierre Bézier. Il suivit le métier de son père et devint cordonnier. Nous le retrouvons le 9 décembre 1857 dans un acté notarié par lequel il revendait à son oncle Jean-Baptiste pour une somme de quatre vingt francs la part qu’il possédait par indivis dans la ferme familiale et qu’il avait hérité de son père.

Clément Lemerle, naquit le 24 juillet 1839 et suivra en huitième génération.

Rose Marie Françoise Lemerle, naquit le 3 novembre 1842. Son père fut accompagné lors de la déclaration par son beau-frère Jean Bassin et par le jeune Pierre Moret. L’enfant mourut-elle en bas âge ? Nous n’avons trouvé d’autre trace d’elle.

Théophile Henry Marie Lemerle, naquit le 23 mars 1845. Le père était une fois de plus accompagné de Jean Bassin pour faire la déclaration. Théophile Lemerle épousa Joséphine Loiseau. Lui aussi embrassa le métier de cordonnier, mais y ajouta la fonction de garde champêtre. Il mourut à Montluc à l’âge de 43 ans, le 19 février 1889.

 

Huitième génération

Clément Lemerle
(1839 – 1886)

Clément Lemerle, naquit le 24 juillet 1839 au bourg de Montluc. Son père était accompagné pour la déclaration par son beau-frère Jean Bassin et par son voisin, le sabotier Jean Tiger.

Clément Lemerle avait perdu son père à l’âge de onze ans. Comme sa mère s’était remariée avec le cordonnier René Fouchard, de cinq ans son cadet, et que ses deux frères s’étaient également lancés dans la cordonnerie, il décida de trouver un métier hors de la petite commune de Montluc, où depuis maintenant plus d’un siècle et demi presque tous les descendants de Michel Lemerle avaient trouvé occupation. Il monta à Nantes afin d’y apprendre le métier de boulanger, et s’installa d’abord rue Porcherie et ensuite rue Mazagran, tout en demeurant domicilié auprès de sa mère.

Tout comme ses frères il était encore en possession d’une trente deuxième part de la ferme familiale, hérité de son père. Par acte notarié du 16 juillet 1861 il vendit sa part pour 80 francs à l’exploitante, la veuve de son oncle Jean Baptiste Lemerle, qui venait de mourir.

Le 22 septembre 1862 il épousa à Nantes la lingère Marie Sainte Palierne, fille du cultivateur Jean Palierne, née à Maisdon le 9 janvier 1840 et domiciliée à Nantes, quai de la Fosse. Sa mère à lui avait fait le voyage de Nantes, mais sans doute aucun autre membre de la famille n’était venu les rejoindre. Aussi les témoins furent-ils des amis dont Clément avait fait la connaissance à Nantes, soit les boulangers Joseph Dauby (rue de la Bacherie), Alexis Pottier (rue de Clisson), Louis Guitton (rue de la Bleterie) et le charcutier Louis Durand (rue de l’Arche Peche).

Clément Lemerle mourut le 17 mai 1886 à Martigné-Ferchaud (Ille-et-Vilaine), où il s’était installé dans la rue principale, rue de Châteaubriant, comme boulanger pâtissier. Il avait à peine 46 ans et sa mère vivait toujours à Saint-Étienne de Montluc. Son épouse mourut bien des années plus tard. Ils eurent trois enfants.

Clément Louis Lemerle, naquit le 17 mai 1864 et suivra en neuvième génération.

Gustave Lemerle, naquit le…  et épousa Marie Duclos. Ils eurent deux filles, qui restèrent sans descendance.

Marie Rose Lemerle, naquit à Nantes en 1870. Elle épousa le 28 octobre 1895, à Martigné-Ferchaud, le typographe Alexandre Louis Gledel, né en 1871 à Châteaubriant et demeurant à Rennes. Les boulangers Clément et Gustave Lemerle furent les deux témoins de leur sœur.

Alphonse Marie Auguste Jean Marie Lemerle, naquit le 2 septembre 1871 à Martigné-Ferchaud.

 

Neuvième génération

Clément Lemerle
(1864 – 1928)

Clément Louis Marie Lemerle naquit à Nantes le 17 mai 1864.

Le  5 novembre 1889 il épousa, sans contrat de mariage,  Aurélie Augustine Denis, née à Martigné-Ferchaud (canton de Retiers) le 23 octobre 1865, fille du chapelier Pierre Denis et de Désirée Mauduit.  Les témoins au mariage civil étaient le tonnelier Joseph Guibert, oncle du marié (habitant Nantes), le boulanger Gustave Lemerle, frère du marié (habitant Châteaubriant), le cordonnier François Gasnier, oncle par alliance de la mariée (habitant Rennes) et le serrurier Jean-Marie Charron, beau-frère de la mariée (habitant Martigné-Ferchaud).

Le père d’Aurélie, Pierre Denis, était né le 29 mars 1830 à Piré (canton de Janzé) et mourut le 31 octobre 1893. De la classe 1850 il fit son service militaire à partir du 18 novembre 1851, devint musicien de 3ième classe le 18 décembre 1856 et fut libéré à Rennes le 31 décembre 1857. Dans le registre matricule du 95e de ligne, sous le numéro 2849, il est décrit comme suit : « Cheveux châtains, sourcils châtains, yeux bleus, front couvert, nez court, bouche grande, menton large, visage ovale, taille 1m59, profession de chapelier ». Le 6 mai 1854 il s’embarqua à Marseille pour l’armée d’Orient, participa cette année à la bataille d’Inkermann et ne retourna en France que le 30 mai 1856. Le mois d’après il se mariait, dûment autorisé par les autorités militaires.

Sa femme, la tailleuse Désirée Sainte Mauduit, née en 1835, mourut en octobre 1914.

Clément Lemerle mourut le 1er février 1928 à Courtoiville lez Saint-Malo où il s’était établi comme boulanger pâtissier sous l’enseigne « La Gerbe d’Or ».  L’enterrement eut lieu le samedi 4 février, après un service en l’église Notre-Dame Auxiliatrice.

Son épouse mourut à Saint-Malo le 14 mars 1959.

L’histoire n’a retenu que peu de renseignements au sujet de Clément Lemerle, si ce n’est qu’il était musicien et chasseur, et que son commerce prospéra.

Ils eurent pour enfants :

Anonyme Lemerle, mort-né le 29 juin 1891. Les témoins à l’état civil étaient les parents Pierre Denis, le chapelier qui avait 61 ans et Jean-Marie Charron, le serrurier, âgé de 28 ans.

Henriette Marie Aurélie Lemerle, née à Montigné-Ferchaud le 27 juin 1892 et décédée à Saint-Malo le 27 décembre 1967. Elle reprit la boulangerie pâtisserie « La Gerbe d"Or » après le décès de son frère Clément et en poursuivit l’exploitation jusqu’à sa vente en 1957.

Clément Alexandre Lemerle, qui suit en dixième génération.

Aurélie Alphonsine Marie Lemerle, née à Martigné-Ferchaud le 19 juillet 1893, sœur jumelle du précédent. Elle épousa à Saint-Malo le 7 août 1925, Jean-Louis Saliou, né le 2 juin 1904 (son cadet de onze ans), ouvrier à la pâtisserie Lemerle. Le couple s’installa à Saint-Brieuc dans une maisonnette avec potager près de la mer, et il devint représentant de commerce pour les boissons Ricard.  Elle mourut à Rennes le 3 février 1981.

Anonyme Lemerle, mort-né le 13 août 1896

 

Dixième génération

Clément Lemerle
(1893 – 1935)

Clément Alexandre Marie Lemerle naquit le 19 juillet 1893 à Martigné-Ferchaud. Les témoins pour l’inscription à l’état civil furent, outre son père, l’horloger Alphonse Lemerle, qui avait 22 ans et habitait à Guichen (Ille-et-Vilaine) et le serrurier Jean-Marie Charon, de Montigné-Ferchaud. Avec lui naquit sa sœur jumelle Marie-Louise.

Le 24 mai 1921 il épousa  à Retiers, Marie Josèphe Émilie Perrois, née le 24 août 1898, demeurant à Courtoiville. En fins de semaine, les photos en témoignent, les jeunes de Martigné-Ferchaud se délassaient en allant faire du canotage sur le lac.

Il mourut le 29 juin 1935 en son domicile à Saint-Malo, avenue Pasteur, ayant souffert d’un cancer du foie, sans doute à la suite de gazage pendant la guerre. Tandis que sa soeur Henriette poursuivit les activités de boulangerie pâtisserie, son épouse alla habiter auprès de sa mère à Retiers, et mourut dans une maison de retraite où elle résidait depuis 1985. D’elle on sait qu’elle travailla comme vendeuse au magasin organisé pour les troupes américaines. Elle travailla à l’adresse 19, Rue de la Chalotais à Rennes, dans le Officers Sales Store,  du 25 septembre 1944 au 31 mai 1945 et reçut de l’officier responsable, James H. Forester, un certificat attestant que « ses services avaient été trouvés excellents et que, avec plaisir, il la recommandait pour un nouvel emploi ». Ensuite et durant de nombreuses années elle fut dame de compagnie au sein d’une ancienne famille bretonne.

Clément Lemerle débuta comme boulanger auprès de son père, probablement vers 1910. Ses activités furent interrompues par la guerre à laquelle il participa en tant que brancardier et musicien. Blessé en 1915 il passa une période de convalescence à l’hôpital militaire.

Il reprit ses activités professionnelles à partir de 1919. En 1920 il passa son permis de conduire et s’acheta une camionnette avec laquelle il approvisionnait les boulangeries et pâtisseries des villages voisins. Dans les années vingt il quitta Montigné-Ferchaud pour s’installer à Saint-Malo, station balnéaire en expansion. Il ouvrit sa boulangerie pâtisserie avec salon de thé dans le quartier de Courtoiville, près du Casino et du Grand Hôtel des Thermes. A son apogée l’établissement compterait une quinzaine de boulangers et d’aides, en plus du personnel chargé de la vente. Avant son décès, Clément Lemerle mit en route une fabrication de biscuits de marins, à l’intention des pêcheurs à la morue.

Clément Lemerle, tout comme ses sœurs, était musicien. Au Conservatoire de Paris il obtint un prix de clarinette saxo alto. Il était également passionné de la chasse et garda toujours deux épagneuls bretons. Tout comme sa soeur jumelle, il était également excellent dessinateur.

Le ménage eut deux enfants :

Pierre-Noël Lemerle, qui suit en onzième génération.

Marie Lemerle, née le 15 septembre 1929, mariée à Jacques Delatre en février 1959.

 

Onzième génération

Pierre-Noël Lemerle
(1927 – 1997)

Pierre-Noël Lemerle naquit à Saint-Malo le 25 décembre 1927.

Ayant fait ses études secondaires au Collège de Saint-Malo, il obtint son diplôme de licence en droit à l’Université de Rennes. A cette époque il militait au parti MRP (Mouvement républicain populaire) et participait à la rédaction d’un Bulletin mensuel des étudiants républicains populaires de l’Académie de Rennes. En janvier 1951 il rédigea un numéro spécial consacré à l’union européenne, sous le titre Bâtir l’Europe.

Pierre Noël Lemerle qui, pendant ses études, habitait au 58, rue d’Antrain à Rennes, dans un appartement appartenant à sa mère, se situa dans la mouvance politique de Pierre-Henri Teitgen, député d’Ille-et-Vilaine, et souvent ministre. Il participait aux activités du Mouvement européen, dans le sillage de son secrétaire général Lhuillier. Il fut également vers 1951 administrateur de la revue L’Européen – Der Europëer, dont le siège était à Bruxelles, au 77 rue Baron de Castro et qui avait Jean Buisson comme rédacteur en chef.

Étant dispensé de service militaire, Pierre Lemerle continua ses études au Collège d’Europe à Bruges, institut post-universitaire fondé en 1950 et dirigé par le recteur Henri Brugmans. Il y passa l’année académique 1952-1953 (ou 1951-52 ?), baptisée « Promotion Masaryk ».

Aussitôt terminée cette année, il fut engagé par le Mouvement européen afin de promouvoir en France l’idée de la Communauté européenne de défense (CED). A cet effet il sillonnait la France, en compagnie de Claude Pivert, afin de donner des conférences et d’approcher des décideurs des différents partis et courants politiques. Cette activité se termina lorsque  la CED fut torpillée à l’Assemblée Nationale, à l’automne de 1954.

Au cours de son année universitaire à Bruges, Pierre-Noël fit la connaissance de la Brugeoise, Thérèse Marie Esther Augusta Van den Abeele, né à Bruges le 26 février 1932.  Ils s’épousèrent civilement à l’hôtel de ville de Bruges le .. mars 1955 et religieusement à l’église paroissiale de la Madeleine le 23 avril 1955. Le recteur Brugmans fut son témoin à l’église.

Le jeune couple alla s’installer à Paris XVIe, 36, rue du Docteur Blanche, Pierre Lemerle ayant été engagé par l’Union métallurgique et minière, organisme patronal.

L’ambition d’une carrière européenne n’était toutefois pas perdue de vue et lorsque le Traité de Rome, instituant l’union économique européenne fut signé, il se porta candidat pour y être présenté par le gouvernement français. Dès le premier jour de la mise en place de la Commission, le 20 juillet 1958, il entra dans son administration, plus particulièrement dans la Direction générale numéro 5. Il est fit toute sa carrière dans le domaine social, et aida à la création du Fonds social en 1975. Ses activités en tant qu’administrateur principal l’amenèrent à voyager fréquemment dans toute l’Europe et ailleurs. A l’automne 1961 il participa e.a. à un long périple en Amérique Centrale et Latine, et au congrès mondial des patrons catholiques tenu à Santiago du Chili.

Le ménage, ayant bientôt une famille nombreuse, vint habiter au 58 rue Gérard à Bruxelles. Le couple se sépara toutefois et le divorce fut prononcé le …

En juin 1987  Pierre Lemerle fut victime d’une crise cardiaque qui fut suivie d’un quadruple pontage. Il reprit toutefois ses activités et ne prit sa retraite que le 31 décembre 1992, après une carrière de trente quatre années. Il fut nommé conseiller honoraire.

En août 1988  il fut fait chevalier de la Légion d’honneur, dont l’insigne lui fut remis par René Couanau, député maire de Saint-Malo au cours d’une cérémonie en cette ville. Après avoir pris sa retraite, il alla régulièrement résider au village du Gué en Paramé à Saint-Malo, dans son manoir, restauré avec grand soin. Il devint membre du Rotary club de Saint-Malo, du Propeller Club de Saint-Malo et du Conseil des Trente. A Bruxelles il gardait son domicile à l’avenue des Grands Prix, Woluwe-Saint-Pierre.

Le 4 décembre 1997, Pierre Lemerle assistait à  Bruxelles à l’Assemblé générale de l’association des fonctionnaires français des communautés européennes, suivi d’un dîner breton à l’Hôtel Plaza.  En rejoignant le parking, en compagnie d’Alban et d’Anne de Villepin, qui devait le reconduire chez lui, il fut pris d’un malaise cardiaque et, avant d’avoir pu gagner l’hôpital, il s’éteignît dans la voiture. Son décès fut constaté à 01.30 h. à hauteur du numéro 38 de la rue Froissart.

Après les funérailles en l’église de la Cambre à Bruxelles, Pierre Lemerle fut inhumé à Saint-Malo dans le caveau familial.

Le 13 septembre 1998 la Galerie de Chartre organisa la vente de sa collection de modèles réduits de chemins de fer. Les plus de 6000 pièces furent vendues en 300 lots. 

Pierre Lemerle a eu quatre enfants :

Olivier Lemerle, qui suit en douzième génération.

Patrick Lemerle, qui suit en douzième génération bis.

Henry Lemerle, qui suit en douzième génération ter

Florence Lemerle, née à Uccle le 22 septembre 1967. Elle a épousé le 23 août 1997, Pierre Schockaert, né le 11 janvier 1953. Ils ont pour enfants :

Gérald, né le 15 janvier 1999

Armelle, née le 22 mai 2001

Douzième génération

Olivier Lemerle

Olivier Lemerle est né à Paris le 4 octobre 1956. Il épousa le 17 septembre 1983, Elisabeth van de Put, née le 31 mai 1957, fille de Gilles van de Put et de Marie-Louise Paternostre de Dornon

Ils ont pour enfants :

Marylise Lemerle, née le 16 novembre 1985.

Adrien Lemerle, né le 19 août 1987, décédé le 19 mai 2003.

Clémence Lemerle, née le 28 février 1990.

 

Douzième génération bis

Patrick Lemerle

Patrick Lemerle est né à Uccle le 23 septembre 1962. Il a épousé le 30 mai 1992, Marie Noëlle Raquez, née le 31 décembre 1964.

Ils ont pour enfants :

Marine, née le 29 mai 1993

Alizé, née le 10 juillet 1995

Madeleine, née le 17 mars 1998

Douzième génération ter

Henry Lemerle

Henry Lemerle est né à Uccle le 4 mars 1966. Il a épousé le 2 mai 1998, Anne Coens, née le 30 mai 1966.

Ils ont pour enfants :

Maxime (garçon ou fille ?), né le 6 décembre 1999

Jade, née le 31 mars 2002.

 

Résumé

1695 Pierre Lemerle x  1) Julienne Bernier
            1696 Julienne Lemerle
            1699 Joseph Lemerle, mort 1706
            1701 Joseph Lemerle, mort 1738 x Ollive Guichet
            1703 Renée Lemerle
            1706 Julienne Lemerle, morte 1706

1711 Pierre Lemerle x 2) Julienne Louette    
            1711 Jeanne Lemerle, morte 1761
            1715 Pierre et Françoise Lemerle
            1717 Julienne Lemerle, morte en 1751 X François Rochais en 1744

1723 Joseph Lemerle x Ollive Guichet
            1723 Joseph Lemerle, mort 1775 x Jeanne Renaud
            1725 Julienne Lemerle, morte 1730
            1727 Ollive Lemerle
            1729 François Lemerle
            1730 Louis Lemerle, mort 1730 et Jeanne Lemerle
            1731 anonyme et Pierre Lemerle, mort 1763
            1734 Marie Lemerle
            1736 Ollive Lemerle

1750 Joseph Lemerle x Jeanne Renaud
            1751 Jeanne Lemerle, morte 1751
            1753 Joseph Lemerle (laboureur), mort 1820 x 1775 Jeanne Fréon
            1756 Ollive Lemerle, morte 1831, sage-femme X 1) Guy Loyen, laboureur, 2) Julien Chapron, journalier en 1811, lui 37 ans, elle 55
            1761 Marie Lemerle, morte avant 1806 x 1788 Pierre Crozillé (2 enfants)

1775 Joseph Lemerle x Jeanne Fréon
            1777 Marie Lemerle
            1778 Jeanne Lemerle, morte en 1779
            1779 Renée Lemerle
            1781 Guillaume Lemerle, mort 1785
            1784 Jean-Baptiste Lemerle, maréchal-ferrant, mort 1816 x 1815 Claude  Despres
            1790 Joseph Lemerle, laboureur, mort 1846, x 1813 Anne-Marie Durand, fille de  laboureur

1815 Jean-Baptiste Lemerle x Claude Despres
            1817, Jean-Pierre Lemerle, mort 1866 x 1) 1839 Jeanne Presleu 2) Louise Bretaud

1813 Joseph Lemerle  x Anne-Marie Durand
            1815 Joseph Lemerle, cordonnier, mort 1850, x 1836 Rose Bassin, tailleuse
            1817 Jean-Marie Lemerle, mort 1826
            1818 Jean-Baptiste Lemerle, laboureur, mort 1861, X 1842 Jeanne Lefèvre
            1820 François Lemerle, cultivateur, boulanger x 1852 Rose Beignaud
            1822 Marie-Anne Lemerle x Jacques Demy, laboureur
            1826 Anne Lemerle, morte 1888, x Jean Layen
            1828 Jeanne Lemerle, morte 1876 x Jean Lefevre
            1832 Pierre Lemerle
            1833 Marie-Françoise Lemerle, domestique
            1834 Marie-Rose Lemerle, morte 1838

1836 Joseph Lemerle x Rose Bassin
            1836 Joseph Lemerle, mort jeune
            1839 Clément Lemerle, boulanger (Nantes), X 1862 Marie Sainte Palierne, lingère
            1842 Rose-Marie Lemerle

1845 Théophile Lemerle, cordonnier, garde champêtre, mort 1899, X Joséphine Loiseau

1842 Jean-Baptiste Lemerle X Jeanne Lefeuvre, cultivatrice
           1843 Jean-Baptiste Lemerle, laboureur x Jeanne Viaud
           1846 François Lemerle, mort après 1869
           1847 Rose-Jeanne Lemerle x 1872 Louis Bézier
           1850 Joseph Lemerle, quelques semaines
           1855 Marie-Rose Lemerle
           1857 Victorine Lemerle, quelques semaines

1852 François Lemerle, laboureur x Rose Beignaud
            1853 Rose Lemerle
            1857 François Lemerle x 1885 Jeanne Gautier
            1856 Marie-Madelaine, quelques semaines
            1859 Jean Lemerle, mort 1860

1862 Clément Lemerle x Marie Sainte Palierne
           1864 Clément Lemerle, boulanger-pâtissier, mort 1928, x Aurélie Denis,
            ?       Gustave Lemerle, X MarieDuclos
            ?       Marie Lemerle x Alexandre Ghedel

1869 Jean-Baptiste Lemerle, laboureur né 1843, x Jeanne Viaud
            1871 Jeanne Lemerle, morte 1946
            1876 Marie Lemerle

1885 François Lemerle x Jeanne Gautier
            1886 Jeanne Lemerle, cultivatrice, x 1912 Auguste Setier
            1887 François Lemerle, mort 1947 Nantes
            1889 Madeleine Lemerle, x 1911 Auguste Robin, morte 1979
            1890 Pierre Lemerle, mort 1971, x 1920 Marie Lefèvre
            ?       Marie Lemerle, x Henri Couvrau

1890 Clément Lemerle x Aurélie Denis1865-1959
            1891 Anonyme Lemerle, mort en 1891

1892 Henriette Lemerle, morte 1975
            1893 Aurélie Lemerle, morte 1981, x 1925 Louis Saliou, mort 1970
            1893 Clément Lemerle, mort 1935, x Marie Perrois
            1896 Anonyme Lemerle, mort en 1896

1925 Clément Lemerle x Marie Perrois
            1927 Pierre-Noël Lemerle x 1956 Thérése Van den Abeele
            1929 Marie Lemerle x Jacques Delatre

1956 Olivier Lemerle

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